En novembre dernier, je vous présentais les oiseaux du jardin de notre petite maison d’Adelaïde : des perroquets et des cacatoès bien australiens qui égayaient notre quotidien de leurs plumes bigarrées. Eh bien, figurez-vous que dans mon jardin réunionnais, il y en a aussi, des habitants chatoyants !
Les oiseaux, en premier lieu, répondent présent : moineaux, tourterelles et martins offrent une avant-garde sobre, en livrée de brun et de noir. Mais avec eux vient également le cardinal à robe écalarte à la saison des amours, et le bulbul orphée à la joue tachée de rouge et la tête relevée d’une huppe effrontée.
A ces voltigeurs des airs s’ajoutent une sélection de lézards : chaque soir, le cri du margouillat (gecko des maisons) résonne à nos plafonds, et ils viennent avec gourmandise se régaler des papillons de nuit attirés aux lampes de la terrasse. La journée, ce sont des petits agames que l’on croise : modestes cousins des grands dragons australiens. Les réunionnais les appellent, à tort, “caméléons”.
Le vrai caméléon, lui, et le plus célèbre, c’est celui qu’on nomme l’endormi : une masse reptilienne vert vif à l’air balourd qui explore lentement l’épais feuillage des manguiers.
Comme tant d’autres choses, ces animaux forment le paysage de la Réunion, son folklore, ses symboles, son identité. Et pourtant, comme tant d’autres choses également, ils sont tous imports : ils nous viennent de l’Inde, de Madagascar ou parfois même d’Europe. Après deux ans passés en Australie, où une si vaste proportion de la faune est non seulement endémique mais également unique au monde, je ne peux m’empêcher de comparer. A la Réunion, on compte autant d’oiseaux endémiques que d’oiseaux introduits.
A quoi ressemblerait notre île si l’homme n’y avait mis le pied ? Les animaux ne sont qu’une partie des introductions exotiques pratiquées à grande échelle : alors que l’île compte 850 plantes indigènes, elle en dénombre plus de 2000 introduites d’ailleurs. Forêts de cryptomérias du Japon, goyaviers d’Amérique du Sud… la liste est longue.
A quoi ressemblerait l’Australie, si elle était aussi petite que mon île ?
Galerie photo : Île de la Réunion




























Déjà, si l’Australie était si petite, eh bien, elle ne compterait pas la même richesse, et les espèces endémiques seraient encore plus rare (et certainement encore plus en voie de disparition XD)
En tout cas, jolie la photo de l’endormi ! J’aurai bien voulu en voir un pareil lors de mon séjour, ça change du tout écrasé ;__;
Superbe la photo du caméléon, j’adore.