ToothbrushNomads : Wildlife Rescue

3755  300x 1890 falcon rescue ToothbrushNomads : Wildlife Rescue Si vous passez suffisamment de temps sur les routes d’Australie, vous aurez sans doute tôt ou tard l’occasion de vous prouver bon ami des animaux : là-bas, la faune abondante passe encore trop souvent sous les roues des voitures. Mais cette histoire tragique ne finit pas toujours mal : parmi les carcasses qui gisent sur le bitume ou le bas-côté se trouvent quelques miraculeux rescapés. A nous de les aider !

Par le passé, j’ai déjà abordé le sujet des « roadkills » et la nécessité de venir en aide aux animaux blessés dans l’article Roadkill : sauvez les marsupiaux, où je vous expliquais quoi faire avec les kangourous, wombats ou koalas victimes des routes. Pourtant, cet article a une faille : sur la route, ce ne sont pas seulement les marsupiaux qui ont besoin d’un coup de main !

Au cours de mes 3 années passées en Australie, dont bien des mois de roadtrip, j’ai souvent arrêté ma voiture pour vérifier les poches ventrales de défunts marsupiaux. Cette activité peu ragoûtante est sans aucun doute l’aspect le plus désagréable du voyage. Je n’ai jamais trouvé de petit bébé marsupial à sauver d’une triste fin, mais je sais que mes efforts n’ont pas été vains : tirer une carcasse pour l’ôter de la route, cela permet aussi de faire œuvre de prévention. Ces charognes attirent en effet des rapaces affamés, qui peuvent à leur tour finir victimes des routes s’ils dînent en plein milieu de la voie. Il leur faut parfois plus de temps pour décoller qu’une voiture n’en met à freiner.

Quid de « ToothbrushNomads : Wildlife Rescue » alors ? En faisant attention à mon environnement, j’ai tout de même eu l’occasion de venir en aide à deux animaux : un lézard et un faucon ! Ce qu’il faut savoir pour commencer, c’est que j’ai une affection toute particulière pour les gros lézards, plus particulièrement les « shinglebacks ». Ce gros scinque membre de la famille des lézards à langue bleue fait près de 30 cm de long (énorme pour les standards européens !). Il a une bonne tête de caïd et l’air de jouer les durs, mais en réalité il est totalement inoffensif : il n’a pas de dents, se nourrit de fleurs, et son seul moyen de défense est basé sur le bluff. Il tire sa langue bleue en espérant faire croire à l’attaquant qu’il est dangereux. Et voilà.

3754  200x 0988 sauvetage ToothbrushNomads : Wildlife Rescue Ces lézards, comme beaucoup d’autres reptiles, ont la mauvaise habitude d’aller prendre leur bain de soleil sur les routes, où tarmac comme terre battue accumulent et reflètent la chaleur, permettant donc aux reptiles de recharger plus vite leurs batteries (eh oui, ils sont écolos, ils fonctionnent au solaire !). Bien sûr cette dangereuse manie leur donne bien des chances de finir en roadkill, et ma manie à moi est donc de m’arrêter sur le bas-côté chaque fois que je vois un de ces lézards se faire dorer les écailles, pour aller gentiment l’encourager à se tailler dare-dare et retourner dans la sécurité du bush. C’est justement cette manie qui m’a permis de venir en aide à l’un d’eux du côté de Bourke, dans l’outback du NSW : en m’approchant du lézard, j’ai remarqué une tache de sang sur l’asphalte à côté de lui. Ni une ni deux, j’attrape donc délicatement la bête et la retourne doucement pour regarder en dessous : de la chair écorchée et mise à nu dépasse des écailles sous sa queue. Quelqu’un a déjà dû lui rouler dessus… en partie. Le lézard a l’air de me faire la gueule tandis que je l’embarque dans ma voiture, où faute d’autre récipient, je dois lui faire subir l’affront ultime de le « stocker » dans ma marmite (!). J’ai de la chance, Bourke n’est pas bien loin, et à l’échelle de l’outback c’est une grande ville. Au centre d’information, une dame appelle pour moi le bureau du service des parcs nationaux. Elle me donne ensuite leur adresse, je vais frapper à leur porte et ils récupèrent le lézard, qu’ils transféreront ensuite à un « wildlife shelter » local. La blessure n’a pas l’air bien grave, et avec quelques points de suture et un peu de repos, notre vaillant shingleback devrait s’en sortir. Si je l’avais laissé sur la route, il serait mort écrasé bien avant d’avoir à endurer infections et autres dangers représentés par une blessure ouverte dans la nature.

3757  200x 1889 injured falcon ToothbrushNomads : Wildlife Rescue Quelques mois plus tard, j’ai quitté les profondeurs de l’outback pour me diriger vers le sud, et je roule sur une petite route perdue de la péninsule d’Eyre, dans le South Australia, quand je remarque un faucon perché sur un monticule de terre sur le bas-côté. Je m’arrête en face et dégaine immédiatement mon fidèle téléobjectif pour prendre quelques photos de l’oiseau, qui au bout de quelques minutes finit par s’envoler. Normal. Ce qui est un peu plus étonnant par contre, c’est qu’une autre silhouette sombre que je n’avais pas remarquée auparavant s’enfuit dans les buissons. Et cette silhouette sombre, elle ressemble presque à un autre faucon. Intriguée, je sors de la voiture pour aller jeter un œil, histoire d’en avoir le cœur net. Surprise : c’est bien un autre faucon ! Il me voit, et court un peu plus loin. Un faucon qui court ? C’est tout sauf normal ! En se sentant menacé, il devrait s’envoler. S’il ne le fait pas, c’est sans doute qu’il ne le peut pas.

Ma curiosité initiale devient de l’inquiétude, et s’ensuit une partie de cache-cache avec le faucon qui ne veut pas se laisser attraper, mais est dans l’impossibilité de s’enfuir bien loin. Je suis en savates, les plantes m’écorchent les petons et je ne vois pas où je mets les pieds, alors bonjour l’ambiance si jamais les broussailles cachent aussi un serpent mal luné ! Mais dans ces moments-là, étrangement, on ne réfléchit pas trop à toutes ces considérations. Je finis quand même par réfléchir deux minutes, retourne à la voiture mettre des baskets et surtout prendre une serviette – bien m’en a pris ! A peine la serviette doucement jetée sur le faucon que celui-ci arrête aussi sec de se débiner, et je peux le ramasser calmement sans qu’il ne se débatte. Je ramène le faucon à la voiture, je vide un carton de provisions et je place le rapace toujours enveloppé de sa fière serviette orange dans ledit carton, sur le siège arrière. Tout ça, c’est très bien, mais il n’empêche que je suis dans une région paumée, et la « vraie ville » la plus proche est à plus d’une centaine de kilomètres. Tant pis, je vais déjà tenter ma chance dans le patelin du coin : je m’arrête au magasin général / station essence. Il est plus de 18H et ce dernier est donc fermé, mais j’aperçois encore des gens à l’intérieur et frappe au carreau. On vient m’ouvrir, j’explique ma situation et je demande s’il y a quelqu’un dans ce bled qui a une vocation de samaritain des animaux. Eh bien, oui ! On me donne le nom et l’adresse d’une dame habitant juste à côté, et je vais donc frapper à sa porte. Elle inspecte mon faucon, avec un pronostic encourageant : son aile n’est pas cassée, il s’est sans doute simplement disloqué une épaule. Avec un peu de soins et d’amour il devrait s’en sortir. Mais si je l’avais laissé sur son bord de route, une fois la nuit tombée, le premier renard de passage n’en aurait fait qu’une bouchée.

3756  500x 1891 wildlife rescue in minnipa ToothbrushNomads : Wildlife Rescue

Pourquoi est-ce si important de sauver deux animaux ? Est-ce que cela fait une réelle différence à l’échelle d’un continent ? Je crois que oui. Ces deux miraculés de représentent pas que leur propre personne : ce sont aussi des animaux qui pourront maintenant non seulement continuer à vivre, mais aussi à se reproduire. En sauvant un animal, vous contribuez aussi à sauver la génération suivante, les dizaines de petits qu’il pourrait concevoir et élever. Qui plus est, même si un seul individu ne peut sauver qu’une poignée d’animaux, il faut bien penser que plus ces histoires se répandront, plus les gens seront sensibilisés au problème, et pourront à leur tour venir en aide à un animal, un jour, sur les routes. Ensemble, nous pouvons sauver des centaines d’animaux.

Alors, soyez sympas – sur les routes d’Australie, gardez les yeux grand ouverts, faites attention à vos amis à poils, à plumes et à écailles, et faites tourner cet article pour qu’un plus grand nombre de voyageurs se mette à l’ouvrage wink ToothbrushNomads : Wildlife Rescue

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Déjà 5 commentaires sur ce post, on attend le tiens !

  1. Faut pas avoir peur, parce que attraper un faucons on ne fait pas ca tous les jours :D

    Aidons nos amis les animaux! :)

    djphil 23 April 2012 at 11:34 Reply
  2. Et même si ce n’est pas un faucon, mais tout simplement un oiseau diurne, le coup de la serviette/torchon fonctionne aussi ! Comme ils se retrouvent dans une “nuit artificielle” ils passent de suite en mode sommeil/calme !
    Ca marche aussi lors d’une éclipse d’ailleurs : le chant des oiseaux cesse immédiatement lorsque le soleil est caché par la lune ! :)

    D’ailleurs, il faudrait généraliser ce comportement dans tous les pays, trop d’animaux sont tués sur les routes, et dans notre pays où la circulation est plus importante, cela permet d’éviter les carambolages également !

    Myaah 23 April 2012 at 11:35 Reply
    • A vrai dire, je pense que le coup de la serviette marche sans doute avec la plupart des animaux, on retrouve le même principe avec les oeillères mises aux chevaux notamment. Mais sur le coup, on n’y pense pas toujours immédiatement !

      Toothbrush 23 April 2012 at 11:42 Reply
  3. Stef, l’amie des bêtes :)
    Dis donc, quelle inspiration ces derniers jours :)

    Stephanie_flyaway 24 April 2012 at 15:25 Reply
  4. Je ne peux m’empêcher de me poser certaines questions cependant. Dans des réserves j’ai vu des oiseaux rescapés incapables de voler ou de se nourrir (car sauvés très jeunes). Du coup ils ne se reproduiront pas, et finalement ont été une proie de moins pour certains prédateurs qui en auraient peut-être eu bien besoin.

    Alors en effet en Australie des prédateurs y en a pas beaucoup, et les principaux actuels (renards et chats sauvages) sont à éradiquer. Mais aux USA par exemple, mieux vaut laisser les animaux blessés à la merci des loups, panthères, lynx et autres pumas, qui eux ont bien besoin d’un coup de boost. D’autant plus qu’ils permettent d’avoir des troupeaux d’herbivores plus forts (ils ne prennent que les malades et les faibles), et qui se déplacent pour éviter ces prédateurs (ce qui permet à la végétation d’ordinaire broutée sans relâche d’enfin reprendre des forces).

    Hallu 27 April 2012 at 08:56 Reply

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A propos

Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.

Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.

Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !

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