On vous a lâchement abandonnés après avoir sonné le coup d’envoi de six soirs de folle boustifaille entre amis… les ventres distendus à nouveau casés dans les pantalons devenus trop serrés, les dents récurées, le rôt sorti et la satisfaction au visage, il est temps de vous faire part d’un petit bilan en images : voilà ce que ça donne quand 4 frenchies sont lâchés en liberté dans une cuisine australienne !
Le premier soir, on ouvre les festivités avec une spécialité de l’Aveyron : c’est Benoît qui se jette à l’eau avant tout le monde en nous préparant un aligot de derrière les fagots ! La tome fraîche, introuvable ici, est remplacée par un beau morceau de cantal et c’est parti. De l’ail, des patates, vas-y que j’te touille et que j’te fais griller quelques saucisses à côté pour accompagner. En dessert, c’est de l’improvisation : « crème de fruit acidulée » nous confie le cuisinier. Le tout à base de mangue et de banane, avec une touche de menthe et de citron vert…
Au second soir, Nanie relève le défi : depuis qu’on la connaît, elle n’arrête pas de nous faire saliver en nous parlant de cuisinie italienne, d’explorations des meilleures pizzerias de Naples et tutti quanti. Il est temps de prouver que tout ça, c’est pas que des mots. Nanie nous ouvre le bal avec un risotto truffé d’olives, de pancetta et de champignons… En dessert, on fait dans la simplicité voluptueuse : poires au chocolat !
Jamais deux sans trois (et ainsi de suite jusqu’à six…), c’est au tour de notre cuisinière attitrée habituelle de se recoller aux fourneaux : Emilie est le chef incontesté de tous nos gueuletons roadtrip. Et si l’absence d’un four fonctionnel la prive des recettes les plus violentes de son arsenal (cheesecake et tartiflette), l’alternative n’est pas des moindres : tagliatelles au saumon. La masse de pâtes crèmeuses accueille les morceaux de saumon fumé (Nanie, qui est allergique au poisson, a droit à des tranches de prosciutto à la place) et un brin d’aneth. Comme si ce n’était pas assez pouf-pouf dans l’estomac, le dessert improvisé est un gâteau compote : base de biscuits concassés, compote de pomme, rondelles de banane, un peu de crème fraîche et on saupoudre de canelle…
Après tant de réussites, c’est le soir redouté et redoutable de la potentielle faillite : c’est moi qui cuisine. Ce sont des mots innocents aux oreilles de ceux qui ne me connaissent pas, mais amis et famille ressentirons sans aucun doute un frisson d’effroi : moi, je rate même les toasts. Non seulement je les carbonise, mais en plus ça fume tellement que ça déclenche l’alarme incendie. Je me suis mis la barre haut : cari poulet traditionnel de la Réunion. Il faut gérer le poulet, les haricots rouges et le riz. Ce dernier est blanc, tout simple. Poulet et haricots, en revanche, il faut assaisoner avec force de gingembre, d’ail, d’oignon, de piment, de thym et de safran… Plus de deux heures de découpage et de mijotage sans accident, je suis aux anges. En dessert, du simple : salade de fruit à la Bob. C’est-à-dire avec de la crème et des cacahuètes enrobées de chocolat…
Alors que nos estomacs commencent franchement à saturer, c’est à nouveau au tour de Nanie pour une nouvelle spécialité italienne particulièrement pas légère : une énorme plâtrée de gnocchis ! Deux grosses boules de pâte à base de pomme de terre de farine sont découpées en tranches costaudes, malaxées en forme de saucisses et tranchées en petits cubes : les gnocchis. Mais c’est vraiment lors de la cuisson en plusieurs casseroles qu’on se rend compte que Nanie, elle a pas menti : elle cuisine pour un régiment ! Ajoutez à cela la sauce au fromage (gorgonzola, parmesan, peccorino et crème fraîche) et des portions plus que généreuses (on peut à peine soulever l’assiette) et vous comprendrez que ce soir, pas de dessert !
Dernier soir, déjà. Les filles s’y mettent conjointement pour préparer une collection de « tapas » : Nanie confectionne des donatis, un mélange de riz et de légumes enveloppé dans des feuilles de vigne qu’elle et Benoit ont vaillament été cueillir dans la pampa des collines. Et puis, bien sûr, il y la tortilla aux patates et au chorizo : un monstre dans la poêle nécessitant intervention du Saint Esprit quand vient le moment crucial de la retourner. Emilie, quant à elle, prépare une salade verte avec des avocats, et des tartines campagnardes improvisées : jambon, cheddar, aubergines grillées à l’ail et au thym, sauce soja. Benoît se charge de faire un dessert avec les moyens du bord : grains de riz soufflés enrobées de chocolat et passés au frigo, servi avec glace à la vanille.
Et voilà. Au début de la semaine, on se pourléchait les babines. On finit en se léchant les doigts, le cycle est à son terme. Prochaine semaine gastro le jour où nous serons tous en France au même moment, pour profiter de nos fameux produits du terroir… !
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !
Raaaalala ! Je sors de mon petit déj, et ça me donne déjà envie de me remettre à table tout ça !!! Pour la prochaine fois, je te conseille l’inratable et délicieux "Poulet à la Bonob" et son riz fluffy, et en dessert, l’encore moins ratable mousse au chocolat, ou encore le Bonob’s magic crumble aux pommes…
(Ce sont des recettes ancestrales qu’il ne faut pas divulguer sur un blog, aussi bien goupillé soit-il ! Les intéressés, je peux envoyer des messages en privé !)
Moi je veux savoir !
Mieux encore, il faudrait qu’on arrive à se croiser sur les routes, que tu nous les cuisines ces recettes ancestrales…
Un éventuel croisage australien va devenir compliqué, à moins qu’on soit au même moment en Tasmanie (entre le 24 janvier et le 14 février).
Mais ici ou ailleurs, je me ferais un plaisir de passer ou fourneaux !!
Il est possible que l’on soit en Tasmanie à partir du 5 février… et je dis bien "possible"
Après, on le sait, les croisages à l’échelle de l’Australie, c’est toujours foireux !