Comme beaucoup d’entre vous l’auront déjà compris, nous résidons en ce moment dans une propriété qui sert également de sanctuaire naturel et de centre de réhabilitation animalier (wildlife refuge) : wombats orphelins, kangourous blessés ou opossums égarés trouvent tous refuge ici. Ils y sont soignés, nourris, logés, élevés, et ultimement relâchés en liberté dans la nature environnante où ils pourront mener leur vie et se reproduire à leur tour.
Ces circonstances hors du commun sont pour nous non seulement une opportunité fantastique d’aller gratouiller du bébé wombat et donner leur biberon aux p’tits ‘gourous, mais également de mettre à profit cette chance d’en apprendre plus sur les animaux endémiques et emblématiques de l’Australie : nos amis les marsupiaux.
En Europe, et dans le monde en général, quand on parle mammifère, on parle avant tout de mammifères placentaires : le bébé vient au monde après plusieurs mois de gestation, à un état de développement avancé. En Australie, en revanche, ce sont les mammifères marsupiaux qui ont gagné la course à l’évolution : les bébés naissent après une période de gestation très courte (30 jours), à un état embryonnaire (pas de poils, yeux fermés, membres peu développés…). Ils poursuivent ensuite leur développement en vivant dans la poche ventrale de leur mère.
Ce que cela veut dire ? Qu’il n’y a pas que les kangourous qui ont des poches ! Wombats, koalas ou opossums en sont également équipés 
En passant toujours plus de temps en compagnie de Georgina (qui s’occupe de tout ce beau monde) et des animaux présents sur la propriété, notre soif de connaissance s’agrandit, de même que notre envie de partager cette connaissance. Aujourd’hui, après une après-midi passée en leur compagnie, nous allons donc vous parler des wombats !
Parfois comparé à un blaireau, un ourson, une marmotte ou encore un cochon, le wombat n’est bien évidemment rien de tout cela : c’est un wombat ! Comme tous les marsupiaux, il nait microscopique (il pèse un demi gramme à la naissance…) et à poil (vive la peau rose translucide !), et passe les premiers mois de sa vie bien au chaud dans la poche de sa mère, où il s’accroche à un téton et boit du lait à longueur de journée histoire d’arriver à prendre un peu de poids.
C’est seulement à l’âge de 6 ou 7 mois que le petit wombat, maintenant recouvert d’une fine fourrure, commence enfin à pointer le bout de son museau dehors, et à faire ses premiers pas dans l’herbe. Il pèse maintenant 2 kilos, mais il a encore bien des mois d’enfance devant lui : il sera sevré seulement vers l’âge de 15 mois, et complètement indépendant aux alentours d’un an et demi. A ce stade, ce n’est plus 2 mais bien 20 kilos de masse poilue à laquelle on a affaire ! Sa croissance se poursuit encore par la suite, et un wombat adulte peut peser jusqu’à 40 kilos. On vous l’avait dit que c’était un tank !
Mais où vit le wombat ? Dans un terrier creusé par ses soins, pardi : c’est pour ça qu’il a de si grandes griffes ! Il est toujours facile de repérer un endroit servant de logement à un wombat, puisque le sol y est percé de trous béants (environ 30 cm de diamètre) servant d’entrée à leurs réseaux de tunnels et de terriers. C’est dans cette maison souterraine qu’ils passent la plus grande partie de la journée… à dormir. Les wombats sont en effet des animaux plus nocturnes que diurnes : ils sortent de leur terrier en fin de journée, passent la nuit à se balader pour se nourrir, et rentrent se coucher en début de matinée. Malgré tout, leur rythme s’adapte aux saisons : en été, ils sortent de leur terrier beaucoup plus tard (parfois vers minuit !), tandis qu’en hiver ils pointent le bout de leur nez dehors dès 15 ou 16 heures. Pourquoi ? Parce que le wombat aime bien les températures fraîches, et supporte beaucoup mieux le froid que le chaud. En été, quand les températures peuvent excéder les 35° à l’ombre, il reste donc bien caché chez lui : l’isolement offert par la terre maintient la température du terrier à 25°, tout confort. En hiver, le wombat n’a pas de problèmes à aller se balader dans la neige et endurer stoïquement des températures entre 0° et 5°.
Dans l’ensemble, le wombat mène une vie simple, entièrement dévouée à creuser, se gratter, manger et dormir. Ce caractère pépère ne doit pas tromper l’observateur averti : tout n’est pas rose à Wombatland, et notre petit ami poilu fait face à tout un panel de menaces naturelles : innondations, feux de forêt, parasites (vers, tics, pous, puces…), maladies et blessures de la vie quotidienne. A cette liste obligatoire s’ajoute bien évidemment la plus grande menace de toute, celle posée par l’homme blanc : introduction de nouveaux prédateurs (chiens et renards), accidents sur la route, poisons (destinés aux lapins à la base), déffrichement et massacres purs et simples suite à des conflits avec certains fermiers mal lunés constituent la contribution principale de l’européen à la vie du wombat. Nous reviendrons sur tout cela dans un prochain article 
En attendant, finissons avec plus de bonne humeur : des wombats, où en trouver ? Mais on va vous le dire, pardi !

Avant tout, il faut penser qu’animal australien ne signifie pas nécessairement animal présent à travers toute l’Australie. N’allez pas chercher un wombat sur la côte ouest ou dans le nord, vous n’en trouverez pas ! Ces adorables boules de poils résident principalement dans le sud-est du pays. Il faut aussi savoir que sous le terme générique de « wombat » se cachent en réalité trois espèces.
A un million d’individus, le Bare-Nosed Wombat est l’espère la plus répandue (on l’appelle aussi Common Wombat) : vous pourrez en trouver dans l’est du New South Wales et du Victoria, ainsi qu’à travers la Tasmanie. Après lui vient le Southern Hairy-Nosed Wombat, déjà beaucoup moins commun (environ 200.000 individus), qui réside principalement en South Australia et dans les plaines du Nullarbor. Enfin, le Northern Hairy-Nosed Wombat est une espèce en danger et extrêmement rare : il n’existe plus qu’une seule population, qui dénombre à peine une centaine d’individus. Ils habitent l’Epping Forest National Park, dans le Queensland : ce sont les seuls à évoluer dans un habitat tropical.
Et voilà, c’est fini pour notre petite (enfin…) présentation du wombat pour aujourd’hui… prochainement, on vous reparlera plus en détail des menaces encontrées par le wombat moderne, et on vous apprendra à l’aider à y faire face 
Lectures conseillées :
The Wombat, de Barbara Triggs, publié par UNSW Press.
Secret world of the Wombat, de Mitch Reardon, Australian Geographic N°30 (April-Juin 1993).
PS : les amateurs de kangourous trouveront également leur bonheur dans la galerie Kingbilli avec quelques nouveaux clichés de nos potes-qui-sautent 