Encore une fois, nous arrivons en fin d’après-midi. La lumière rouge du coucher de soleil se fond lentement dans la lueur pourpre d’un crépuscule à rallonge, et des émeus envahissent les routes en se dandinant. Le long des bas-côtés, les silhouettes en alerte de kangourous aux oreilles redressées montent la garde. On se pose sur l’aire de camping du Lake Mournpall : monter la tente, ranger la voiture, allumer un petit feu de bois et faire la cuisine. Nos côtelettes d’agneau cuisent vite à la chaleur des flammes qui viennent lècher notre poêle… un lit de riz aux poivrons rouges, quelques oignons balancés dans les braises, un thé et des marshmallows grillés en dessert. Ce soir, nous sommes des rois !
Le lendemain, on se réveille à l’aube pour contempler un nouveau lever de soleil. De petits oiseaux volètent parmi les roseaux fichés dans l’eau couleur de perle, à laquelle le soleil donne de pâles reflets de rose et d’orange. Quelques canards glissent sur l’onde, l’instant est à la tranquillité. Bientôt, le charme de l’aube est rompu, et une lumière plus vive s’empare de la forêt. Des galahs bavards et voltigeurs slaloment entre les arbres dans un éclat de rose et d’argent tandis que nous prenons notre petit-déjeuner, et des magpies nous font la sérénade.
On se met en chemin pour attaquer notre balade du jour : un circuit de 9 bornes qui serpente parmi les alentours du lac et traverse les différents types d’habitats qui le composent (bois de blackbox et d’eucalyptus, dunes et porcupine grass de la mallee, etc). Le temps est passé au gris, et un voile de nuages poursuit nos pas parfois pressés par quelques averses. Le manque de lumière entrave mon appréciation du parc, et il parait difficile de réellement s’absorber dans l’environnement qui nous entoure. Nous sommes bientôt de retour au camp. Deux galahs s’amusent et battent des ailes sur une branche au-dessus de nos têtes, des mallee ringnecks s’échappent rapidement d’un arbre à l’autre et des pies observent nos faits et gestes paresseux.
En milieu/fin d’après-midi, une éclaircie nous encourage à repartir en balade tandis que Van choisit de rester au camp pour s’occuper du feu. Cette fois, le soleil rend justice au paysage en embrasant l’orange du sable qui contraste vivement au bleu pur du ciel. Les tiges et les extrêmités des brins de porcupine grass luisent d’or et d’argent et tanguent doucement dans la brise. Nos pas nous entraînent au hasard des dunes, puis on suit un moment une série d’empreintes de kangourou… et on le voit détaler au loin. On pénètre dans la forêt et on joue à cache-cache avec les habitants des lieux : l’ombre fantômatique d’un émeu au cou allongé court à travers les bois et disparaît sans bruit. Au fil de notre exploration, on tombe sur un sentier menant à un point de vue. 7 km pour faire l’aller-retour… pourquoi pas ? On marche d’un bon pas pour faire la course contre le soleil, tout en appréciant la vue de la mallee baignée de lumière chaude. Au bout du chemin, une petite tour nous fait prendre un peu de hauteur pour contempler le parc… d’en haut, il semble uniforme et homogène. La toison de feuilles-parasol de la mallee dissimule la vraie beauté de l’endroit et dément sa multitude de détails.
Le soleil descend sur l’horizon, nous n’avons pas le temps de nous attarder davantage. Sur le chemin du retour, on croise un kangourou dont le pelage brun foncé contraste avec la fourrure blanche de son ventre. Vers la fin du trajet, on assiste à un somptueux lever de lune, un orbe plein et brillant dans le ciel rose et bleu du crépuscule, encadré par les silhouettes des feuilles d’eucalyptus. On arrive finalement au camp crevées, affamées et satisfaites. Van n’a pas failli à sa réputation : la tête qui se balance au rythme de la musique de son lecteur mp3, il attise tranquillement son feu. L’étrange silhouette d’un pélican en vol glisse au-dessus de nos têtes. Ne reste plus qu’à dîner et dormir…
Le lendemain, on prend notre dernier repas dans le parc : un ptit déj ensoleillé bercé par le chant de nos amies les magpies. Il est temps de partir ! Une route de terre orange traverse des plaines tantôt boisées, tantôt dégagées. Quelques perroquets s’activent de ci de là, et de nombreux groupes d’émeus s’éloignent à notre approche. Notre visite du nord-ouest du Victoria touche à sa fin…
Galerie photo : Hattah-Kulkyne National Park
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !