// Kosciuszko National Park : de Geehi à Dead Horse Gap

Australie

Kosciuszko National Park : de Geehi à Dead Horse Gap

Peu à peu, notre route à travers les Alpes australiennes nous entraîne toujours plus loin vers le nord-est. De fait, on quitte bientôt l’état du Victoria pour celui du New South Wales, où le Alpine Natinal Park laisse place au Kosciuszko. Et si la première impression n’est pas des plus probantes, lignes à haute tension et gros tuyaux de canalisation pour la centrale du Snowy Hydro Scheme oblige, une fois ces traces d’une civilisation balourde laissées derrière nous, tout s’arrange et la main de l’homme s’efface pour que l’on puisse enfin contempler la beauté des chaînes et des bois.

Humide

A mesure qu’on prend de l’altitude, on parvient à s’échapper de la chaleur étouffante de ces derniers jours : la température reste élevée, mais l’on respire à nouveau et on se félicite de notre choix de destination pour ce roadtrip estival. Notre premier arrêt dans le Kosciuszko nous emmène sur les rives de la Swampy Plains River, à Geehi. Un bref pique-nique, et la balade commence : on trouve dans le coin plusieurs huttes qui remontent à l’époque où les fermiers venaient encore faire brouter leur bétail dans les montagnes en été.

Old Geehi Hut Alors que les huttes que nous avions visité dans le Victoria étaient de bois et de tôle, les huttes d’ici offrent d’emblée un aspect plus permanent : les murs ont été constitué à l’aide des galets bien polis de la rivière voisine. Et la rivière, d’ailleurs, nous n’avons de cesse de la traverser : chaussures enlevées et pantalons retroussés, on s’en va patauger dans ses eaux froides avec prudence. C’est que ça glisse, les galets ! Nanie, quant à elle, a trouvé la bonne combine maligne pour ne pas se mouiller : attendre qu’un 4×4 arrive sur la piste et se faire prendre en stop…

Auprès de Keebles Hut, un véritable petit village de tentes et de caravanes a monté le camp : vélos, kayaks, grosses bouées… en voilà des australiens équipés pour profiter de la montagne ! Pour notre part nous devons nous contenter du camping accessible aux véhicules conventionnels, et nous ne nous en plaignons pas : on dispose de notre propre accès à la rivière, après tout. Et au soir venu, on a même de la compagnie : des dizaines de kangourous habitent les espaces dégagés environnants. Plus tard, lors d’une balade crépusculaire sur les berges du fleuve, Nanie et moi apercevons un ornithorynque ! On jubile, incrédules, mais le temps d’aller chercher Benoît et notre petit ami aquatique a déjà disparu. Qu’à cela ne tienne, d’autres créatures prennent la relève : on trouve des grenouilles sauteuses, et un possum coquin qui vient rôder auprès de la voiture sous couvert de l’obscurité.

Début du sentier Le lendemain, on poursuit la route en direction de Dead Horse Gap. Nous sommes censés choisir entre deux balades : Bob’s Ridge ou Dead Horse Gap Track. Oui, mais on ne voit aucun panneau si ce n’est celui nous précisant que nous sommes à DHG. Toutefois, un petit sentier semble débuter de l’autre côté de la route. On traverse, et on s’y lance à l’aveuglette pour monter dans les collines de snow gums aux troncs plissés. Le sentier devient de plus en plus effacé et envahi de végétation à mesure que l’on progresse, et se subdivise en plusieurs petites pistes. Il y a du crottin un peu partout, et on commence à se dire qu’on pourrait être en train de suivre un chemin de brumbies (chevaux sauvages) plutôt qu’une marche balisée… oui, mais le paysage est magnifique, et l’on ne compte pas s’arrêter là.

Derrière nous, de belles vues sur le Gap. Et devant, on finit par déboucher sur une grande clairière d’herbe folle. La forêt continue au-delà, et les sommets crantés d’une chaîne rocailleuse dépassent des arbres. Il s’agit sans doute de Rams Head Range, et ses airs sauvages et accidentés ne nous donnent qu’une envie, celle de continuer. Le sommet n’a pas l’air très loin, et l’on traverse donc la clairière pour poursuivre notre ascencion à travers la forêt. Le sentier disparaît pour de bon, mais la vue du but suffit à nous motiver, et nous permet de nous diriger sans crainte de nous perdre (une grande vallée dans notre dos nous servira quant à elle de point de repère pour le chemin du retour).

S’en suit une grande scéance de « bush bashing » à travers des buissons parfois très denses, des petites sources au lit moussu et d’énormes blocs de granite. La vue est de plus en plus large autour de nous à mesure que l’on quitte le couvert des bois pour crapahuter sur un espace alpin dégagé, tout de bruyère, de rocaille et de fleurs sauvages en veux-tu en voilà. C’est un véritable champ de cailloux que cette chaîne sur laquelle nous avons choisi de crapahuter, et on escalade à demi pour arriver jusqu’au sommet dans un paysage qui rappelle parfois l’idée qu’on se fait de Stonehenge.

Vers le sommet

Au sommet, indiqué par un repère géodétique, le vent souffle par grosses bourrasques. On contemple la vue à 360° sur les montagnes, tantôt vertes de végétation, tantôt noyées sous le manteau gris d’anciens feux de forêt, tantôt rendues bleutées par la distance.

Ce n’est qu’en repartant qu’on se rendra compte, qu’en fait, le début des marches balisées se trouvait 500m plus loin. Tant pis, nous n’avons aucun regret : cette escapade impromptue nous en a mis plein la vue !

Galerie photo Galerie photo : Kosciuszko National Park

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