// Nouvel an à Sydney

Australie

Nouvel an à Sydney

Harbour Bridge au nouvel an Par un soir sans nuages, nous disons au revoir à l’année 2006 et c’est avec grand plaisir que l’on accueille l’arrivée de l’année 2007, qui sera entièrement placé sous le signe du voyage. Pour fêter cela comme il se doit, nous avons donc choisi de passer le nouvel an à Sydney.

Le soir du réveillon, un métro nous dépose au centre-ville. Lorsque l’on débouche de ses entrailles souterraines, c’est un monde transformé qui s’ouvre à nous : les grandes avenues sont fermées à la circulation ce soir, et les carosseries rutilantes aux pots d’échapement enfumeurs sont remplacées par la marée montante du genre humain. Les hommes, les femmes, les enfants, les vieux : ils viennent tous des quatre coins de la ville et des quatre coins du monde, on voit passer une asiatique en kimono, un moustachu en kilt écossais, des jeunes attifés de bâtons de lumière colorés, des gens en jean et d’autres en robe et en costume, mais des gens c’est sûr, toujours plus de gens qui défilent et s’approprient la rue. Cette foule hétéroclite et souriante marche à sens unique, et l’on converge tous vers le front de mer. Circular Quay est déjà fermé au public : c’est plein à ras-bord, plus personne ne peut s’y faufiler. Un peu plus loin, les jardins botaniques sont devenus des jardins hermétiques : il faut un billet pour entrer.

On s’échappe ailleurs, on prend la direction du quartier des Rocks. Ici aussi, on trouve une foule de sardines, mais il reste encore quelques places pour nous dans cette boîte : aux pieds d’Harbour Bridge, on s’asseoit sous les lampadaires avec les autres. L’eau de la baie de Sydney se répand devant nous comme de l’encre noire, au bout de laquelle surgit la silhouette lumineuse de l’Opera House. Le pont étend son corps bossu au-dessus de nos têtes (on le surnomme « the coat hanger » : le cintre), et un point d’interrogation géant brille sur ses multiples piliers. Nous attendons avec tous les autres membres de notre espèce rassemblés ici, des centaines de conversations battent leur plein, des cris de joie et des éclats de rire parsèment la nuit. A 21 heures, les premiers feux d’artifice s’élancent en pétarade sous les « oooh » et les « aaah » des spectacteurs heureux que nous sommes : une mise en bouche avant le plat de résistance, un petit amuse-gueule pour les familles qui nous fait patienter en attendant l’explosion de minuit.

Nouvel an Les dernières chapes de fumée dissolues, on se dégourdit les jambes d’une longue promenade en contemplant les bateaux aux mâts enveloppés de guirlandes lumineuses qui paradent la longueur de la baie. On décide aussi de tenter notre chance ailleurs en matière de point de vue, et on s’emmêle dans la foule de Campbell Cove. Bientôt, on ne peut plus ni avancer ni reculer, coincées que nous sommes parmi des milliers de corps assis ou debouts mais tous pressés les uns contre les autres. Il est temps de sonner la retraite : je saisis la main d’Emilie et ensemble nous fendons les flots de la marée humaine en l’attaquant de biais. Ouf, sauvées !

On se ré-installe à notre place, dans l’ombre d’Harbour Bridge. Minuit approche. Sur l’immense pilier qui supporte et annonce le début du pont, des images sont projetées : Brain, Heart, Courage sont les valeurs choisies cette année, et nulle doute qu’il faut posséder les trois pour parvenir à braver la foule et s’emparer d’un spot ici ce soir ! Soudain, c’est le logo affiché sur le pont qui se transforme : le point d’interrogation s’éteint pour cèder la place à un diamant doré. Des rafales de trompette, des coups de sifflet et des hululements vrombissent autour de nous : le compte à rebours de minuit à commencé sur le pilier qui nous domine. 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1…

HAPPY NEW YEAR ! L’étincelle des étoiles est éclipsée par une explosion de lumière quand décollent les premiers feux d’artifice, des tourbillons de couleur se reflètent à la surface de l’eau, un torrent de bruit engouffre la nuit. La foule se lève et rugit d’une voix désaccordée, à côté de nous une femme agrippe la rembarde et brandit son poing. Sa bouche est ouverte et elle hurle de toutes ses tripes, pourtant aucun son ne se distingue à ses lèvres parmi la cacophonie bourdonnante qui s’est emparé de tous. Bref, en un mot comme en cent : minuit au réveillon à Sydney, c’est de la pure folie.

Feux d'artifice du nouvel an

Et puis, après plusieurs minutes de délire son-et-lumières, le spectacle arrive à son terme aussi brusquement qu’il a commencé, l’instant est passé. Une dernière étincelle déchue se pose sur la mer, la brise emporte une odeur de souffre et la foule se disperse. Dans les rues, la rivière humaine se déverse sur le bitume comme sur les trottoirs, flot ininterrompu de milliers d’individus. Certains rentrent chez eux, d’autres se dirigent vers une station de train ou s’agglutinent dans un bar pour prolonger la fête.

Bonne année 2007 :)

Galerie photo Galerie photo : Sydney

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