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Australie

Sur des rails

Guard Après trois semaines de paresse et de villégiatures chez nos hôtes, il était grand temps d’empaqueter de nouveaux nos affaires pour prendre la route – oui, vous l’avez reconnue, c’est bien là l’histoire éternelle des petits oisillons quittant le nid pour aller faire battre leurs petites ailes ailleurs si j’y suis, bon vent.

Le Lonely Planet nous avait averti : le système ferroviaire australien a bien du retard sur le notre. Pourtant, c’est par train que nous avons choisi de quitter Brisbane à destination de Canberra. Au final, on découvre que les trains locaux sont semblables aux notres dans la mesure où ils sont agréables mais proposent une nourriture hors-de-prix et peu ragoûtante. La différence cruciale se situe en réalité au niveau de la vitesse de croisière : Brisbane-Sydney est un trajet d’environ 1000 km qui se parcoure en pas moins de 14 heures de train. Le lendemain, il faudra attraper un autre train pour effectuer les 300 km séparant Sydney de Canberra, en 4 heures.

Résultat des courses, nous quittons Brisbane vers 6 heures du matin (diantre !) pour n’arriver à Sydney qu’aux environs de 21 heures. Cette longue, très longue journée de train, nous l’occupons à bavarder, lire et écouter de la musique, mais également à regarder le paysage.

De vastes étendues de patûres prennent vie grâce à leurs habitants sauvages et domestiques : du bétail broutte placidement, quelques chevaux fuient l’approche du train, un groupe de kangourous s’en va à grands bonds. Dans les cieux, faucons et corbeaux dominent la scène.

A mesure que l’on descend vers le sud, des collines verdoyantes roulent leur bosse dans la brume d’une averse légère ; un sol gorgé d’eau, généreux, donne naissance à des forêts touffues. Des torrents boueux, au courant fort, se déversent en parallèle à notre trajectoire. L’illusion d’être en Irlande est délicatement dissipée par un palmier égaré.

L’arrivée à Sydney se fait de nuit, sous un ciel étoilé où brille une lune aveuglante, son éclat à peine atténué par le mouton d’un nuage venant la recouvrir. Les gratte-ciels et les lumières de la ville nous accueillent dans un silence obscur.

Dry land C’est à Chinatown que l’on débarque, sac hissés à coeur vaillant sur des épaules endolories de tant d’immobilité dans le transport. La visite de Sydney devra attendre notre retour, programmé pour la mi-décembre. Cette fois, c’est un aller direct vers notre auberge de jeunesse, une bonne nuit de sommeil, et un retour vers le train.

Le lendemain matin, nous n’avons que peu de temps à consacrer à la recherche de notre Saint Graal (je veux bien entendu parler d’un café !). Notre quête nous amène à faire quelques pas dans le quartier : l’univers urbain et moderne de la plus grande ville d’Australie est égayé par les robes de haute couture et les chapeaux extravagants qu’arborent certaines femmes. Aujourd’hui est en effet le jour de la Melbourne Cup : une course hippique très médiatisée ayant lieu chaque année… à Melbourne, vous l’avez compris, mais dont l’importance se ressent à l’échelle nationale. Et pour l’occasion, il est traditionnel que ces dames se parent de leurs plus beaux et fantasques atours !

Pour notre part, c’est déjà l’heure de repartir : après avoir fait un plein de provisions au supermarché du coin (on ne se fera plus avoir avec la nourriture du train !), il est temps de se rendre à la gare pour entamer la dernière partie de notre trajet. A nous Canberra !

Galerie photo Galerie photo : Divers NSW

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