Namadgi National Park

1980  250x 1435 Dead Snake Namadgi National Park Une route de terre interminable à travers des plaines et des collines desséchées de soleil, ce même astre qui nous tape dessus de toute sa puissance et contribue si bien à nous faire sentir chacun des kilomètres échaudés de notre trajet du jour. Grâce à la carte du centre d’information de Cooma, assaisonée d’un brin de déduction, au moins on ne se perd pas. Car il faut dire que le Namadgi, seul parc national du territoire de Canberra, est tout sauf indiqué lorsque l’on arrive par le sud !

L’herbe est jaunie, les forêts d’eucalyptus sont sèches. Le Namadgi est l’extrêmité nord des Alpes, leur terminaison officielle, mais on s’en sent déjà bien loin, quand bien même le paysage est encore valloné. Il semble incroyable de penser qu’en hiver, ici aussi il neige. Et c’est sans doute bien pour cela qu’ici aussi, on trouve des huttes : notre premier arrêt se fait à celle de Brayshaw. Un petit tour rapide de l’extérieur comme de l’intérieur vétuste, et on repart.

2005  200x 1460 Joey acrobate Namadgi National Park On monte les tentes au camping de Mount Clear. Nous sommes seuls. Ou presque : une maman kangourou broute un peu plus loin, son bébé dans la poche. Eastern rosellas et noisy miners habitent quant à eux les feuillages des arbres et accompagnent nos activités de leurs pépiements. Le camp monté, on s’accorde quelques heures de détente, pour échapper au plus gros de la chaleur. Nanie s’en va faire la sieste dans la voiture tandis que Benoît et moi lisons et écrivons autour de la fireplace inutilisée… et à force de rester si tranquilles, au bout d’un moment, quand on relève les yeux, on a une bonne surprise : maman kangourou et son bébé se sont approchés à 5m de nous, et on peut les observer à loisir, en toute quiétude.

En fin d’aprèm, on bouge nos carcasses fatiguées pour se dégourdir les jambes sur une balade courte : Shanahans Mountain. On grimpe à travers la forêt, dans laquelle on surprend quelques kangourous et wallabis. Ces derniers, plus petits, ont la fourrure roussie : il s’agit sans doute de red-necked wallabis. Plus méfiants que les kangourous, ils détalent dans les fourrés sans nous laisser le temps de les regarder ! En haut de la « montagne », un joli point de vue sur les pentes boisées des horizons, l’ombre des nuages en leur creux. Ne reste plus qu’à redescendre, dîner et se coucher. Avec l’arrivée de la nuit, la température redescend considérablement – finalement, sous la tente, il fait presque un peu trop froid… !

1993  250x 1448 Papillon blanc Namadgi National Park Le lendemain, il est temps de s’attaquer à une rando un peu plus sérieuse : un aller-retour de 16 km jusqu’à Horse Gully Hut. Il fait chaud, encore une fois, et la sueur perle rapidement à nos fronts quand on traverse des plaines d’herbe haute, démunies du moindre carré d’ombre. Heureusement, ces passages à découvert alternent avec de longs moments en forêt où l’on peut refroidir un peu. Et tout le long du chemin, nos amis les macropodes nous gardent l’esprit occupé : on croise énormément de kangourous, et plusieurs wallabis qui continuent à disparaître dans les sous-bois avant qu’on ait eu le temps de dire « ouf ». Les kangourous, eux, ils nous regardent approcher jusqu’à ce qu’on soit à moins de 10m, puis ils s’en vont de… deux ou trois bonds, s’arrêtent et se retournent l’air de dire : « c’est bon là ? » Relax, max…

On fait d’autres rencontres, plus éphémères, de ci de là : un papillon blanc qui butine dans les fleurs sauvages, un lézard sombre et épineux qui prend son bain de soleil sur un rocher, une poignée de crimson rosellas dans les arbres et un Golden Whistler. C’est un des rares « nouveaux oiseaux » du trip pour moi (difficile d’en identifier beaucoup quand on a plus ni jumelles ni téléobjectif !), un petit piaf dont le mâle est aisément reconnaissable à ses couleurs : un corps jaune vif, une gorge blanche et une « capuche » noire. Et puis, il y a les eucalyptus : nombreux sont ceux qui affichent des écorces aux airs d’écorché vif ou d’huile d’olive…

On fait un petit détour par Demandering Hut avant de finalement atteindre Horse Gully Hut. On prend le temps de lire les livres de visiteurs, de casser la croûte et de se reposer : le soleil est à son zénith, nous n’avons aucune envie de prendre le chemin du retour trop vite. Quand nous rentrons finalement, surprise : on a des voisins maintenant, des vrais, des humains. Cette petite famille nous laissera une très mauvaise surprise en partant le lendemain matin : saviez-vous qu’il y a des gens qui sont capables, en plein été dans une région très sèche, de non seulement faire un feu de camp mais en plus partir sans même l’éteindre ? Moi qui croyais une telle idiotie criminelle impossible, me voilà détrompée. Heureusement, notre bidon d’eau est encore assez plein pour que l’on puisse noyer les flammes à leur place…

1999  600x 1454 Lookout Namadgi National Park

En parlant de mauvaise surprise, ce n’est pas la seule de la matinée : Titine refuse de démarrer ! C’est à nouveau un petit couac au niveau de la batterie, et nous avons la chance de ne pas avoir à attendre longtemps avant qu’un 4×4 passe par là pour nous donner un petit coup de pinces crocodile – c’est reparti ! On met les voiles pour aller s’établir à un autre camping, celui d’Orroral Valley. La chaleur règne toujours en maître aujourd’hui, et on passe à nouveau un après-midi paresseux dans le but de l’éviter. Sauf que cette fois, quand on reprend la voiture pour aller au début de notre marche de fin d’aprèm, on découvre qu’on va droit vers un orage ! Des nuages bleus et lourds envahissent l’horizon, mais la Old Boboyan Road est tellement belle qu’on décide de la finir, à défaut de faire la marche à son bout. Et nous avons raison : non seulement la promesse de tempête donne un cachet tout particulier à l’endroit, mais en plus on y voit des tonnes et des tonnes de kangourous, par dizaines, par centaines, peut-être par milliers qui sait. Et nombre d’entre eux ont un bébé dans leur poche…

2006  250x 1461 Avant la tempete Namadgi National Park Au bout de la route, les hirondelles volent bas. Le tonnerre gronde. Les nuages se referment autour des pics de la Bimberi Wilderness, par-delà la plaine. Le vent se lève. On décide humblement de faire demi-tour et rentrer au camping. Dans la voiture, on discute d’un plan machiavélique : au camping d’Orroral Valley, les toilettes ont un vestibule spacieux, chez les hommes comme chez les femmes. Il nous suffirait d’installer nos tentes dedans pour être certains de passer une nuit réellement à l’abri de la pluie et du vent (parce qu’il faut bien le dire, nos tentes ne sont pas tip-top…). Bien vu : à peine le temps de les transporter de l’extérieur à l’intérieur que le déluge s’abat sur nous à grosses, grosses gouttes. Il pleut des trombes d’eau comme rarement en Australie, pendant un long moment. Et nous, gaiement abrités dans nos vestibules, on s’installe pour faire la cuisine… ce soir, on dort au sec, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige !

2015  200x 1470 Yankee Hat Namadgi National Park Le lendemain, le mauvais temps a laissé place au soleil, et les kangourous habitent toujours les alentours d’Old Boboyan Road par douzaines. Cette fois, il est temps de faire la marche : à travers les plaines, dans un cadre idyllique, jusqu’à des bosquets aux pieds des collines. A l’ombre des arbres, sur le sentier, des kangourous à ne plus savoir qu’en faire. Et au-dessus de nos têtes, des bancs de cacatoès qui s’égosillent en un tintamarre familier et étrangement bien-aimé. On atteint le site de Yankee Hat : un petit refuge derrière une paroi rocheuse, où des artistes aborigènes d’antan ont laissé leur trace sous forme de peintures d’ochre et d’argile. Non loin, dans un creux naturel de la roche, un petit oiseau prend son bain dans la mare laissée par la pluie de la veille. Tout est paisible, et l’on savoure en silence nos derniers moments dans le Namadgi magique…

galerie Namadgi National Park Galerie photo : Namadgi National Park

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Déjà 5 commentaires sur ce post, on attend le tiens !

  1. Elles sont superbes ces photos ! Dire que je suis passé à côté de cette colonie de kangourous :p

    Samuel 21 February 2009 at 13:43 Reply
  2. Hehe, le serpent, brrr. On a vu une sorte de gros "cobra" noir dans la Bay of Fire Con area, il faut que je regarde ce que c’etait. La forme de tete faisait vraiment cobra ;D

    Benoit 24 February 2009 at 01:07 Reply
  3. Tu as toutes les chances d’avoir vu un Tiger Snake, c’est à dire l’un des serpents les plus venimeux qui soit :mrgreen:

    Il n’y a que 3 espèces de serpents en Tassie. Les 2 autres sont le White-lipped Snake (ou Whip Snake) et la Lowland Copperhead. Le White-lipped serait disqualifié d’office vu qu’il est beaucoup plus petit, en général de couleur pâle, et moins commun. La Copperhead, c’est un bon candidat aussi, c’est du mastoc. Je vote Tiger Snake pour 1) grosse tête de “cobra” et 2) c’est a priori le serpent qu’on rencontre le plus fréquemment sur l’île (moi aussi j’en avais croisé, et il y avait des affichettes d’avertissement un peu partout…).

    Voilà ! :D

    Toothbrush 24 February 2009 at 06:40 Reply
  4. C’est bizarre, parce que j’avais croise un Tiger Snake a Frenchmans Cap, j’avais une photo, le ranger a confirme, et il ne m’a pas fait le meme effet… Surement parce qu’il etait endormi en boule, pas en position de defense. Eh Beh, pfiou, on vit dangereusement.

    Benoit 25 February 2009 at 07:49 Reply
  5. Ca ne serait pas excessivement étonnant. Quand un serpent se sent menacé, souvent il se gonfle ou "s’aplatit" selon les cas… tu sais un peu comme le bearded dragon qu’on avait vu dans les Flinders qui se faisait paraître 2 fois plus gros qu’il ne l’était :lol:

    Toothbrush 25 February 2009 at 09:15 Reply

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A propos

Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.

Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.

Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !

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