// Freycinet National Park

Australie

Freycinet National Park

Saddle Seat On se réveille par un beau matin au bord de l’eau à Bicheno, un village de pêcheurs également célèbre pour ses pingouins (manque de bol, on en a pas vu). Aujourd’hui, c’est une grosse étape qui nous attend : le Freycinet National Park, le plus célèbre de tous les parcs de la côte est. En fait, c’est simple, si vous ouvrez un jour un livre de photographie sur la Tasmanie, il y a deux choses que vous ne pouvez pas manquer : Cradle Mountain, dans le parc national du même nom (au nord-ouest de l’île), et la vue sur Wineglass Bay… qui se trouve dans le Freycinet NP. Ce sont les images les plus icôniques et médiatisées de l’état.

Le temps est aux nuages « atmosphèriques » quand nous débarquons à Cape Tourville, notre premier arrêt au sein du parc. La petite promenade au sommet des falaises est une succession de points de vue : une côte déserte et escarpée s’étend en contre-bas, tout de brume et de roche rouge, et il est aisé de se laisser aller à la rêverie en s’imaginant être le premier colon à découvrir cette vue d’un nouveau monde…

Nos pas nous emmènent ensuite à la base de ces falaises, vers Sleepy Bay. Dans les vagues grises de l’océan, un groupe de dauphins fend les flots. Au bout du chemin nous attend une petite plage de galets bordée de roche rouge : d’énormes boulets de pierre s’y dressent, creusés et évidés par l’érosion. Craig grimpe dans l’un d’eux et en fait une chambre de méditation improvisée tandis qu’on s’asseoit sur la plage en compagnie des mouettes.

101C_Hollow_Rock.jpg La relaxation, c’est fini : il est temps d’attaquer le plat de résistance de notre journée de randonnée ! On se gare sur le parking principal, où quelques kangourous quémandent de la nourriture aux touristes. Malgré les panneaux « don’t feed the wildlife » (ne nourrissez pas les animaux sauvages), certains leur donnent des bouts de pain ou autres bricoles. Une très mauvaise idée pour deux raisons : premièrement, parce que ce sont des animaux sauvages qui doivent le rester en se procurant eux-mêmes leur propre nourriture, et non en devenant dépendants des visiteurs humains. Qui plus est, cette dépendance les encourage à s’aventurer sur les routes et parkings où ils peuvent aisément se faire taper par une voiture… Et deuxièmement, parce que l’estomac d’un kangourou n’est pas fait comme le nôtre et a donc du mal à digérer bien des choses : trop de « malbouffe » peut leur causer de graves problèmes rénaux plus tard, ce qui peut leur être fatal. Donc : ne nourrissez pas les animaux, didiou !

Revenons-en à notre marche : on débute par l’ascencion jusqu’au point de vue donnant sur Wineglass Bay (le fameaux, l’inévitable, l’incontournable), c’est-à-dire 600 marches à grimper gaiement. Ca fait peur dit comme ça, mais finalement ce n’est pas si long, même si ça nous met à bout de souffle ! Près du sommet, on découvre la touche bénie : un banc designé par des étudiants en architecture a été installé là. Le « Saddle Seat », c’est son nom, tombe à point nommé et on s’étale dedans avec les plus grands soupirs de contentement. On se rappelle tout de même que ce n’est pas pour lui qu’on est venus jusque là, et on s’arrache à son confort pour terminer le sentier : à nous le point de vue !

A la plate-forme du point de vue, plusieurs personnes sont déjà agglutinées : le défaut des parcs un peu trop connus. Il y a du monde mais ce n’est pas la foule non plus, et cela ne nous empêche donc pas d’apprécier le paysage à sa juste valeur : sous nos pieds, les falaises descendent jusqu’à une baie grâcieusement incurvée sur les flots. Sa forme parfaite lui a valu le nom de « verre de vin », mais elle m’évoque surtout un croissant de lune… malgré le manque de luminosité dû au barrage des nuages, on devine sans peine que par un jour ensoleillé, l’eau serait turquoise. Une fois les yeux rassasiés de la vue, on se retourne pour en découvrir une autre : derrière nous, un amoncellement de roche rouge. On dirait des pièces de puzzle pour géant…

Wineglass Bay

On a tôt fait de descendre jusqu’à Wineglass Bay, et on se pose sur la plage pour pique-niquer. Dans les fourrés qui bordent le sable, un pademelon guette. Il s’agit d’un cousin du kangourou : il ressemble à ce dernier comme deux gouttes d’eau, mais en version miniature.

La suite de la randonnée nous amène à traverser un isthme boisé pour nous rendre de l’autre côté, à Hazards Beach. De là, ne nous reste plus qu’à longer la côte pour revenir au parking… le retour n’en finit pas : on se sent quand même pas mal fatigués déjà, et un peu déprimés par notre environnement. Dans cette partie du parc, on trouve en effet pas mal de bosquets d’arbres morts, gris et desséchés, victimes d’un parasite du nom de « rot root » (littéralement, la racine pourriture). Malgré tout, il reste encore des étendues épargnées pour nous remonter le moral, et quelques vues agréables sur Coles Bay.

C’est maintenant la fin d’après-midi, et on a passé notre journée à marcher. Vidés de toute énergie, on conduit jusqu’à Friendly Beaches, un coin camping vers l’entrée du parc. On fait la cuisine, partagés entre la léthargie la plus totale et des estomacs affamés qui nous font saliver d’avance ! Attiré par les bonnes odeurs de notre ragoût orange (carotte et patate douce), un wallabi s’approche du bus et renifle avec attention avant de repartir bredouille.

Avec les dernières onces d’énergie qui nous restent après manger, on plante la tente. Ce soir, on ronfle avec les wallabis !

Galerie photo Galerie photo : Freycinet National Park

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