Si vous suivez Toothbrush Nomads depuis un certain temps, vous savez sans doute que Mr Pascal Carré, gérant de l’organisme Langtra, m’a offert un billet pour Sydney afin que je puisse visiter ses locaux – ou plus précisément ceux de son partenaire sur place, Work’n Holiday. Alors, cette visite a-t-elle changé l’opinion que j’avais exprimé dans l’article Pourquoi ne faut-il pas partir avec un organisme ? Réponse aujourd’hui !
A quoi sert un organisme
Dans l’article en question, j’avais choisi de mettre l’accent sur la multitude de services qui sont vendus au sein des packs proposés par des organismes tels que Langtra : obtention du TFN, ouverture d’un compte en banque, nuits en auberge, accès internet ou encore carte SIM pour votre téléphone sont des démarches simples que tout un chacun peut parfaitement accomplir lui-même, rapidement et bien souvent gratuitement. De ce point de vue là, rien n’a changé : ce sont des faits.
Là où Mr Carré et moi-même avions un différend plus important, c’est au niveau de ce qui est en réalité le nerf de la guerre : l’assistance à l’emploi. C’est là le service principal que Langtra et Work’n Holiday désirent vous vendre, et leur véritable argument commercial. Par un beau matin, il y a déjà quelques semaines de cela, je me suis donc rendue aux locaux de Sydney pour rencontrer Patrick, le français plus précisément responsable de nous autres ses compatriotes, et discuter de tout ça.
Sur le terrain
Après quelques minutes de galère pour localiser les bureaux (situés sur George Street mais avec une entrée par l’arrière indiquée par un panneau un peu trop discret !), je grimpe à l’étage et me retrouve donc sur le terrain. Patrick me reçoit rapidement, et me parle de son travail. Le contact passe plutôt bien, il s’exprime clairement et marque plusieurs points non négligeables. Il me parle même de son expérience avec le WWOOFing, ce qui, comme tous les fidèles le savent, et une bonne façon de me mettre de bonne humeur !
Alors, qu’est-ce que Patrick m’a dit, exactement ? Il m’a expliqué qu’il permettait aux jeunes backpackers de mieux se focaliser sur leur recherche d’emploi, notamment en leur donnant des objectifs au niveau du nombre de CV à déposer. Il m’a également montré quelques exemples de CV, en me soulignant que son travail était d’apprendre aux gens à rédiger correctement le leur. Au-delà de cela, il fait aussi son possible pour faire bénéficier aux titulaires des packs de son carnet d’adresse, un réseau d’employeurs qui lui permet de placer plusieurs personnes à différents postes et petits boulots. Et puis, bien sûr, il conseille : il encourage les voyageurs à travailler d’abord pendant plusieurs mois, et voyager ensuite. Il re-dirige ceux qui ont un faible niveau d’anglais vers le WWOOFing, au moins pour commencer.
Tout ça, c’est plutôt positif. A titre personnel, j’ai toujours pensé que les gens étaient assez débrouillards pour savoir rédiger leur CV tous seuls, et trouver un travail par eux-mêmes. C’est définitivement l’éthique que je prêche, et la voie que je suis moi-même. Toutefois, via Toothbrush Nomads, j’ai eu l’occasion de communiquer avec de nombreux WHV. Certains d’entre eux m’ont parfois envoyé leurs CV, pour que j’y jette un oeil et que je donne mon avis. Et là, il faut bien le reconnaitre : dans ces CV, j’ai parfois vu des erreurs énormes, qui rendraient sans doute très difficile pour la personne en question de gagner l’avantage dans la recherche d’un travail. Pourtant, je sais que ces personnes sont loin d’être bêtes. Simplement, peut-être ne sont-elles pas habituées à la recherche d’emploi, ou manquent-elles un peu de “bon sens” !
Pour ces gens là, il n’y a pas à nier qu’un organisme peut être salvateur. Toutefois, l’organisme a un coût – quelques centaines d’euros. A cela, Patrick m’a répondu avec l’argument qu’il vaut mieux payer quelques centaines d’euros et trouver un travail plus vite, que de ne pas les payer et mettre des semaines à trouver. Ce n’est pas totalement faux.
Ceci étant dit, je pense qu’il ne faut pas non plus oublier qu’un organisme n’a rien de magique. Patrick lui-même était bien forcé d’admettre que si votre niveau d’anglais est faible, il ne peut pas faire grand chose pour vous d’un point de vue emploi. De même pour ceux qui préfèrent faire la fête à chercher du travail pour de bon. Bref : n’attendez pas de l’organisme qu’il vous serve un job sur un plateau ! Avec ou sans organisme, c’est avant tout vous-même qui créez votre propre chance et vos propres opportunités.
Ma conclusion
Tout comme le billet originel qui a déclenché cette découverte des locaux de Langtra, ma conclusion est personnelle. De mon point de vue, les organismes restent superflus. Il existe sur internet énormément de ressources gratuites et facilement accessibles qui constituent de véritables mines d’info où dénicher des tas de conseils pratiques et de bons plans - Toothbrush Nomads et le forum Australia-Australie en tête
Le vaste réseau que forme la communauté des WHV en Australie est, à mon sens, toute l’aide dont on peut avoir besoin pour partir, et ne coûte pas un rond.
