Couronnée de récompenses et poursuivies de controverse, Underbelly est une série australienne pas comme les autres : loin des drames mondains mal joués d’Home & Away et autres Neighbours, Underbelly se place fermement dans l’univers du crime organisé, et le fait avec talent. Plein phare sur une œuvre qui a fait rugir le Victoria.
Le scénario d’Underbelly, bien que parfois modifié ou romanticisé pour les besoins d’une production télévisuelle, tire ses racines dans des faits : la série retrace en effet la guerre des gangs (Gangland War) qui a tenu les Melbourniens en haleine de 1995 à 2004. De fait, on retrouve tous les ingrédients essentiels au genre : violence, drogue et sexe se succèdent à l’écran. Une réalisation impeccable servie par une bande-son pêchue et des acteurs crédibles emballe l’affaire : il est à noter qu’Underbelly a reçu pas moins de 6 AFI Awards et 9 Logie Awards, des récompenses australiennes saluant la performance de la série, de ses comédiens et de son script.
Et la controverse, alors ? Il faut savoir qu’Underbelly a été interdit de diffusion dans le Victoria, et qu’encore aujourd’hui seuls les 6 premiers épisodes sont apparus à l’écran dans cet état. Bien que cette injonction de la cour suprême ait fait rugir les Victoriens, elle est en réalité assez rationnelle : les procès de certains des criminels représentés dans la série n’étaient pas encore achevés, et il fut estimé que la diffusion d’une série retraçant leur vie et de leurs méfaits influerait injustement sur les verdicts du jury. Bien sûr, les citoyens ne l’ont pas entendu de cette oreille, et un véritable réseau de distribution pirate de la série s’est mis en place…
Cette controverse qui était au centre de toutes les conversations à Melbourne au début de l’année dernière aura finalement été un sacré coup de publicité, qui, combiné à la qualité de la série, a contribué à la hisser vers le succès. Tant est si bien qu’une préquelle, Underbelly: A Tale of Two Cities, a vu le jour. Cette fois, l’action quitte le microcosme melbournien pour s’étendre au-delà de la frontière, vers le New South Wales. Plantée au sein des années 70 et 80, l’aventure nous enlève très vite des cultures de marijuana à Griffith vers le miasme tentaculaire des traffics d’héroïne entre l’Asie et l’Australie, facilités par la gangrène de la corruption des policiers de Sydney. Une troisième saison est d’ores et déjà prévue, avec pour scène principale le bien connu quartier de Kings Cross, à Sydney.

Pourquoi regarder Underbelly ? Parce que c’est une bonne série, tout simplement, mais également l’occasion de se familiariser avec l’accent australien, et de voir un autre aspect de ce pays, au travers de ses actualités les plus sombres. Bon visionnage à tous !
Note : Underbelly étant à ma connaissance introuvable en France, vous pouvez commander le coffret de la 1ère saison sur Amazon.co.uk
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