Alors que l’été s’apprête à commencer en Australie, il est de saison de se pencher sur l’une des plus importantes menaces naturelles dans le bush : le feu. Petit tour d’horizon des risques, des pratiques à respecter et des codes à connaître… cet été, soyez prêts !
Incendies en série
L’Australie est par nature un pays chaud et sec. En été, et particulièrement après de longues années successives de sécheresse, les conditions sont naturellement propices aux départs de feux : les vastes étendues d’herbe sèche ou de forêts denses sont susceptibles de s’embraser à la moindre étincelle. Frappe de foudre, cable électrique défectueux, mégot ou feu de camp mal éteint sont tous des détonateurs potentiels d’incendie.
Lorsque vous vous baladerez dans les parcs nationaux qui font toute la beauté de ce grand pays, vous deviendrez rapidement les témoins des vestiges des feux des années passées : étendues d’eucalyptus aux troncs morts et gris sur les pentes du Alpine National Park, arbres calcinés couleur cendre d’où s’élancent les nuages verdoyants des jeunes pousses dans les Grampians… le bush australien est déjà passé par bien des cycles de feu. En réalité, ils font même partie de son existence : certaines plantes se sont développées de façon à avoir besoin du feu pour se reproduire en libérant leurs graines.
Toutefois, il ne faut pas se faire d’illusions : le feu est également un grand destructeur, qui réduit des éco-systèmes à néant, et peut déclencher des carnages chez les animaux comme chez les humains. Activité humaine et réchauffement climatique s’en mêlant, ces incendies dévastateurs deviennent plus fréquents : des températures plus souvent extrêmes (en excès de 40°) créent de plus en plus souvent des conditions critiques, et des tentations pour les pyromanes. On estime que les feux de février dernier, les plus graves jamais connus par le Victoria, ont été causé entre autres par des criminels, ainsi que par des incidents techniques.
Le système en place
Sur les routes et dans les villages, vous croiserez souvent de grands panneaux érigés en évidence : des jauges indiquant le risque d’incendie. On trouve cinq niveaux de risques :
- Low
- Moderate
- High
- Very High
- Extreme
Sous la jauge, vous verrez également parfois les mots Total Fire Ban : interdiction absolue de faire du feu ! Cette interdiction intervient quand le risque est extrême, et il faut la respecter à tout prix. Personnellement, je vous enjoins également à éviter de faire du feu quand le danger est évalué à High ou Very High.
Quoiqu’il arrive, vous aurez toujours le droit d’utiliser les barbecues électriques publiques, ainsi que votre propre réchaud à gaz ou électrique. Un feu est donc tout à fait superflu, puisque vous pouvez faire cuire votre dîner sans. Qui plus est, quand le danger dépasse la jauge High, c’est généralement qu’il fait déjà bien chaud… il n’y a donc vraiment aucune raison de se faire un feu ! Pour achever de vous décourager, rappelons qu’allumer un feu durant une période de Total Fire Ban est passible de plus de $5000 d’amende et jusqu’à 1 an de prison. Si le feu venait à dégénérer et causer des dégats matériels ou humains, la peine maximale monte à $100.000 et 14 ans de prison !
Enfin, suite aux conditions extrêmes de Black Saturday, un sixième et dernier niveau a été récemment instauré par le gouvernement :
- Catastrophic
Globalement, si le danger est estimé à catastrophique, il n’y a pas 36 conseils à donner à part : dégagez !
Au fil de votre périple, gardez l’œil sur les jauges. Vous pouvez également être tenus au jus sur les conditions grâce à la radio, en demandant aux locaux ou en consultant les autorités de l’état où vous vous trouvez (sites web et téléphone).
Gérer son feu
Jusque récemment, je croyais que les recommandations d’usage pour bien gérer son feu de camp étaient superflues : elles me paraissaient relever du simple bon sens. Oui mais…
Par une belle matinée de janvier, je me suis réveillée sur une aire de camping du Namadgi National Park. Il faisait déjà chaud : les journées sans nuages à 30° se succédaient depuis un moment, comme en témoignait la végétation environnante, très sèche. Et là, j’ai vu la famille qui avait campé à côté de nous la veille s’en aller, alors que de la fumée s’échappait encore de leur foyer. Par acquis de conscience, j’ai été vérifier. Eh bien, oui, ils étaient partis en laissant leur feu allumé, en plein été…
Les règles pour faire son feu de camp :
- Ne faites jamais de feu si vous n’avez pas assez d’eau pour l’éteindre !
- Utilisez les foyers (« fireplaces ») prévus à cet effet sur les aires de camping. A défaut, « construisez » votre propre foyer : choisissez un espace dégagé, déblayez les morceaux de bois mort et autres feuilles du sol, et entourez l’espace du feu de pierres.
- Dans la mesure du possible, c’est bien d’acheter son bois ou de le récupérer dans des fermes plutôt que dans le bush : ça n’a l’air de rien, mais toutes ces bûches et ces débris servent d’habitat à une myriade d’insectes et de reptiles qui sont à la base de l’éco-système. L’affluence de visiteurs sur les sites les plus populaires a trop vite fait de démunir les ressources en bois !
- Ne laissez jamais votre feu sans surveillance.
- Une fois le feu consumé, arrosez copieusement les braises et les cendres : un feu peut rester dormant et potentiellement dangereux très longtemps s’il n’est pas correctement éteint !
- Pour terminer, recouvrez les cendres d’une couche de terre.
Passez tous un bon été, et… attention au feu !




























Malheureusement les fameuses jauges ne sont pas toujours bien mis à jour. L’indicateur reste trop souvent sur “High” ou “Very high” alors qu’il n’y a pas réellement de risque.
Je ne sais pas si c’est une question de manque de mise à jour, ou tout simplement qu’en été il y a peu de chance que le danger baisse en dessous de High, vu les conditions météo !
Après, c’est sûr qu’il faut aussi relativiser : ce n’est pas parce que c’est High qu’un incendie va se déclarer. Il faut juste être prudent quand on fait usage du feu… mais ça, dans l’absolu, c’est vrai en toutes occasions
Toothbrush, source inepuisable en articles ! Mais bravo, tu as raison avec celui
Tu dis : “Quoiqu’il arrive, vous aurez toujours le droit d’utiliser les barbecues électriques publiques, ainsi que votre propre réchaud à gaz ou électrique. ”
C’est vrai pour les barbecues electriques publiques, mais je ne crois pas que ce soit vrai pour les bbq portatifs (gaz ou electrique).
En une journee de “Total fire ban”, aucune flamme n’est autorisee, incluant les rechauds a gaz. C’est precise sur tous les panneaux d’affichage des parcs nationaux.
Sur le site du CFA (les pompiers du Victoria), il est precise les conditions dans lesquelles un rechaud a gaz peut-etre utilise :
Portable gas and electric barbecues may be used provided:
* the barbecue is located within 20 metres of a permanent dwelling (mobile homes, caravans or tents are not classified as permanent dwellings)
* the area for 3 metres around and above the barbeque is completely cleared of flammable material
* an adult is in attendance at all times
* a hose connected to a reticulated water supply or vessel containing at least 10 litres of water is on hand.
Ce qui n’est generalement pas le cas quand on campe ! De facon generale, total fire ban = aucune flamme.
source http://cfaonline.cfa.vic.gov.au/mycfa/Show?pageId=publicTotalFireBans
Bien sur, c’est pour le Victoria, et les regles sont probablement differentes dans les autres Etats.
Merci pour ton souci de précision
! Les règles sont très similaires mais avec des petits différences d’état en état, voir par exemple ici pour le NSW : http://www.rfs.nsw.gov.au/dsp_content.cfm?cat_id=1110
De manière générale, en cas de Total Fire Ban, peut-être pourrait-on dire :
* privilégier l’utilisation des BBQ électriques,
* si le réchaud doit être utilisé, de préférence faire sa popote dans le parc/jardin d’une bourgade plutôt que dans le bush.
Ou sinon, bouffez des sandwichs froids, et puis voilà
Oui je les aie vu les nouveaux “catastrofic”, c’est simple ils ont été plusieurs fois en place a chaque fois qu’un orage arrive : le dernier orage que j’ai vu, il n’y avait pas un seul éclair qui ne touchait pas le sol, donc il a y eut pas mal de maison qui ont crame.
A noter que l’utilisation des “Catastrophic” va probablement être sujet à débat pendant un certain temps. Il semble qu’une partie du personnel de la CFA s’inquiète qu’on puisse “trop” utiliser les Catastrophic, et que du coup ils perdent de leur urgence… de même il y a d’autres craintes que les gens “paniquent” à la vue d’un tel avertissement et que dans certaines régions (les Dandenong par exemple : petites routes sinueuses dans les collines boisées) l’évacuation massive cause beaucoup de problèmes. Bref, le système sera sans doute loin d’être parfait au premier essai !