Après plusieurs journées entièrement consacrées à la section Mambray Creek du Mount Remarkable National Park, nous voilà enfin en route pour une autre de ses entrées : Alligator Creek. L’autoroute nous amène droit vers le relief de velours des Flinders Ranges, et on savoure la vue de leurs doux contours sous un ciel pastel où flottent quelques nuages diaphanes. On franchit la chaîne via Horrocks Pass et on traverse le petit bourg de Wilmington pour rejoindre le parc national. La route serpente parmi de vertes collines, monte raide et descend vite, mais notre vaillant véhicule (armé de nouveaux pneus !) ne nous fait pas défaut, et nous emmène jusqu’au bout sans sourciller. Une fois garées, on jette un bref coup d’œil au panneau d’information : comme d’hab, il suffit de choisir le circuit le plus long. Ici, il s’agit de la Ring Route, qui fait 9 km. C’est parti !
On commence la balade en s’engageant dans les Narrows : comme son nom l’indique, c’est ici la partie la plus étroite d’Alligator Gorge. Les parois de roc orange et brun se gonflent et se tendent de par en par du lit de galets dans lequel nous marchons, et où persistent encore plusieurs mares et flaques d’eau. C’est un vrai plaisir que de s’enfiler dans ces passages, et on repère parfois des fleurs sauvages : tantôt bleues, tantôt mauves, jaunes ou orangées, elles aussi sont hautes en couleur. Nos déambulations nous font bientôt émerger à Blue Gum Flat, et on continue le chemin en direction d’Eaglehawk Dam. Malheureusement, c’est là la partie la moins intéressante de la balade : on marche maintenant sur une « fire track » (piste de 4×4), ce qui manque de charme. La route creuse une tranchée à travers les bois, et monte sec. Il n’y a pas beaucoup d’ombre par ici, et il fait déjà chaud – autant dire qu’on sue ! Heureusement, on finit par atteindre le sommet, où on retrouve avec joie un sentier digne de ce nom pour redescendre parmi les broussailles et les fleurs, jusqu’à retrouver le cours du ruisseau, à l’autre extrêmité d’Alligator Gorge.
Des dizaines de têtards s’agitent dans la moindre flaque enjambée, comme plein de petites souris aquatiques en déroute. Un insecte étrange, comme un gros haneton couleur bois et pourvu d’énormes mandibules, traverse le chemin sans se presser. On rejoint les Terraces, où certains rocs sont encore naturellement sculptés de vagues, témoins des marées d’il y a des millions d’années. On s’arrête à côté de ces reliques d’un passé trop lointain pour qu’on puisse réellement l’imaginer, on se désaltère et on fait connaissance avec notre nouvelle lifteuse. Nanie nous parle d’Italie et de Bourgogne, il ne nous reste plus qu’à aller à Naples pour manger la meilleure pizza du monde : nous, on ne demande que ça. Toutefois, le retour en Europe, ce n’est pas pour tout de suite !
Pour le moment, on remonte les escaliers qui signalent la fin du chemin en nous faisant quitter le sol de la gorge. On croise un Tawny Dragon et un scolopendre : ce mille-pattes peu ragoûtant se cache habilement sous les feuilles mortes tombées sur le sol. Prise d’une lubie subite, j’écarte doucement la feuille à l’aide d’un petit morceau de bois. Le scolopendre s’en va en se tortillant horriblement. Je me rappelle brutalement à quel point ces bestioles me rendent malade, et je monte les dernières marches deux par deux en hurlant !
Au parking, je croise un autre genre de cauchemar : un groupe de touristes parfumés regarde le panneau d’information d’un air consterné. Ils m’interpellent pour me poser quelques questions sur les marches disponibles : « le sentier de 10 minutes (le plus court), il n’est pas trop dur ? » Quand ils comprennent qu’on vient de faire la boucle de 3 heures, ils me regardent comme si j’étais Crocodile Dundee.
Il est temps de partir.
Envie d’en savoir plus sur ce magnifique parc national ? Consultez également notre article sur sa section Mambray Creek !
Galerie photo : Mount Remarkable National Park
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !