Une route sinueuse et bitumée nous entraîne le long du cours de la rivière Torrens, parmi les verts vallons des abords de la capitale du South Australia. Par ce matin ensoleillé, il flotte dans l’air un parfum de Nouvelle-Zélande : nulle part ailleurs n’avions-nous vu une telle explosion de vert, de tels tapis d’herbe luxuriante aux flancs des collines, encore humides de rosée, parsemés de boutons d’or. De grands eucalyptus au feuillage touffu nous rappellent que nous sommes bien en Australie.
Imperceptiblement, les fermes de la campagne se changent peu à peu en maisonnettes au coude à coude : lentement, nous arrivons dans les premières banlieues de la ville. Le style architectural nous rappelle l’Alsace. C’est dimanche, et il n’est guère difficile d’emmener la voiture jusqu’au centre-ville : composé à moitié de parcs, celui-ci est entouré de verdure. Le fleuve Torrens le traverse, en chemin pour rejoindre la mer. Cet environnement bénin fait le bonheur de toutes sortes d’oiseaux, et Adelaide se révèle vite être une cité paradisiaque pour l’ornithologue amateur : cygnes noirs, poules d’eau, canards, pélicans et mouettes se partagent les rives et les eaux du Torrens. Dans les arbres des parcs, une multitude de perroquets ajoutent à la ville une touche de couleur et de chanson : rainbow lorikeets, Adelaide rosellas et eastern rosellas ont tous fait leurs nids au creux des branches. Des crested pigeons patrouillent le dallage du chemin. Un noisy miner vient boire à un robinet. Des galahs passent dans un tintamarre de pépiements, et un cacatoès casse la croûte au sommet d’un lampadaire.
Les immeubles qui composent le centre ont un cachet vieillot pour l’Australie, dont les capitales sont plus souvent habitées de hauts gratte-ciels de verre et d’acier. Ici, la pierre a conservé la part du lion, et ce n’est pour nous déplaire. La ville a gardé une taille humaine. Nos errances nous font découvrir la bibliothèque, et le soir venu un excellent restau indien. Van nous invite : ce soir, nous célèbrons ensemble la fin de notre roadtrip. Demain, il prend l’avion pour Cairns. Et nous, nous allons continuer la route seules en direction de Kangaroo Island.
- Melbourne-Adelaide : 2601 km parcourus en 3 semaines.
- En suivant l’autoroute sans faire de détour, ce trajet ne fait en réalité que 729 km (à vol d’oiseau, environ 650 km) : il est faisable dans la journée. La plupart des voyageurs l’effectuent en 3 jours.
- Les moments forts : la chasse aux émeus dans les roseaux de Tower Hill, la matinée à Mount Eccles où nous avons rencontré des koalas et assisté au balet aérien des wedge-tailed eagles, l’exploration des canyons de Gariwerd (les Grampians), l’ensemble du nord-ouest du Victoria, le détour via le Mungo National Park, PORK O’CLOCK, nos quelques journées de camping à Pooginook et nos nombreuses soirées autour du feu sous les étoiles…
- Les galères : découvrir que notre lifteur avait réussi à oublier d’acheter une tente (ben alors Van !), monter ladite tente pour la première fois, monter ladite tente sous la pluie et dans le froid, se prendre un pigeon dans le capot et se demander si la voiture va exploser au vu de la fumée qui sort du dashboard, se perdre dans le bush en pleine nuit, rouler pendant des heures pour trouver un coin camping près d’Adelaide, faire rentrer le sac de couchage dans son sac le dernier jour, et après nous avoir quitté Van qui perd ses bagages et son passeport à l’arrivée à Cairns… !
Galerie photo : Adelaide




























Nous continuons lentement la route vers le sud, il n’y a pas encore de travail saisonnier dans la région… qu’à celà ne tienne, vos posts sur les parks comme le Mungo nous font tellement saliver que arrivés à Sydney nous prendrons la route vers la frontière ouest du NSW. Et en octobre… normalement il y aura du travail dans ce coin là. Finalement on va vous rattraper ? :-)
Si vous cheminez jusqu’à Adelaide d’ici octobre/novembre/décembre, ce sera avec plaisir que nous pourrons aller prendre un pot… et partager du fromage français en terre australe !