Rasma était une des employées de l’hôtel Marylands Country House, où j’ai travaillé d’avril à juin 2008. Cet hôtel fait partie des nombreux bâtiments réduits à néant par les incendies de février 2009. Rasma, quant à elle, est l’une des rares habitants de la ville qui est parvenu à sauver sa maison des flammes. Elle raconte ici quelques éléments de sa vie dans une Marysville sinistrée.
Ma charmante petite bourgade est devenue un village empreint de désolation. Nous ne sommes plus qu’une poignée d’habitants ici, puisqu’il ne reste plus que 14 maisons intactes dans tout Marysville. Les recherches entreprises pour retrouver toutes les personnes portées disparues se sont achevées la semaine dernière à peine, et les résidents exilés ont alors eu le droit de revenir pour le week-end, afin d’examiner leurs propriétés et d’y récupérer ce qu’ils peuvent.
Quand on traverse la ville, on a l’impression qu’une bombe a explosé. Nous n’avons pas le droit de nous balader librement, en partie parce que la ville est toujours considérée comme un lieu criminel, et en partie parce qu’il est dangereux de le faire. Beaucoup d’arbres ont dû être abattus, mais heureusement tous les chênes de la rue principale ont survécu. Quand je prends la voiture pour aller faire mes courses à l’extérieur de la ville, je vois déjà des signes de régénération. Les champs aux abords de Buxton Road ne sont plus noirs : nous avons eu de bonnes pluies, et cela les a reverdi. A travers le Black Spur, de nouvelles feuilles s’élancent de la cîme de fougères arborescentes aux troncs calcinés. En face de chez moi, la forêt semble plus lente à se remettre. Je n’y ai pas vu la moindre trace de verdure. Certains des arbres de notre arrière-cours arborent de nouvelles pousses, comme si c’était le printemps. Je les regarde en me disant « dis donc, c’est l’automne là, tu devrais être en train de perdre tes feuilles ! »
Durant les jours qui ont suivi l’incendie, nous avons eu quelques visites surprise. Une chauve-souris est entrée dans la cuisine. Le lendemain, une dizaine de vaches se sont aventurées dans notre jardin. Quand j’arrosais mes fougères, un petit mammifère de la taille d’un rat (je n’ai pas réussi à l’identifier) a pointé le bout de son nez. Et un petit serpent est venu s’enrouler autour d’une autre fougère. Sans doute un bébé tiger snake. Il est bon de voir qu’ils se sentent suffisamment en sécurité chez nous pour venir y trouver refuge.
Des King Parrots et quelques Crimson Rosellas viennent se nourrir à ma mangeoire. Il y a toujours des cacatoès, mais les galahs ont disparu. J’entends des kookaburras de temps en temps. On dirait qu’il y a davantage de petits oiseaux, comme des wrens, des thornbills ou des fantails.
Les quelques photos ci-jointes ont été prises aux abords de la maison : on y voit l’incendie, et ce qu’il reste de notre cabane à outils et notre raintank.













Félicitation à Rasma d’être aussi positive après les tragiques incendies (ce qui ne doit pas être aisé!).