Le retour à Berri, sur les rives de la Murray, ne se fait pas sous les meilleurs auspices : premier soir, à peine arrivées, nous voici à la recherche d’un petit coin camping tranquille au bord du fleuve, non loin de la ville. Oui mais… ces derniers jours ont apporté de la pluie, qui a rendu la route de terre que nous empruntons excessivement glissante. Bientôt, ce qui devait arriver arriva : Emilie perd le contrôle de la voiture, qui part en queue de poisson. Heureusement, la prudence de la conductrice était synonyme d’une vitesse réduite, et il n’y a réellement ni peur ni mal. En revanche, bien qu’on décide de faire demi-tour plutôt que de persévérer, nous avons perdu tout notre élan, et la voiture s’embourbe. Malgré tout, le bourbier est loin d’être aussi sévère que celui que nous avons déjà affronté sur Kangaroo Island, et je me lance avec optimisme dans une grande opération de sauvetage : voilà revenue l’heure de jouer dans la boue ! Maculée des pieds à la tête, j’enfonce de gros cailloux derrière nos roues motrices, à l’arrière, pour leur donner de quoi adhérer. Je creuse un peu pour en partie les dégager de leur gangue de boue, et puis, surtout, je pousse. Emilie, quant à elle, tient le volant et appuie sec sur le champignon : les pneus crissent et patinent, mais peu à peu, on voit du progrès. Finalement, dans un dernier grand effort, la voiture s’échappe et roule les quelques mètres qui la ramènent à la sécurité d’une portion de route ferme. Ma dulcinée sort de notre preux véhicule en hurlant, on se saute dans les bras, on hip-hip-hip HOURRAH, et on s’installe au bord de l’eau juste à côté. Nos bières, encore fraîches, ne nous ont jamais paru meilleures…
Après ce début mouvementé, notre semaine à Berri s’écoule sans remous. Dès le lendemain, nous découvrons un coin camping plus agréable à Martins Bend, sur une autre partie du fleuve. Il est légal et gratuit de camper là, un fait suffisamment rare pour être signalé, et plusieurs voyageurs tirent parti de ce pain béni. On profite de cette nouvelle maison pour faire quelques balades au fil de l’eau, et observer nos amis les oiseaux : yellow rosellas, red-rumped parrots, white-plumed honeyeaters, hirondelles, pélicans, mouettes et oiseaux de proie sont quelques-uns des habitants aériens du coin. Le soir, cette joyeuse équipe est remplacée par d’autres créatures : c’est la Possum Attack ! En préparant le dîner, quelle n’est pas notre surprise de voir un possum sortir des ombres pour venir droit vers nous. En plus, on a de la chance : c’est une maman avec son petit sur le dos ! Tous deux sont adorables, mais il nous faut bien sûr les tenir à distance de notre dîner… cela ne m’empêchera pas, après le dessert, de me retourner pour trouver maman possum le nez dans la poêle que j’avais mis à tremper…
Au matin, un réveil à l’aube est joliment récompensé : des nuages orangés se reflètent sur la surface lisse du fleuve. On profite également de cette semaine de sédentarité pour s’offrir des petits luxes : aujourd’hui, il y a du yaourt et des fraises à ajouter dans le muesli ! Quant au reste de nos journées, il se passe tout bonnement à la bibliothèque, où je peux travailler sur les photos et les récits du blog tandis qu’Emilie, en bonne cinéphile, se fait une cure de DVD.
Elle est douce, la vie à Berri…
Galerie photo : Berri
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !
L’embourbement semble être votre spécialité
! Chacun son domaine, moi je préfère le sable
.
Iiiiiiiiiiiiiiiiiih ils sont cro mignons!
*prend ses cachets*