Le mois qu’on passe à Sydney est aussi l’occasion de visiter le Blue Mountains National Park, à quelques heures de train vers l’ouest. Jacqui nous met en contact avec Julie, une amie à elle qui réside à Blaxland, une petite bourgade à l’entrée de la région. Membre du réseau d’hospitalité Servas, Julie accepte immédiatement de nous loger le temps d’un week-end : c’est parti !
Une fois notre sac déposé chez elle, notre première visite dans les Blue Mountains se passe un peu plus loin, dans la ville de Katoomba (le centre touristique de la région). La ville est calme aujourd’hui, et bien peu de monde arpente ses petites rues. Notre premier arrêt est le cinéma local, qui diffuse en permanence un court-métrage appelé The Edge : ce documentaire sur la Jamison Valley et la découverte du Wollemi Pine (un arbre datant du temps des dinosaures) nous a été chaudement recommandé par Jacqui. On ne regrette pas le détour !
Cette introduction efficace effectuée, on prend le chemin d’Echo Point pour découvrir la Jamison Valley de nos propres yeux : au bout de la rue s’ouvre une place donnant directement sur une vue imprenable de cet impénétrable univers de forêt. Une brume bleutée émane des arbres qui tapissent chaque recoin de la vallée : dégagée par les eucalyptus, elle donne son nom aux Blue Mountains. Sur notre gauche, trois énormes morceaux de roche rougeoyante se dressent à la verticale comme pour veiller sur la vallée qui se déroule à leurs pieds : les Trois Sœurs, comme on les appelle, sont la figure de proue de l’endroit. On s’engage sur un chemin à flanc de falaise pour aller voir cette formation de plus près et s’asseoir sur un banc dans leur ombre. Malheureusement, l’une des chaussures d’Emilie choisit ce moment pour lâcher : fini les balades pour aujourd’hui !
Le lendemain, Julie décide de prendre les choses en main et se fait un devoir de nous servir de guide pour nous faire découvrir sa région. Premier arrêt : le point de vue de Govett’s Leap, qui donne de l’autre côté des montagnes sur la Grose Valley. Nos yeux se régalent : il s’agit là d’une vallée étroite, et la forêt qui en recouvre le fond serpente sinueusement au milieu des falaises. De ci de là, on ne peut s’empêcher de remarquer les dégâts des feux de forêt (bushfires) : de longues traînées-cicatrices d’arbres à la parure brûlée se détachent en rouge et noir de leurs confrères bien verts. Malgré tout, cela n’enlève rien à la beauté de la vue… mais pousse à s’inquièter du fléau de la sécheresse.
On remonte dans la voiture pour faire un petit bout de route, et notre prochain arrêt constitue la première marche de la journée, à Fairy Bower. Au fond de la forêt des fées, la source s’est asséche, et seule la lumière du soleil s’écoule sur les parois de la roche : la magie de ses jeux de clair-obscur vit encore, et les fées aussi. Sous le lourd feuillage des arbres, la terre est encore humide et les fougères luxuriantes. Plus loin, une échelle est appuyée contre la roche : on y monte puis on s’accroupit pour se faufiler sous une avancée rocheuse qui débouche ensuite sur les marches sablonneuses menant à Coxs Cave. Dans la caverne, on s’asseoit dans la paix et le silence, pour admirer la vue.
Après une pause déjeuner et un peu plus de route, on arrive à Wentworth Falls en milieu d’après-midi. Le sentier nous amène à deux points de vue (Princes Rock et Fetcher Lookout) avant de nous emporter le long des falaises. Les immenses cascades souffrent elle aussi de cette foutue sécheresse, et ne sont que l’ombre d’elles-mêmes. Mais, encore une fois, le paysage demeure envers et contre tout : beau. Le soleil amorce sa descente et envoie des ombres allongées sur la route de notre retour…
Après une bonne nuit de sommeil, notre dernier jour dans les Blue Mountains tient en un mot : canicule. La chaleur de ce soleil de plomb nous confine à l’intérieur ombragé et ventilé de la maison, nous n’avons guère envie de l’affronter de plein fouet. C’est seulement sur les coups de 16h que l’on quitte enfin notre tannière : Julie nous dépose dans une autre partie du parc, près de Glenbrook. On suit un chemin de forêt en bord de rivière, il n’y a pas âme qui vive. Notre destination du jour est Red Hands Cave : une caverne où l’on peut admirer des peintures aborigènes. Ces derniers préparaient une mixture à base d’ochre dans laquelle ils trempaient leurs mains avant de les apposer sur les murs de la grotte (mains rouges), ou à l’inverse posaient d’abord leurs mains sur la paroi et crachaient dessus la pâte d’ochre qu’ils mastiquaient (mains blanches). Cette œuvre d’art primitive, relique du passé, inspire le respect, et l’on se sent tout petit par rapport au passage des siècles qui semble concentrer son poids ici. Un ajout moderne donne également matière à réfléchir sur notre époque contemporaine : panneaux de plexiglass et grillage protègent le site.
Le jour touche à sa fin. Dans le petit village de Glenbrook, on avale un délicieux hamburger « with the lot » (ce qui, en Australie, comprend un œuf, du bacon et des tranches d’ananas avec votre steak) avant de prendre le chemin de la gare où nous attend le train devant nous ramener à Sydney.
Une chose est sûre : il va falloir qu’on passe plus de temps dans les parcs nationaux.
Galerie photo : Blue Mountains National Park




























Discussion
Aucun commentaire sur “Blue Mountains National Park”