En février dernier, le Victoria a subi de terribles incendies qui ont laissé derrière eux une dévastation sans précédent. Rasma, notre ancienne collègue de travail habitant en plein coeur de la région affectée, a déjà écrit ici sur sa vie à Marysville après l’incendie. Cinq mois après la catastrophe, voici un nouveau petit billet de nouvelles de là-bas.
Mon fils et sa femme (note : dont la maison a été détruite par les flammes) se sont installés dans un “chalet” au village provisoire : il s’agit d’un site en face du terrain de golf où tous ceux qui ont perdu leur maison dans l’incendie peuvent venir s’inscrire pour bénéficier d’une habitation temporaire. Celles-ci ressemblent un peu aux cabines d’un terrain de camping, mais en plus grand, avec une cuisine, un salon, deux chambres et une salle de bain. Un grand terrain de jeu a été mis en place pour les enfants. Les chiens, en revanche, doivent être gardés à l’intérieur puisqu’il n’y a pas de clôtures. On espère pouvoir entamer la reconstruction de leur véritable maison d’ici quelques semaines.
Quant à la ville, elle ne sera plus jamais la même. On a presque fini de nettoyer les débris. La reconstruction en elle-même va prendre du temps, entre autres du fait des nouveaux standards du bâtiment qui demeurent encore à être établis : différents groupes et comités ont tous différentes idées sur le sujet. Ca me rend triste de penser que l’incendie a détruit l’histoire, l’héritage de Marysville. Marylands (note de Toothbrush : l’hôtel où Rasma, Emilie et moi travaillions à l’époque) ne sera pas reconstruit. Les boutiques à l’arrière de la boulangerie ont encaissé pas mal de dégâts, mais devraient pouvoir être réparées. En attendant, ils ont dressé un grand chapiteau là où se trouvait auparavant l’hôtel Cumberland, et ils y servent snacks et cafés. Ca soulage le personnel de la boulangerie : c’en était arrivé à un point où il fallait faire la queue pendant plus d’une demi-heure pour être servi. L’autre côté de la rue a été totalement réduit à néant. Pas un seul bâtiment n’a survécu. Tout ce qu’il reste, c’est la petite clôture du magasin de bonbons. Les chênes nous donnent un sentiment de normalité dans tout ça, mais on est aussi inquiets de leur survie. A voir.
On attend la renconstruction de la clôture à l’arrière de notre maison. Nous avons maintenant une nouvelle cabane à outils et un nouveau raintank (note : les anciens ayant fondu dans l’incendie), et on a commencé à re-planter l’arrière-cours. Dans tout ça, il y a maintenant toute une armada de souris à la recherche d’une maison, et la nôtre leur parait très accueillante. Il faut dire qu’elles n’ont pas beaucoup de choix ! Durant les deux dernières semaines, j’ai dû en attraper une bonne vingtaine (je ne compte plus). Heureusement pour elles, je suis incapable de les tuer, je me contente de les relâcher à l’écart. Si ça se trouve elles me suivent sur le chemin du retour ensuite !
La forêt a revêti une drôle d’apparence. De nouvelles feuilles bien vertes courent tout le long des troncs d’arbres carbonisés, de loin on dirant de la fourrure ! Les fougères du sous-bois repoussent et recouvrent le sol. Et les fougères arborescentes ont de nouvelles feuilles. J’ai hâte de voir ce qu’il va se passer au printemps. Nos arbres semblent un peu perdus. Nous avons un grand érable japonais qui a été en partie brûlé par la chaleur qui se dégageait des flammes. Durant les jours qui ont suivi l’incendie, les feuilles brûlées sont tombées et ont été remplacées par de jeunes pousses. Puis, durant l’automne, la moitié de l’arbre toujours couverte des feuilles ayant survécu à l’incendie a changé de couleur et s’est déplumé comme il se doit ; tandis que sur l’autre moitié les nouvelles pousses sont restées telles quelles. Maintenant elles ont décidé à leur tour de tomber comme des feuilles d’automne normales, sauf que c’est l’hiver !
Galerie photo : Marysville




























Terrible cet article… C’est désolant de voir les ravages que peuvent faire ces feux de fôret. Question bête peut-être mais on sait si ces feux étaient entièrement d’origine “naturelle” ou si quelques foyers étaient d’origine criminelle?
J’espère que les gens de la régions sont aidés par des bénévoles pour essayer de revenir à une vie plus conventionnelle
Malheureusement, il semble qu’en l’occurence le départ de feu était bien d’origine criminelle, le pyromane ayant cependant tiré parti des conditions naturelles qui étaient excessivement favorables à l’incendie à cette période (très hautes températures, avec des pics à 40°). Voir cet article sur The Age : Police closing in on Marysville bushfire arsonist.
Bien sûr, la solidarité a été très forte à la suite des incendies a priori – beaucoup de dons, de volontariat, des aides de la part du gouvernement, etc.
Pour rappel, tous les articles sur le sujet des incendies sont consultables sur cette page de The Age : Victoria Bushfires, Our Darkest Day.