C’est par une fin d’après-midi sombre et pluvieuse qu’on atteint ce parc, au pied du Mount Bartle Frere. Il faut attendre le réveil le lendemain pour mieux observer nos environs : des nuages pastel sur fond de ciel bleu offrent un arrière-plan séduisant aux silhouettes de hauts palmiers aux troncs étroits. Au-delà se dresse le Mount Bartle Frere, austère et imposant. La forêt tropicale qui recouvre ses pentes s’étend jusqu’à nous, puis se dissipe pour laisser place à des champs de canne à sucre.
Notre petit-déjeuner avalé, on s’en va contempler Josephine Falls, qui se déverse sur deux étages et donne naissance à un torrent au cours vif. Au pied du second étage des cascades se trouve un bassin tranquille entouré de roche aux reflets mauves et propice à la baignade : hop, on file chercher les maillots ! Craig, pas bête, se défile. Quand on arrive au moment crucial de rentrer dans l’eau, on comprend pourquoi : elle est absolument glaciale ! On s’asseoit sur les pierres et on laisse tremper nos petits petons blancs. C’est tellement froid que ça brûle… Emilie prend son courage à deux mains et s’élance jusqu’au cou avec un couinement retentissant, mais il me faut une bonne vingtaine de minutes avant de parvenir à en faire de même. C’est dur, mais une fois dedans on est bien contentes de l’avoir fait : quel bonheur de se baigner dans un tel paysage !
La matinée à Josephine Falls a tôt fait de disparaître, et on reprend la route pour visiter une autre partie du parc : Babinda Boulders. Vaste bassin d’eau peu profonde, à la couleur vert limpide. Une balade le long d’un torrent fougueux d’eaux bleues et vertes dont le cours est forgé par de gros rochers gris et mauves qui créent des vagues d’écume immaculée. Une forêt tropicale verte, luxuriante, intense. Des milliers d’arbres drapés de lianes, des fougères arborescentes et des papillons bleu électrique.
Il y a très, très longtemps, l’Australie était entièrement recouverte de forêts tropicales. Au fil des époques, le continent a lentement dérivé jusqu’à sa position actuelle, et les changements climatiques l’ont rendu sec et aride. Mais dans le nord du Queensland, la forêt tropicale du temps jadis est toujours là, intacte, épargnée, ancestrale et puissante. La nature y jouit d’une beauté si pure et si intense que « paradisiaque » est un mot trop doux pour la qualifier.
Trop humain.
Galerie photo : Wooroonooran National Park




























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