Les écolos

Au fur et à mesure de notre voyage, on voit lentement émerger un nouveau thème à nos pérégrinations, un aspect de plus en plus marquant : le souci de l’environnement. En effet, en vivant au quotidien en compagnie d’australiens qui se révèlent soit écolos soit vivent en milieu rural, on prend conscience de quelques petites choses qui contribuent à rentre notre vie plus eco-friendly.

Tout a commencé chez Bob, où pour la première fois nous avons vécu sous l’entière bénédiction des raintanks. Ces réservoirs en tôle qui recueillent l’eau de pluie sont un élément incontournable de toute bonne ferme australienne, et de plus en plus de maisons des villes s’en équipent également pour mieux faire face aux restrictions d’eau dues à la sécheresse. Le gouvernement encourage cette initiative en offrant une déduction d’impôts à ceux qui investissent dans l’achat et l’installation d’un raintank.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Simplement que chez Bob, l’eau de pluie était l’eau que l’on buvait, avec laquelle on cuisinait, on se douchait, on faisait notre vaisselle et notre lessive, bref : l’eau de pluie subvenait à tous nos besoins, sans rien coûter à la planète… ni à Bob ! Imaginez ne plus jamais avoir à payer vos factures à la CGE tout en sachant que vous faites une bonne action au niveau de l’environnement : plutôt pas mal comme concept, non ?

Chez Jacqui, notre initiation à l’éco-conscience continue. Premièrement, au niveau des poubelles : ici, rien n’est perdu ou presque. Carton, papier et plastique sont recyclés comme il se doit (ça, on connaît déjà), et nos restes de nourriture sont également mis à bon usage. Si le chat a droit aux bouts de viande ou de couenne, tous les autres déchets alimentaires naturels (épluchures, coquille d’œufs, restes de légumes) partent dans la « compost bin » : ce mélange a peut-être des allures peu ragoûtantes, mais il sera utilisé à bon escient dans le jardin où il favorise la qualité du sol et la croissance des plantes. Certaines de ces plantes portent par ailleurs fruits et légumes, et on fait régulièrement une petite récolte de tomates et de haricots bio (« organic » disent nos amis anglophones) : pas de pesticide, pas d’engrais artificiel, que du naturel !

Au passage, nous apprenons aussi à manger végétarien. La viande et le poisson font toujours partie de notre régime, mais de manière occasionnelle : peut-être une fois par semaine. Une fois encore, on retire de cette « nouveauté » un bénéfice écologique et pécunier à la fois : les légumes coûtent beaucoup moins cher que la viande à l’achat, mais aussi à la production. Saviez-vous qu’il faut consommer 10 fois plus d’eau pour produire un kilo de viande qu’un kilo de légume ?

Pour finir sur ce thème récurrent qu’est l’eau et sa (sur)consommation, on notera aussi qu’il est de bon ton de limiter ses douches à 2 minutes, et de ne pas laisser couler le robinet quand on fait la vaisselle… L’Australie étant un pays particulièrement aride et sensible à la sécheresse, l’eau est toujours une denrée précieuse, même si beaucoup de citadins semblent ne pas s’en rendre compte. Il faut dire qu’à la campagne, un fermier perd tout s’il n’a pas assez d’eau pour faire pousser ses cultures ou élever son bétail. Il n’est pas difficile pour lui de se rendre compte du problème en regardant les champs jaunis qui l’entourent ou en s’inquiétant de ce qui lui reste en réserve dans son raintank… En revanche, en ville, l’illusion que « tout va bien » est maintenue avec talent : les jardins sont arrosés en abondance et restent verts toute l’année, et l’eau coule toujours aussi facilement du robinet. Les bulletins d’information du soir tiennent les citoyens au courant de la situation, mais il est sans doute difficile pour eux de prendre vraiment conscience d’un problème qui ne change strictement rien à leur vie quotidienne et leur environnement immédiat… Même au dernier stage d’alerte à la sécheresse, les restrictions imposées semblent minimes : ne pas laver sa voiture, ne pas arroser son jardin, c’est à peu près tout. La nuit, certains persistent à arroser en cachette.

Une autre grande découverte se fait dans les op shops : les magasins d’occasion (également appelés secondhand shops ou opportunity shops). Dans ces caves au trésor on peut trouver des vêtements à la pelle, des livres, des vieux magazines, de la vaisselle, etc… pour des prix défiants toute concurrence. Tous les objets vendus sont en parfait état, ils ont simplement déjà été utilisés par de précédents propriétaires qui en ont fait don à la charité. Les magasins sont tenus par des volontaires, et n’ont pas un but lucratif. C’est bien non seulement pour le porte-monnaie, mais également parce qu’ainsi de l’équipement en bon état est ré-utilisé et continue à servir au lieu d’être envoyé à la déchetterie sans raison. De plus, acheter dans un magasin d’occaz ne génère pas de demande, donc pas de production : moins d’énergie dépensée inutilement, sans parler des ramifications éthiques (par exemple, l’achat de certains vêtements neufs fabriqués en Chine cautionne implicitement les conditions de travail tirant sur l’exploitation qui sont pratiquées dans pas mal de leurs entreprises).

Enfin, aux heures de pointe, on ne peut s’empêcher de soupirer devant les bouchons dantesques quotidiens générés par un trafic routier surchargé. Dans l’écrasante majorité de toutes ces voitures à l’arrêt, dont les pots d’échappement continuent à polluer librement durant ce temps, une personne au volant et c’est tout. Les vertus du co-voiturage et des transports en commun demeurent encore inconnues, en cette époque où les mots « réchauffement climatique » (climate change) et « effet de serre » (greenhouse effect) sont pourtant sur toutes les lèvres…

A bon entendeur, la Terre vous salue.

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Déjà 1 commentaire sur ce post, on attend le tiens !

  1. Yes I !!! jsuis entierement daccord avec toi, et jsuis deg de létat ds lekel on plonge notre si belle planete…
    Mais moi ca fait lgtps ke ce sujet me touche particulierement… Grde amoureuse de la nature, je milite ( a mon niveau ) chak jour pour faire prendre conscience aus gens, kils ont un role a joué… un tout petit effort de chacun, et les consékences sont enormes pour tous…
    Bref, ecolo dans l’ame, battons nous !!! L’enjeu en vo la chandelle !!! et plus encore…
    ^^

    Sabou 12 March 2009 at 02:18 Reply

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A propos

Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.

Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.

Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !

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