Tout voyageur qui se respecte commet tôt ou tard une erreur fatale. C’est aujourd’hui chose faite pour nous aussi : mesdame et messieurs, aujourd’hui nous vous présentons Uriarra Crossing.
Sur le papier, il s’agissait d’une balade pas bien fatigante qui devait nous emmener jusque sur les berges de la rivière Murrumbidgee, supposément un endroit idéal pour aller faire trempette. Une chose que nous avons oublié de vous dire sur Canberra a en effet rapport au climat de ce beau mois de novembre : nous alternons entre des journées où l’on se pèle de froid, et d’autres où l’on ressent les âfres de la canicule ; le tout sans transition apparente. Depuis quelques jours, la canicule faisait son retour en force, et la perspective de se rafraîchir dans les eaux d’une sympathique rivière nous paraissait donc hautement attirante.
Après avoir grimpé dans un bus dont le chauffeur n’avait jamais entendu parler d’Uriarra Crossing (mentionné dans le Lonely Planet comme une « balade du dimanche » favorite des locaux…), l’on se fait déposer au début de Stockdill Drive, la route menant vers le début de notre sentier. Encore faut-il y arriver, et pour ça pas d’autre solution que de marcher. Sous un soleil de plomb, au milieu d’une rase campagne brune et desséchée, on trouve réconfort à la vue de quelques cacatoès (les blancs à crête jaune qui nous sont familiers à tous cette fois-ci).
L’on finit par trouver le début de notre balade du jour et l’on quitte donc le bitume pour s’enfoncer dans la broussaille jusqu’à Shepherds Lookout, un point de vue donnant sur les méandres de la rivière. Et là, nous commettons l’erreur fatale : nous décidons de descendre au lieu de nous arrêter là.
Un peu plus loin, le chemin est à demi barré par une vieille clotûre, mais aucune pancarte ne nous interdit le passage et nous choisissons donc d’enjamber l’obstacle et de poursuivre notre exploration. Au-delà de cette limite, le sentier se fait plus fin et dégage un sentiment de laissé-à-l’abandon très différent du chemin jusque là assez bien entretenu. Il n’y a absolument personne alentours, et pas un seul son ne résonne dans la vallée. A mesure que l’on descend dans ce décor sec et désolé, on commence à se demander si la balade n’a pas été fermée à la suite d’une quelconque invasion de crocodiles, attaque des araignées géantes ou autre invasion de méduses volantes.
Loin de nos inquiètudes plus ou moins débiles, un kangourou esseulé surgit soudain des herbes hautes et traverse notre chemin avec insouciance. A ce rythme, peut-être allons-nous nous aussi devenir blasées de ces petites bêtes que pas mal d’australiens considèrent comme des pestes !
Au final, nous arrivons bel et bien jusqu’aux rives de la Murrumbidgee, et devinez quoi ? Il n’y a strictement rien à voir, et la seule chose qui éveille un semblant d’intérêt dans nos esprits fatigués est l’ombre apportée par les quelques arbres qui poussent au bord de l’eau.
Moralité ? On commence doucement à comprendre que le Lonely Planet tant vanté, ce n’est pas si mythique que ça…




























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