// Cairns et Port Douglas

Australie

Cairns et Port Douglas

Rex Lookout Cairns, pour nous, c’est vite fait : c’est une ville, et c’est touristique. L’Esplanade est recouverte de plus de backpackers au centimètre carré qu’on ne l’aurait cru possible, un nombre tout aussi impressionnant d’agences de voyage s’étale dans les rues, et tous mettent l’accent sur la même chose : Cairns, c’est un port de départ pour aller passer la journée sur la Grande Barrière de Corail. Il faut bien ça, puisque contrairement à ce que certains croient, Cairns n’a pas de plage : le rivage, c’est un tas de boue.

Il faut pourtant reconnaître une chose en la faveur de Cairns : au Earlville Fish Bar, on peut manger le meilleur fish & chips du monde et il coûte pas plus cher qu’ailleurs.

On ne s’attarde pas, et on continue vers le nord. La route qui mène de Cairns jusqu’à Port Douglas est sans aucun doute l’une des plus belles que l’on ait fait : le ruban de bitume s’étend le long de la côte. Des montagnes couvertes de forêt descendent jusqu’à des rivages de sable blanc et de vacoas, qui donnent sur un océan bleu pur. On ne peut que siffler d’admiration, et on en oublie même les multiples bus de touristes avec lesquels on partage la route.

Il faut croire que toute la région vit de cette seule industrie : Port Douglas, c’est aussi un endroit touristique ! Heureusement, la ville a su préserver son charme et ses modestes proportions, les bars et restaurants qui s’y alignent sont agréables, et on se balade dans ses rues avec plaisir. Le tout sur l’océan, cocotiers compris ! On campe sur une colline avec vue sur la ville et sa plage, et le lendemain on regarde le soleil teinter l’ensemble de rose.

C’est dimanche, jour de marché : plein de stalles ont fait leur apparition, et on dévalise celle de gâteaux… et puis, on écoute des gens jouer de la flûte, et un conteur aborigène réciter de la poésie. Plus tard, Craig et Emilie vont piquer une tête dans l’océan sur Four Mile Beach. Et le soir, on se fait un barbecue sur la pelouse avec Alan.

St Marys by the Sea, Port Douglas Alan, c’est un mec qu’on a rencontré à Airlie Beach, puis qu’on a croisé à nouveau à Bowen, et sur qui on vient de retomber en débarquant à Port Douglas. Alan, il a des airs de dur, la peau tannée, des muscles et des tatouages, une bière à la main. Sous cet extérieur sans fioritures se cache un gros cœur d’artichaut, et c’est lui qui nous invite à faire un barbecue et nous cuisine des champignons farcis et un steak poivré…

On est bientôt rejoints par une demi-douzaine de néo-zélandais qui voyagent en troupe à bord de deux vieux vans. Ils sont partis de Perth et sont arrivés jusqu’ici via Darwin, et surtout ce sont des tourneurs de feu. Bientôt, ils lancent un CD de didjeridoo/trance et sortent leur matos : bâtons et poys sont bientôt enflammés et tournoient dans leurs mains. Leur spectacle éclaire la nuit, et on sourit à cette représentation privée et improvisée.

Qui a dit que la vie des routes était solitaire ?

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