Le roadkill, vous y serez confrontés au quotidien en conduisant à travers la campagne australienne : sur les bords de route, on voit encore trop souvent des carcasses d’animaux malchanceux.
Il n’y a peut-être plus rien à faire pour ces victimes d’accidents de la route, mais en revanche il y a quelque chose que peu de voyageurs étrangers réalisent : dans la poche ventrale de son parent décédé, un bébé marsupial peut survivre jusqu’à 3 jours. Cela concerne tous les marsupiaux, donc non seulement les kangourous et wallabis, mais aussi les wombats, les koalas et les possums – eh oui, ils ont tous des poches !
Seul, cet orphelin n’a aucune chance. Encore trop petit pour se nourrir d’herbe, il dépend entièrement du lait de sa mère, et sans elle va lentement se déhydrater et mourir de faim. Incapable de générer sa propre chaleur corporelle (il dépend de celle de sa mère), il peut également mourir de froid.
Pourtant, ces bébés marsupiaux peuvent être sauvés si un humain leur vient en aide. Et là, c’est à vous de mettre la main à la pâte.
Venir en aide à un de ces bébés est une opération simple à la portée de tous, et commence ainsi : quand vous voyez un roadkill sur la route, arrêtez-vous.
N’essayez surtout pas de prendre soin d’un orphelin vous-mêmes. Cela demande bien des connaissances ! Par exemple, saviez-vous qu’il ne faut pas leur donner de lait de vache ? Les marsupiaux produisent en effet un lait différent (riche en gras et protéines, mais à très faible teneur en lactose), et ne sont pas conçus pour digérer celui auquel nous humains sommes habitués. Leur donner de tels aliments peut mener à de graves problèmes rénaux, souvent fatals…
Pour terminer, si la pensée d’aller vérifier la poche d’un animal mort vous dégoûte, pensez à laisser une paire de gants en plastique et du savon anti-bactériel dans votre voiture : avec ces mesures d’hygiène élémentaires, vous n’avez absolument rien à craindre. Et surtout, surtout rappelez-vous : un seul petit bébé sauvé justifie bien des efforts.
En plus des orphelins à sauver, il peut également arriver de rencontrer un animal adulte et blessé. Dans ce cas là, la procédure à suivre est différente, à commencez par la règle d’or : laissez le tranquille !
Eh oui, si les bébés/jeunes ont besoin d’être récupéré et réchauffé sans plus attendre, ce n’est pas le cas des adultes. Outre le fait qu’ils sont capables de maintenir leur température corporelle par eux-mêmes, les adultes sont également beaucoup plus stressés par la présence humaine. Le but du jeu est donc d’appeler les autorités tout en gardant un oeil sur l’animal… à distance (une 20aine de mètres idéalement).
N’approchez pas plus que nécessaire et ne touchez pas un adulte blessé. Le stress d’être manipulé par un humain alors qu’ils sont dans un état vulnérable (et peut-être incapables de bouger) peut déclencher chez eux une réaction si violente qu’elle est susceptible de leur causer des dégâts internes irréparables.
Pour terminer, si un adulte blessé a un bébé dans sa poche, laissez le lui. Le bébé est en sécurité dans la poche de son parent tant que celui-ci est en vie, et tenter de les séparer provoquerait seulement un grave traumatisme chez le parent comme l’enfant.
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !
Un petit truc à rajouter je pense : si vous venez d’écraser un animal, que vous êtes sûr qu’il est mort, prenez votre paire de gants et jetez-le sur le bas-côté. Ca évitera qu’un animal se nourrisse de lui et se fasse écraser à son tour, notamment les diables de Tasmanie qui sont des carnassiers et donc adorent les roadkills et se font écraser pendant qu’ils en mangent.
Tout à fait. Dans l’outback, ce problème touche beaucoup les rapaces, entre autres les grands aigles (wedge-tailed) qui ont besoin de temps pour décoller.
Ouais c’est d’ailleurs comme ça que j’ai vu mon premier white-bellied sea eagle en Tasmanie, qui bouffait un wallaby en plein milieu de la route, heureusement on roulait pas vite et il a pu s’envoler.