C’est grâce à Twitter que j’ai pour la première fois repéré iclo : ce jeune français actuellement en cours de Working Holiday en Australie s’est donné une mission un peu particulière pour pimenter son voyage. Chaque jour, pendant un an, il va poster une photo de son périple sur son blog, iPhoneographie Oz. La particularité de ces photos ? Comme le nom du blog l’indique, elles ne sont prises qu’avec un iPhone et Instagram ! Interview.
Pourrais-tu te présenter brièvement ?
D’après mon profil Twitter je suis un adepte de la casual attitude, nouvellement blogueur et DJ ; depuis toujours Français, sportif et voyageur. Ça c’est pour le côté bref.
Je pourrais ajouter que je suis aussi diplômé de l’ESC Montpellier et titulaire d’un MBA de l’Université Laval (Canada). Professionnellement, je suis un homme de marketing ayant fait mes preuves dans les domaines du sport, du cinéma et de la télévision.
Sans vraiment m’en rendre compte, le sport et les voyages sont devenus une passion, une drogue. Je voyage depuis ma naissance car j’ai la chance d’avoir des parents (et maintenant une sœur) travaillant pour Air France. J’ai pu visiter une vingtaine de pays à travers le monde. J’ai habité en Angleterre, au Canada et en Inde. Et me voilà en Australie !
Qu’est-ce qui t’a fait décider de partir en Australie ?
J’habitais au Québec depuis 2002. J’y ai terminé mes études et commencé ma carrière en marketing. Tout allait plutôt bien. Je commençais à me bâtir une vie stable. Et puis est arrivé le printemps 2011 et cette lettre d’Immigration Canada qui me demandait de quitter le territoire immédiatement. Mon crime ? Voler le travail d’un Canadien alors que j’ai toujours été en règle avec l’administration. Le comble c’est que j’étais en passe de devenir résident permanent !
Je suis alors rentré en France pour me remettre en jambes avec l’intention de revenir à Montréal, une fois que toute cette mascarade administrative soit réglée. Le fait que mon employeur de l’époque fasse preuve de compréhension à mon égard m’a conforté dans mon choix. À quelques semaines de mon retour, les vestes se sont retournées et ce même employeur m’a offert de me réintégrer dans des conditions inacceptables. C’était la goutte de trop à l’égard du Québec ! Ce n’est pas pour autant que j’avais nécessairement envie de m’établir en France. C’est alors que je me suis rappelé de l’existence du PVT (note : programme vacances-travail, plus connu sous le nom de WHV ou Working Holiday Visa). J’ai toujours voulu visiter l’Australie, sans jamais vraiment forcer les choses. Je venais tout juste d’avoir 30 ans. C’était donc l’occasion ou jamais. Je n’ai pas hésité très longtemps lorsque je me suis rendu compte à quel point le PVT était facile à obtenir. Je ne me suis pas trompé. Deux jours après en avoir fait la demande, et sans jamais avoir mis un pied en Australie, j’obtenais le précieux sésame. Aujourd’hui, me voilà donc résident permanent du Canada en Australie !
Quel itinéraire suis-tu là-bas ?
Dès que j’ai eu la confirmation de mon PVT, une amie m’a offert le Lonely Planet dédié à l’Australie. Ce n’est pas compliqué, je voulais voir tout ce que je lisais ! Je me suis dit qu’un an était une période raisonnable pour y arriver. Je suis parti de la Sunshine Coast au nord de Brisbane. Je suis descendu le long de la côte est jusqu’en Tasmanie où je me trouve en ce moment. L’avantage de voyager sur une si longue période, une première pour moi, est d’avoir le luxe de ne pas planifier trop longtemps à l’avance. Je navigue à vue si on peut dire. Si un endroit me plait, je reste et je prends le temps de l’apprécier. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé il y a quelques jours lorsque j’ai décidé de prolonger d’une semaine mon séjour en Tasmanie. C’est une destination de rêve ! Pourquoi on n’en parle que brièvement dans les guides ?
D’où t’est venue l’idée du blog iPhoneographie Oz ? Pourquoi avoir choisi un iPhone comme appareil photo ?
Avant mon départ, je cherchais un moyen de rester en contact avec mes proches. Je n’avais pas spécialement envie de passer mes journées à télécharger des photos sur Facebook ni à me lancer dans la publication d’un blog traditionnel dont la seule lectrice assidue aurait été ma mère. Et encore ! Je voulais aussi garder un souvenir original de mon aventure. L’idée de publier une photo par jour accompagnée d’une courte description m’a rapidement semblé être un bon compromis. Les gens qui s’intéressent à mon voyage peuvent me suivre au quotidien sans que ça n’occupe trop de mon temps. Mon public s’est élargi aux voyageurs, aux amateurs de photos et… aux Australiens qui découvrent des endroits qui leur étaient inconnus ! Je suis content du résultat même si j’aimerais qu’il y ait plus d’interaction avec mes lecteurs. J’y travaille !
