« Le 5 juin, nous avons tous rendez-vous avec la planète ». C’était hier, et c’était également la journée mondiale de l’environnement : une date de sortie délibérée pour ce documentaire qui se veut porte-étendard d’une voix résolument écolo. Mini compte-rendu d’un film vert… et gratuit.
Home, c’est avant tout un concept, un signal d’alarme lancé au monde par l’intermédiaire de l’œil esthéte d’un photographe français bien connu, auteur entre autre de « La Terre vue du ciel ». Chaque plan est composé avec un goût sans faille pour le cadrage, les couleurs, les jeux de lumière, d’ombre ou de silhouette ; les ambiances, les formes et les répétitions. C’est un travail consommé, patient et maîtrisé. C’est ce qu’on pourrait appeler, à juste titre, une œuvre d’art.
A l’heure où les droits d’auteur et les droits d’image sont un sujet perpétuellement controversé, Home se démarque autrement : ici, il n’y pas de copyright, pas d’exclusivité, pas de prix à payer. Le film est libre de droit, peut se télécharger, se graver, s’échanger, se diffuser de main à main avec la bénédiction de son créateur, en toute légalité. Ce qui compte, vraisemblablement, ce n’est pas de faire de l’argent, mais bien de faire passer un message.
Dans ces conditions, il n’en est peut-être que plus logique et surprenant à la fois de réaliser qu’Home s’ouvre en tout premier lieu sur des noms : des noms de sponsors. Gucci, La Redoute ou encore Yves Saint Laurent font partie des grandes marques qui ont adopté le rôle de mécènes pour permettre la réalisation et la distribution de Home. Ce n’est que logique : une œuvre de cette ampleur, ça ne se fait pas seulement d’amour et d’eau fraîche. Et ça n’en est pas moins interpelant : que penser d’un film écologique sponsorisé par des entreprises dont on est bien obligé de déduire que ce sont des pollueurs invétérés, voués à la prospérité et au profit de notre société de consommation ?
Pourtant, malgré cet étrange paradoxe de financement, Home témoigne sans demi-mesure des ravages causés par l’être humain sur sa planète bleue : collines saignées d’érosion, forêts déboisées vomies sur le sol, étendues impersonnelles de gratte-ciels quadrillés de routes fourmillantes de voitures… le message est clair, les images efficaces, la vérité indéniable.
Oui mais… ne peut-on pas dire qu’Home ne fait finalement qu’enfoncer des portes ouvertes ? A l’heure qu’il est, les citoyens du monde ont besoin d’un film comme Home, une œuvre qui leur met le nez dans les faits et leur interdit d’oublier la laideur et la destruction qui découle de leur style de vie – de notre style de vie. Mais paradoxalement, à l’heure qu’il est, un film comme Home n’a plus rien à nous apprendre. Nous savons déjà toutes ces choses. Comme le souligne le narrateur, nous refusons simplement de les croire.
« Il est trop tard pour être pessimiste » se veut être la conclusion du documentaire, dont les 10 dernières minutes opèrent un revirement à 180° pour tenter un final empreint d’espoir. Peut-être pour mieux tenter de nous encourager à agir ? L’intention est bonne, la transition maladroite.
Nous ne devrions pas avoir besoin de croire en la victoire pour nous battre.
Plus d’infos :
A voir aussi :
- An Inconvenient Truth
- La planète blanche
- Le peuple migrateur




























Un film avec de très belles images …
Profitons des 10 dernières années de notre belle planète 8-/
Vraiment magnifique, chapeau bas..
Et un big up a Yann Arthus Bertrand et Luc Besson qui ont produit ce chef d’oeuvre !
Mmhmmm…
J’ai un peu eu l’impression d’avoir deja vu ce film 10 fois. Rien de nouveau sur le plan du contenu, on garde le principe des belles images pour faire passer un message tres large. Et en effet, j’attendais la fin porteuse d’espoir, on y a eu droit ! Schema narratif : genese, element perturbateur, peripeties, element de resolution, 10/10 !
Une arriere pensee que j’ai du mal a evacuer en regardant le film : “oh les beaux animaux qui courent”… mais pour fuir l’helicoptere vrombissant qui fait du rase motte ! C’est assez ironique vu le message du film. Heureusement qu’on a de la belle musique plutot que des rotors non-stop en bande-son !
Je suis vache, l’initiative est belle bien sur…
Personnellement j’avais une pensée pour le nombre de litres d’essence nécessaires à un hélicoptère en vol… enfin, dans l’ensemble, je n’ai pas un avis aussi assassin que le tiens, mais le film est en effet en partie une déception – trop prévisible, trop vague. Bonne initiative, belle forme, fond noble… et pourtant, ça laisse sur sa faim.
Oui, litres d’essence ou nuisance sonore, c’est la meme idee, pas tres ecolo quoi…
Bizarement (ou pas), je pense que les plus belles images du film sont celles des villages africains, vers le debut, les barques, etc, bref l’occupation humaine “douce” de la planete.
Pour y mettre une petite parenthèse, en ce qui me concerne ce film est un jolie cadeau de licenciement, il n’y a pas des sponsors mais un seul, le groupe PPR dont appartient Gucci and cie, le dvd a été offert par son président Jean François Pinault à tous ses salariés en échange d’un plan social mettant à la porte 800 personnes d’ici 2010(Conforama pour ne pas citer), Stef “bonne initiative, belle forme, fond noble” je dirais….oui…certes, pourtant pour ma famille non pas que ça nous laisse sur notre faim mais plutot sur notre fin.
Bon film à tous
Les documentaires bien réalisés sur l’évolution et l’état de notre planète ne manque pas, le film de YAB n’est pas un documentaire mais un film de propagande.
L’arrière gout du film laisse un gout de petrole.
Outre les remarques sur les sponsors et les méthodes de tournage (hélico,…)qui me semble tout à fait opportune, le discour moraliste et anti-scientifique (des champs de panneaux solaires dans le désert pour sauver la palnéte hahaha), empreint d’émotionalité basique (la gentil planète qui fait vivre le méchant humain) m’a fait me sentir manipuler.
Un documentaire s’inspire t’il de tel méthodes ???? je ne crois pas.
Comment appel t’on un moyen de communication de masse, gratuit, sponsoriser pas les puissants pour faire passer un message ?
Ce film ressemble fort à un outils de propagande qui me fait frémir tant il est fait avec subtilité.
Je dirais que la frontière entre “propagande” et “faire passer le message” est mince. Pour ma part, je suis d’accord avec le message pro-écolo, donc le clamer haut et fort et tenter de le faire circuler au plus large ne me choque pas. Au contraire, je suis pour et j’aime cette initiative de gratuité. Après cela n’enlève en rien les autres considérations (sponsors douteux, etc) qui donnent envie de prendre Home avec des pincettes.
Ceci étant dit, à ce sujet, je pense également qu’il faut faire la part des choses entre esprit critique et cynisme excessif. Je reste assez partagée sur Home personnellement, il y a du bon comme du mauvais. Disons que c’est également un peu facile de notre part de descendre en flammes l’utilisation d’un hélicoptère alors que l’on est tranquillement chez nous à surconsommer à notre propre échelle.