Roadkill : sauvez les marsupiaux !

Le roadkill, vous y serez confrontés au quotidien en conduisant à travers la campagne australienne : sur les bords de route, on voit encore trop souvent des carcasses d’animaux malchanceux.

Il n’y a peut-être plus rien à faire pour ces victimes d’accidents de la route, mais en revanche il y a quelque chose que peu de voyageurs étrangers réalisent : dans la poche ventrale de son parent décédé, un bébé marsupial peut survivre jusqu’à 3 jours. Cela concerne tous les marsupiaux, donc non seulement les kangourous et wallabis, mais aussi les wombats, les koalas et les possums – eh oui, ils ont tous des poches !

Seul, cet orphelin n’a aucune chance. Encore trop petit pour se nourrir d’herbe, il dépend entièrement du lait de sa mère, et sans elle va lentement se déhydrater et mourir de faim. Incapable de générer sa propre chaleur corporelle (il dépend de celle de sa mère), il peut également mourir de froid.

Pourtant, ces bébés marsupiaux peuvent être sauvés si un humain leur vient en aide. Et là, c’est à vous de mettre la main à la pâte.

Sauvez un orphelin

670  200x 060 Homemade Pouch Roadkill : sauvez les marsupiaux ! Venir en aide à un de ces bébés est une opération simple à la portée de tous, et commence ainsi : quand vous voyez un roadkill sur la route, arrêtez-vous.

  • retournez l’animal (si nécessaire) et observez son ventre. Si c’est un mâle (il a de grosses boules !), pas la peine d’aller plus loin. Si c’est une femelle, regardez dans sa poche pour vérifier qu’un bébé ne s’y cache pas.
  • sur 10 kangourous (ou wombats, etc), on estime que 6 sont des mâles, 4 des femelles. Sur ces 4 dernières, l’une d’elle aura un bébé dans sa poche : 10% des animaux tués sur la route ont donc un orphelin à sauver.
  • si le bébé est très jeune (pas de poils, etc), il y a de fortes chances qu’il soit déjà mort. S’il est bien vivant, il est probablement fermement attaché au téton de sa mère et tenter de l’en décrocher de force pourrait causer de graves lésions à la bouche du petit. La solution la plus simple dans ce cas de figure est de couper le téton à l’aide d’un couteau bien aiguisé.
  • si le bébé est plus âgé (assez gros, fourrure déjà présente, etc), il n’y a pas à s’inquiéter de tout cela… en revanche, il est possible qu’il se mette à hurler et refuse de sortir ! Persévérez : sans vous, il n’a presque aucune chance de s’en sortir. Dans le cas d’un wombat, attrappez ses pattes (le plus près du corps possible) et tirez. Dans le cas d’un kangourou, attrapez le par la base de la queue (les pattes des kangourous sont très fragiles et vous risquez de lui casser quelque chose si vous l’attrapez par là).
  • une fois l’orphelin récupéré, la priorité est de lui tenir chaud : enveloppez le dans un pull ou une couverture. N’hésitez pas à le tenir contre vous, de préférence sous votre propre pull/chemise/tshirt : il bénéficiera de votre chaleur corporelle et pourra se faire l’illusion d’être de retour dans la poche de son parent, ce qui aura pour effet de le rassurer et tranquilliser.
  • ne vous reste plus qu’à appeler au plus vite les autorités ou un service de wildlife rescue pour céder l’orphelin à une personne qualifiée et expérimentée qui prendra soin de lui jusqu’à ce que vienne le moment de le relâcher dans la nature.

N’essayez surtout pas de prendre soin d’un orphelin vous-mêmes. Cela demande bien des connaissances ! Par exemple, saviez-vous qu’il ne faut pas leur donner de lait de vache ? Les marsupiaux produisent en effet un lait différent (riche en gras et protéines, mais à très faible teneur en lactose), et ne sont pas conçus pour digérer celui auquel nous humains sommes habitués. Leur donner de tels aliments peut mener à de graves problèmes rénaux, souvent fatals…

Pour terminer, si la pensée d’aller vérifier la poche d’un animal mort vous dégoûte, pensez à laisser une paire de gants en plastique et du savon anti-bactériel dans votre voiture : avec ces mesures d’hygiène élémentaires, vous n’avez absolument rien à craindre. Et surtout, surtout rappelez-vous : un seul petit bébé sauvé justifie bien des efforts.

Et les adultes alors ?

En plus des orphelins à sauver, il peut également arriver de rencontrer un animal adulte et blessé. Dans ce cas là, la procédure à suivre est différente, à commencez par la règle d’or : laissez le tranquille !

Eh oui, si les bébés/jeunes ont besoin d’être récupéré et réchauffé sans plus attendre, ce n’est pas le cas des adultes. Outre le fait qu’ils sont capables de maintenir leur température corporelle par eux-mêmes, les adultes sont également beaucoup plus stressés par la présence humaine. Le but du jeu est donc d’appeler les autorités tout en gardant un oeil sur l’animal… à distance (une 20aine de mètres idéalement).

N’approchez pas plus que nécessaire et ne touchez pas un adulte blessé. Le stress d’être manipulé par un humain alors qu’ils sont dans un état vulnérable (et peut-être incapables de bouger) peut déclencher chez eux une réaction si violente qu’elle est susceptible de leur causer des dégâts internes irréparables.

Pour terminer, si un adulte blessé a un bébé dans sa poche, laissez le lui. Le bébé est en sécurité dans la poche de son parent tant que celui-ci est en vie, et tenter de les séparer provoquerait seulement un grave traumatisme chez le parent comme l’enfant.

Partage cet article :

Google1

Déjà 3 commentaires sur ce post, on attend le tiens !

  1. Un petit truc à rajouter je pense : si vous venez d’écraser un animal, que vous êtes sûr qu’il est mort, prenez votre paire de gants et jetez-le sur le bas-côté. Ca évitera qu’un animal se nourrisse de lui et se fasse écraser à son tour, notamment les diables de Tasmanie qui sont des carnassiers et donc adorent les roadkills et se font écraser pendant qu’ils en mangent.

    Hallu 13 April 2012 at 07:22 Reply
    • Tout à fait. Dans l’outback, ce problème touche beaucoup les rapaces, entre autres les grands aigles (wedge-tailed) qui ont besoin de temps pour décoller.

      Toothbrush 13 April 2012 at 10:43 Reply
  2. Ouais c’est d’ailleurs comme ça que j’ai vu mon premier white-bellied sea eagle en Tasmanie, qui bouffait un wallaby en plein milieu de la route, heureusement on roulait pas vite et il a pu s’envoler.

    Hallu 13 April 2012 at 11:31 Reply

Leave a Reply

A propos

Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.

Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.

Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !

Un petit geste écolo

Garde le contact