Là où je peux modérer mes propos, c’est que malgré tout cela, il reste des personnes pour qui le voyage tourne court, et qui ont davantage de difficultés à tirer leur épingle du jeu. Peut-être que pour ces voyageurs, un organisme peut parfois faire la différence, en leur fournissant un point d’attache, une aide professionnelle en tête à tête, un sentiment de sécurité.
Ultimement, ce que je pense n’a guère d’importance. C’est à chacun de vous que la décision appartient. Toothbrush Nomads est un site personnel à but non lucratif, et de fait retranscrit avant tout mon expérience du voyage, et mes opinions. J’ai choisi d’y défendre des valeurs d’indépendance, d’autonomie et de débrouillardise, en accord avec ma vie et ma personnalité. De fait, les organismes et moi ne ferons sans doute jamais bon ménage.
Mr Carré, mon avis n’a pas vraiment changé, mais je vous salue pour avoir eu le cran et l’initiative de me jeter ce défi




























Oh my god, enfin on l’a cet article ! Fidèle à tes principes, et très bien écrit, les choses sont clairement mises à leur place, chacun y trouvera son compte en fonction de sa personnalité. Je te salue pour cet article très bien écrit.
Merci
L’article a mis du temps à venir (j’ai fait ma visite des locaux de Langtra le 10 février) du fait de beaucoup d’occupations au retour en Australie, entre les randonnées, mes obligations envers mes HelpX et mon travail pour Australia-australie… autant de paramètres un tantinet chronophages qui ont la priorité sur Toothbrush Nomads ! Maintenant, c’est fait
C’est super ! ton analyse est parfaite !! que la force soit avec toi dans tes futurs voyages … ;-)
Salut,
Je vis depuis des années en Amérique du Sud dans un pays recemment touché par un tremblement de terre… et je suis completement d’accord sur le fait de devoir se débrouiller (sans payer) pour pouvoir trouver une activité professionnelle. ce que j’ai personellement fait.
Maintenant, le plus important étant de pouvoir identifier le plus rapidement possible (avant son départ) les organismes et institutions gratuits (ambassades, chambres de commerce…) qui peuvent orienter une recherche. Le reste se fait par des connaissances et bien souvent un certain “culot” qui marque la différence. Evidemment, tout dépend du travail recherché. Perso, je pars prochainement en Australie pendant 1 an, trouver du boulot n’est pas forcemment facile mais en meme temps c’est un premier challenge pour se mettre dans le bain (sans méduses merci…).
Toujours très bien faits tes articles, félicitations.
Raph
Cheers, et surtout bonne chance à toi en Australie !
Ca fait plaisir de te relire sur Toothbrush nomads ! Un post très pondéré et remettant chaque chose en ordre, c’est du bon boulot. Et je suis de ton avis quant à la conclusion bien sûr
A+
Je suis l’un de ceux qui se sont fait avoir par ces organismes (“Les enfants d’abord”, à Lyon, avec Eurocentre pour des cours d’anglais + Work’n Holiday).
Je dois avouer que ceci a été une bonne, très très bonne connerie.
Complétement inutile.
Le Work’n Holiday, si ce n’est de fournir une correction CV (et encore, Patrick corrige par mail sans vous expliquer quoi que ce soit, très utile…) s’occupe principalement de faire des copier/coller d’annonces qu’on peut tous trouver en cherchant un peu… (très souvent leur picking proposé sur le site provient du harvest).
Et lorsqu’on recherche un boulot dans le picking, n’importe ou en Australie… celui-ci n’a pas mieux que vous envoyez dans un backpackers hotel, dans une région avec une réputation très mauvaise (je doute fortement qu’ils ne soient pas au courant depuis le nombre d’années où ils arnaquent les backpackers) mais surtout une région ou le travail est presque inexistant.
Se fier à un backpacker hotel, c’est une bonne erreur de “débutant”, mais qui ne devrait surtout pas être celui d’un tel organisme.
Le seul service intéressant et utile est la “boite au lettre”. Mais un peu chère pour un tel prix…
Un conseil d’un pigeonné à ceux qui hésitent : vous pourrez très facilement vous débrouillez sans, n’ayez pas peur !
Je suis contente que cette visite ne t’ai pas fait changer d’avis, même si c’était de toute façon à prévoir. ^^
A noter aussi qu’il suffit de tomber sur une agence pour l’emploi sympa pour que votre CV soit corrigé. Cela m’était arrivé à Fremantle : mon CV franglais était ressorti tout beau tout neuf dans un anglais parfait après 10mn de travail d’une gentille madame.
J’ai même gardé longtemps la mise en page pour mon CV français, après.
Bonjour,
Existe-t-il un site utile à la composition ,la rédaction et la présentation d’un CV en Anglais ? Des exemples,des conseils,des formulations,photo ou pas etc…
Merci de votre aide !!!
Matthias
Quelques infos + liens en bas de la page Recherche d’emploi du WikiOz