Les téléphones cellulaires sont des outils incroyables. Je ne peux plus me passer de mon iPhone. Ironiquement, je ne m’en sers que très peu en tant que téléphone. Je n’ai jamais prétendu être un photographe mais comme je l’explique dans cet article que j’ai écrit pour Gecko’s Adventures (en anglais seulement), voyager avec un tel appareil permet de faire des photos de qualité sans s’encombrer. Et pour moi c’est un critère primordial lorsque je voyage (ai-je détesté partir de Montréal avec environ 100kg de bagages ?). Bienvenue dans le monde de l’iPhoneographie !
Poster une photo par jour, c’est un sacré challenge. Rencontres-tu des difficultés créatives ou techniques pour le remplir ?
Une photo par jour, ce n’est rien quand je vois la quantité d’information que j’étais capable de publier au quotidien sur les médias sociaux dans mon ancienne vie.
C’est du moins ce que je me disais avant que ne débute cette aventure. Parce qu’effectivement c’est un sacré challenge ! La principale difficulté à laquelle je n’avais pas pensé est l’accès à internet. Un voyage en Australie est un voyage au plus près de la nature et des valeurs humaines les plus basiques. Et dans ce monde là, le wifi est une denrée rare. Il faut donc apprendre à optimiser son temps sur internet tout en maintenant la cadence d’une publication par jour.
La créativité est aussi mise à rude épreuve. Les paysages sont magnifiques. Mais une plage est une plage et il y en a beaucoup en Australie ! À plusieurs reprises je me suis dit que j’allais finir par lasser mes lecteurs avec des photos similaires. Plutôt que de laisser tomber, j’ai pris ça comme une opportunité d’être plus attentif à ce qui m’entoure et prêter une attention particulière aux détails.
Finalement, je dois avouer que la principale difficulté est la tentation de se laisser embarquer dans un faux rythme. Lorsque tu voyages, tu n’as pas cette pression d’arriver à l’heure au bureau. Il faut donc savoir faire la différence entre prendre le temps de vivre tout en sachant où tu vas et devenir une vraie feignasse qui se laisse aller. En ce sens, la tenue d’un blog faisant la promesse à ces lecteurs d’une publication par jour est un excellent moyen de rester concentré sur un objectif.
Pour prendre et retoucher tes photos, tu utilises Instagram. Cette application répond-elle à toutes tes attentes, ou te sens-tu parfois limité ?
J’adore Instagram. Simple, rapide, efficace et taillé sur mesure pour le style de photos que j’ai choisi de publier. Et puis, je vais te dire un secret : je suis daltonien ! Alors même si j’ai parfois besoin d’un œil extérieur pour approuver ma sélection, une chose est sûre :
je n’ai pas le temps d’aller jouer avec les logiciels traditionnels qui sont bien trop compliqués pour moi. Et puis Instagram est un réseau social à part entière. Grâce à l’utilisation des hashtags, je suis en mesure d’interagir avec des gens qui ne sont pas forcément intéressés par l’ensemble de mon projet mais qui vont tilter sur une photo en particulier. Comme par exemple lorsqu’un utilisateur a commenté la photo de ce vieux cinéma en me disant que sa mère y travaillait dans les années 50. Ce n’est pas grand chose, mais si j’ai pu faire remonter en elle certains souvenirs affectifs, je sais que je suis dans la bonne direction. C’est motivant !
Mon seul problème avec Instagram (que je résoudrai un jour !) : comment se fait-il que la plupart des photos populaires sont absolument insignifiantes !?
Quelles sont les photos dont tu es le plus satisfait, et celles qui t’ont déçu ?
C’est une question difficile dans la mesure où dans 95% des cas, je suis satisfait des photos publiées. Les 5% restants sont des sujets que je tiens absolument à partager mais dont je n’ai pas forcément de “bonne” photo. Je suis d’ailleurs souvent surpris par ces photos qui recueillent souvent plus de “like” sur Instagram que celles que je considère comme étant satisfaisantes.
Mes plus belles photos sont généralement des phénomènes naturels, comme les couchers de soleil ou dernièrement la photo d’un parfait double arc-en-ciel en Tasmanie. Mais une fois encore je veux éviter de tomber dans les clichés et lasser mes lecteurs. Le plus décevant avec un iPhone ce sont les photos dont le sujet est éloigné ou celles de nuit. Même en soirée, une fois qu’il n’y a plus de soleil, ça devient vite très fade et granuleux.
Que retires-tu de ton expérience d’”iphoneographeur” ?
Je suis absolument enchanté par cette expérience. L’iPhoneographie, au même titre que la photographie j’imagine, te force à ouvrir les yeux, à être attentif au monde qui t’entoure. Ça va sonner comme du déjà vu, mais souvent, le bon sujet se trouve là où on ne l’attend pas. Alors je ne me sépare plus jamais de mon téléphone. Même sous l’eau, depuis qu’Aquabox m’a offert un de leur produits ! Avec l’expérience j’apprends aussi à être un peu moins exigeant avec moi-même. J’apprends à montrer ce que je vois plutôt que de chercher à publier la photo parfaite.
