Le coin sud-est du South Australia, tout proche de la frontière d’avec le Victoria, est sans doute l’une des régions les plus civilisées de l’état : patûrages et plantations de pins semblent se dérouler sans fin de par en par de l’autoroute de bitume. Mount Gambier, le centre urbain de la région, est la plus grande ville de l’état après la capitale, Adelaide. Ces conditions, vous le comprendrez, ne sont pas des plus satisfaisantes du point de vue de l’environnement, de l’écologie et des animaux sauvages. Les rares morceaux de bush qui ont réussi à survivre à la déforestation sont donc maintenant préservés sous la forme d’une collection de conservation parks minuscules, surnommés les « parcs îlots » : quelques asiles de végétation australienne perdus dans un océan de champs artificiels.
Nous partons à la recherche de l’un de ces îlots, le Penambol Conservation Park, afin de pouvoir camper tranquille non loin de la ville. Le trouver n’est pas facile : on a l’impression d’errer longtemps sur les routes de terre battue qui quadrillent une gigantesque plantation de pins avant d’enfin parvenir à dénicher le seul morceau de forêt intact et endémique au milieu de ces bois millimétrés. Il est aisé de deviner que cet îlot a sans doute été sauvé par son dénivelé : le sentier monte et descend de multiples buttes, sans doute moins propices à une exploitation facile qu’un sol plat. Mais ne crachons pas dans la soupe : si l’on peut déplorer la taille du parc, on peut en revanche sourire à la vie qu’il abrite. Les épais bouquets jaunes des wattles en fleur embaument l’air du crépuscule, les cieux résonnent du cri d’une floppée de yellow-tailed black cockatoos qui décorent la cîme des arbres. Quelques galahs viennent ajouter leurs piaillements à la mélodie du soir, et on observe une poignée de kangourous. Plusieurs terriers de wombats ouvrent le sol, et Emilie aperçoit le gros popotin poilu de l’un d’entre eux qui s’y engouffre à notre approche. Des fourrés, on entend percer le « gronk » guttural d’un couple d’émeus. On campe non loin, au bord d’un chemin, et dans un grand tintamarre on regarde passer des dizaines et des dizaines de cacatoès entre les arbres.
Le lendemain, après une matinée en ville, nous nous dirigeons maintenant vers le nord pour remonter le long de la frontière du Victoria jusqu’à croiser le cours de la Murray. En chemin, on se balade dans la forêt de Telford Scrub, noyée d’une lumière dorée dans la fin d’après-midi. Un tapis dense de fougères (« bracken fronds ») recouvre le sol sur lequel règnent les eucalyptus. On aperçoit quelques gros wallabis au pelage sombre (sans doute des swamp wallabis), et plusieurs kangourous. La marche « bouffée d’air » satisfait nos esprits esthétes et nous détend de la route autrement bien fade : champs et pinèdes continuent à dominer nos horizons, heureusement réhaussés d’un coucher de soleil pourpre. L’œil aux aguets, on repère la pancarte discrète qui indique notre refuge pour la nuit : le Penola Conservation Park. Un petit chemin de terre nous emmène dans la forêt jusqu’à une clairière paisible. On monte le camp au son du concert de fin de journée dans le bush : les trilles des magpies se joignent au rire des kookaburras, et à une multitude d’autres chants que nous ne connaissons pas aussi bien. La nuit tombée, de nombreux craquements nous parviennent depuis les arbres : ça doit grouiller de wallabis, là-dedans ! De plus loin, un étrange « wou-hou » rythmique se fait entendre, semblable à un aboiement : il s’agit probablement d’un hibou, le bien nommé « barking owl »
Le jour venu, on petit-déjeune sur un énorme tronc coupé en deux qui sert de table. On s’en va ensuite se balader dans la forêt ensoleillée, où nous attendent oiseaux chanteurs et abeilles fort affairées à butiner les premières fleurs sauvages du printemps. Malheureusement, l’homme est présent même dans cet îlot-asile : au fil de notre marche, on ramasse une demi-douzaine de canettes de bière. Faut-il vraiment venir polluer la nature jusqu’ici, ce dernier refuge au milieu d’un paysage que nous avons fini de dévaster ?
Galerie photo : Divers du SA
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !
Mais c’est pas vrai qu’elles sont pas encore allées en Western Australia!!!
Ah non d’accord vous gardez le meilleur pour la fin!
Bon bref je vous souhaite un bon voyage bien sûr, enfin je crois que vous n’avez plus besoin d’encouragements (sauf financiers peut-être mais euh comment dire là ça ne va pas être trop possible ^^) et je file sur votre rubrique Nouvelle-Zélande vu que j’y pars enfin le mois prochain.
Biz
Pire encore : le WA, ce sera finalement pour un autre voyage ;-)
AAAAAAAAAAAAAH, vous me tuez!
XD