Il s’agit d’un festival du cirque qui se tient annuellement en alternance entre le Queensland et Golconda, un petit coin de bush à une heure de route de Launceston. C’est Yvonne qui nous a mis sur le coup : elle assiste toujours au festival lorsqu’il se déroule en Tasmanie, et cette année on va lui tenir compagnie. Circusfest est un événement à petite échelle : les places sont limitées à 3000 billets, qui partent comme des petits pains.
Le festival dure pas moins de 3 jours, et la plupart des spectacteurs choisissent de camper sur place pour assister à la totalité des performances. La première partie de notre groupe, composée de Tegan (la fille d’Yvonne), son amie Chantelle et Mei prend possession des lieux durant l’après-midi et se charge de monter le camp : il y a des tentes à planter et des matelas à air à gonfler ! Le reste, c’est-à-dire Yvonne, Emilie et moi, arrive comme des fleurs après la tombée de la nuit, et n’a pas à lever le petit doigt. Quelle honte, vraiment ! Dans l’obscurité nocturne brillent des milliers d’étoiles, et il fait bien frisquet maintenant que le soleil est parti se cacher de l’autre côté de la terre… chacun se réfugie dans sa tente et sous ses couvertures, et notre première nuit de camping en Tasmanie est humide : des gouttes de pluie et de rosée s’infiltrent à nos pieds. Et pour cause : dans le noir, on a raté une fermeture éclair, l’une des épaisseurs de toile est restée ouverte. Au matin, le temps est maussade : l’air est gris, de légères averses ramollissent le sol par intermittence. Du fait des conditions, c’est un peu un faux départ pour le festival dont la majorité des ateliers et spectacles se passent en plein air… et nous, on commence à se demander ce qu’on fait là !
Nous avions tort de douter. En début d’après-midi, ça y est : le spectacle commence ! Bruno, l’un des artistes du cirque, fait tournoyer bols et assiettes, les envoie haut dans les air du bout des pieds pour mieux les rattraper sur sa tête sous les exclamations d’une foule bienveillante. La plupart des gens ici ont un air de hippie : des visages gentils, des sourires naturels et des vêtements relax. On se prend au jeu, et le festival fait boule de neige avec une succession de performances toujours plus drôles et extraordinaires : ça jongle, ça fait des culbutes et des acrobaties, du hulla-hoop et de la musique live qui dépote ; des épées sont avalées, des fourchettes se voient pliées par la force de l’esprit, les pensées des spectateurs n’ont plus de secret pour les télépathes ; des enfants s’essaient au monocycle, des adultes au trapèze, puis tout le monde se rassemble pour prendre part à l’atelier du rire et s’esclaffer ensemble comme des fous. La nuit, le son des banjos emplit la tente-bar et fait vibrer la foule, et dans la clairière une douzaine de tourneurs de feu éclairent l’obscurité de tourbillons de flamme.
Au matin du dernier jour, on démonte notre petit camp : Yvonne doit s’en aller avant la fin du festival, obligation du travail oblige, et le reste de l’équipe s’en va avec elle. Nous, on décide de rester jusqu’au soir pour en profiter au maximum : parmi tous ces hippies, on trouvera bien quelqu’un pour nous ramener après tout ! Une nouvelle journée de joie et de folie nous attend, et durant l’ultime spectacle les artistes pètent les boulons et laissent leurs enfants envahir la scène : bébés et bouts de chou hauts comme trois pommes se baladent dans le désordre et la bonne humeur la plus contagieuse. Le futur du cirque est assuré.
Comme prévu, on trouve sans problèmes un type sympathique pour nous ramener jusqu’à Launceston. On se fait déposer au pub où Yvonne travaille en tant que cuisinière, et elle nous accueille avec une bonne pizza aux frais de la princesse.
Au festival, un mec nous a raconté qu’un autre événement du même style se tenait chaque janvier à Christchurch, en Nouvelle-Zélande : The World Buskers Festival.
L’année prochaine, comptez sur nous.
Galerie photo : Circusfest




























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