Quels sont tes projets pour la suite ?
Je veux bien entendu mener iPhoneographie Oz à terme. Depuis quelques temps, on m’approche pour écrire des articles, ce qui est relativement commun dans le monde des blogueurs. On me parle aussi de la publication d’un livre ou d’une exposition photo.
Pourquoi pas ? Je prends vite goût à ce mode de vie. Et un autre long voyage dans les années à venir n’est pas impossible. En 2014, ce sera la coupe du monde de football au Brésil. J’ai toujours voulu visiter ce pays.
Sinon l’an dernier j’ai couru et terminé mon premier marathon à Montréal, le jour de mes 30 ans. Cette année, et c’est un scoop pour Toothbrush Nomads, je vais courir le marathon de Sydney. Ma préparation devrait débuter dans les prochains jours et pourrait faire l’objet d’un nouveau blog.
Finalement, avant mon départ pour l’Australie, j’ai suivi une formation intensive en France auprès de DJ Network pour apprendre le métier de DJ. J’ai adoré et j’ai envie de poursuivre dans cette voie. Là encore ça pourrait faire l’objet d’un blog. À suivre…
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !
Pour un iphone, ce sont de jolies photos, par contre on voit très vite les limitations de l’appareil, ce serait dommage que ça en encourage certains à croire qu’un iphone suffit, m’enfin il le dit lui même : c’est très bruité dès qu’il n’a pas un grand soleil, il y a même de gros aplats de pixels (le double arc-en-ciel), il n’y a pas de stabilisateur optique. Là il montre qu’il a un œil de photographe, et qu’il sait cadrer, mais concrètement on se dit “dommage il ferait nettement mieux avec du vrai matos”, voire même avec un autre photophone qu’un iphone, qui est dépassé en qualité photo par les Nokia, HTC ou Samsung.
Sinon le “pourquoi on en parle que brièvement dans les guides ?” pour la Tasmanie j’approuve, mais il faut se rendre compte que les Lonely Planet, Rough Guide et autres DK ne sont pas de bons guides, et ne sont pas réalistes. Écarter des perles comme la Tasmanie, c’est une erreur que les vrais guides non axés sur les trucs “touriste de bas étage” ne font pas. Malheureusement ce sont pas ceux qui se vendent le plus, et pour certains pays ils sont durs à trouver… Avec le temps finalement je fais ça en 2 étapes : d’abord acheter un “insight guides” qui contient l’histoire du pays, et une bonne intro à tout ce qu’il comporte d’intéressant, puis un livre orienté nature, parcs nationaux, animaux et/ou road trips, avec des cartes de chaque parc de préférence.
Personnellement je trouve l’utilisation de l’iPhone plutôt intéressante. Oui, un appareil photo dédié, a fortiori un réflex, serait à des années lumières en matière de qualité technique, et donc de possibilités accrues – ce n’est pas moi qui dirait le contraire ! Mais là où je trouve l’approche d’iclo excellente, c’est que même avec un simple téléphone aux capacités limitées, il peut produire des images engageantes, voire même frappantes, visuellement. Un outil assez simplet lui suffit à partager son regard sur le monde, ce qui est tout de même le coeur de l’activité photographique à mon sens. Cela contribue à envoyer le message qu’il n’y a justement pas besoin d’un APN dernier cri pour être bon photographe, avoir des choses à dire et établir un lien avec les lecteurs de tes images
Enfin, j’ajouterais que l’iPhone a un avantage indéniable sur un réflex sur un point : la transportabilité. Léger, compact, très facile d’utilisation, sans parler du fait que la plupart des gens ont toujours leur téléphone avec eux… pour moi cela signifie aussi l’opportunité de capturer des moments que tu raterais parfois avec un appareil + encombrant (je sais que personnellement je ne me donne pas toujours la peine d’amener tout mon barda pour une petite sortie dans le quartier, et dieu sait que j’ai plusieurs fois été frustrée de rater un moment parce que je n’avais pas eu le temps de changer d’objectif ou de règlages !).
On pourrait dire que je me fais un peu “l’avocat du diable” dans le sens où malgré tout ce que je dis, je ne suis pas prête de lâcher mon réflex
Et cela m’arrive souvent aussi de désespérer quand je vois des gens dans un endroit superbe, qui ne prenne qu’une petite photo avec leur téléphone avant de s’en aller (argh !). Contradictoire, moi ? Peut-être ! En tout cas, je reste fan d’iPhoneographie Oz, et je lui tire mon chapeau pour sa démarche bellement executée
Ah… Je rêverai d’avoir 10 kg de moins sur le dos en remplaçant reflex + ordinateur + trépied + accessoires divers par un iPhone.
Jusqu’au moment où tu regarderais la résolution de tes photos !