De Bowen, on poursuit notre route vers le nord le long de la côte. On traverse des petites villes rurales aux rues tantôt calmes, tantôt plus animées, et peu à peu on se rapproche du prochain grand centre urbain : Townsville. Mais avant cela, on fait un petit détour par le Bowling Green Bay National Park, tout proche de la ville. Cette proximité se ressent par ailleurs dans la fréquentation du parc : pas mal de gens se baladent sur l’aire de repos qui sert de parking principal, et des campeurs s’activent près de leurs tentes et/ou vans. Sur la pelouse, wallabis et dindons sauvages vaquent à leurs propres occupations.
On s’enfonce dans la forêt pour rejoindre la rivière qui donne son nom à cette partie du parc : Alligator Creek. Contrairement à ce que ce funeste patronyme pourrait laisser présager, il n’y a pas de crocodiles – d’ailleurs, il n’y a pas d’alligators en Australie pour commencer – et on peut donc s’y baigner. On débouche des arbres sur la berge de la rivière, encastrée parmi des rochers aux couleurs chaudes : c’est la saison sèche, et le flot tumultueux de la saison des pluies s’est déjà dissipé en un cours calme et paisible. Malgré tout, ce torrent en veilleuse offre plusieurs piscines naturelles (« swimming holes ») assez profondes et larges pour nager un peu…
Sur des rochers émergés, deux tortues se reposent au soleil. On enlève nos chaussures et on retrousse nos pantalons pour aller patauger un peu, et observer les poissons qui se glissent dans l’onde. Au-dessus de la surface, on assiste au balet des martins-pêcheurs : ces petits oiseaux bleu-vif plongent des arbres qui bordent la rive en un éclair, frappent l’eau en quelques gouttes d’éclaboussures et remontent jusqu’à leur perchoir, proie au bec. En crapahutant sur les rochers pour descendre la rivière, on repère aussi quelques grosses anguilles qui fendent sinueusement les flots.
C’est décidé : il faut qu’on se baigne ! On revient au bus le temps d’enfiler nos maillots, et on entre lentement dans le trou d’eau principal. L’eau est fraîche et claire, sa surface reflète la couleur verte de la forêt qui l’entoure. On voit le fond, 2 mètres plus bas, comme à travers du verre. C’est notre première baignade dans le nord tropical du Queensland (« tropical Queensland » ou « Far North Queensland », comme ils disent), et on la savoure à sa juste valeur en barbottant, en se laissant couler au fond et en faisant du toboggan sur les rochers…
Au parking, la civilisation nous réserve une bonne surprise : c’est le seul parc national qu’on a visité où on découvre la présence de douches chaudes en libre service. On en profite à fond, mais on remarque le détail Far North Queensland qui fait sourire : dans l’une des douches, le pommeau grouille de fourmis vertes…
Galerie photo : Bowling Green Bay National Park




























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