Toothbrush Nomads

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mardi 13 mai 2008

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mai '08

Un regard en arrière

Cela fait maintenant un peu plus d'un an et demi que nous voyageons, et au fil de nos aventures notre site, et maintenant notre blog également, ont subi bien des modifications, des ajouts, des retraits, des re-designs. Tout ce travail n'est pas parfois sans conséquences fâcheuses : voilà qu'on se retrouve maintenant avec une structure pas trop mal fichue et une esthétique potable, mais qu'il manque les photos et les récits de notre première année de voyage.

Il est temps de réparer cet affront (!), et durant les semaines qui vont suivre nous allons donc tenter de ramener à la vie du web l'intégralité de notre périple. Qu'est-ce que cela veut dire ? Que la section galeries photo de ce blog va s'agrandir considérablement, et plus tard que nous archiverons des entrées de journal d'octobre 2006 (date de notre départ de France) à mars 2008 (création du blog).

Aujourd'hui, nous ouvrons le bal avec la totalité de nos galeries de Nouvelle-Zélande. On vous invite à (re)découvrir ces clichés qui retracent nos pas au cours des 5 mois que nous avons passé là-bas : île sud et île nord, des plages paradisiques du Northland aux cîmes enneigées du Mount Cook. La galerie de notre journée à Singapour est également disponible.

Regard en arrière

Bon visionnage :)

samedi 10 mai 2008

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mai '08

Vombatus Ursinus

Stef et PoppyComme beaucoup d’entre vous l’auront déjà compris, nous résidons en ce moment dans une propriété qui sert également de sanctuaire naturel et de centre de réhabilitation animalier (wildlife refuge) : wombats orphelins, kangourous blessés ou opossums égarés trouvent tous refuge ici. Ils y sont soignés, nourris, logés, élevés, et ultimement relâchés en liberté dans la nature environnante où ils pourront mener leur vie et se reproduire à leur tour.

Ces circonstances hors du commun sont pour nous non seulement une opportunité fantastique d’aller gratouiller du bébé wombat et donner leur biberon aux p’tits ‘gourous, mais également de mettre à profit cette chance d’en apprendre plus sur les animaux endémiques et emblématiques de l’Australie : nos amis les marsupiaux.

En Europe, et dans le monde en général, quand on parle mammifère, on parle avant tout de mammifères placentaires : le bébé vient au monde après plusieurs mois de gestation, à un état de développement avancé. En Australie, en revanche, ce sont les mammifères marsupiaux qui ont gagné la course à l’évolution : les bébés naissent après une période de gestation très courte (30 jours), à un état embryonnaire (pas de poils, yeux fermés, membres peu développés…). Ils poursuivent ensuite leur développement en vivant dans la poche ventrale de leur mère.

Winston en alerte à l'entrée de son terrierCe que cela veut dire ? Qu’il n’y a pas que les kangourous qui ont des poches ! Wombats, koalas ou opossums en sont également équipés ;)

En passant toujours plus de temps en compagnie de Georgina (qui s’occupe de tout ce beau monde) et des animaux présents sur la propriété, notre soif de connaissance s’agrandit, de même que notre envie de partager cette connaissance. Aujourd’hui, après une après-midi passée en leur compagnie, nous allons donc vous parler des wombats !

Parfois comparé à un blaireau, un ourson, une marmotte ou encore un cochon, le wombat n’est bien évidemment rien de tout cela : c’est un wombat ! Comme tous les marsupiaux, il nait microscopique (il pèse un demi gramme à la naissance…) et à poil (vive la peau rose translucide !), et passe les premiers mois de sa vie bien au chaud dans la poche de sa mère, où il s’accroche à un téton et boit du lait à longueur de journée histoire d’arriver à prendre un peu de poids.

C’est seulement à l’âge de 6 ou 7 mois que le petit wombat, maintenant recouvert d’une fine fourrure, commence enfin à pointer le bout de son museau dehors, et à faire ses premiers pas dans l’herbe. Il pèse maintenant 2 kilos, mais il a encore bien des mois d’enfance devant lui : il sera sevré seulement vers l’âge de 15 mois, et complètement indépendant aux alentours d’un an et demi. A ce stade, ce n’est plus 2 mais bien 20 kilos de masse poilue à laquelle on a affaire ! Sa croissance se poursuit encore par la suite, et un wombat adulte peut peser jusqu’à 40 kilos. On vous l’avait dit que c’était un tank !

Instant gratouille avec ZackMais où vit le wombat ? Dans un terrier creusé par ses soins, pardi : c’est pour ça qu’il a de si grandes griffes ! Il est toujours facile de repérer un endroit servant de logement à un wombat, puisque le sol y est percé de trous béants (environ 30 cm de diamètre) servant d’entrée à leurs réseaux de tunnels et de terriers. C’est dans cette maison souterraine qu’ils passent la plus grande partie de la journée… à dormir. Les wombats sont en effet des animaux plus nocturnes que diurnes : ils sortent de leur terrier en fin de journée, passent la nuit à se balader pour se nourrir, et rentrent se coucher en début de matinée. Malgré tout, leur rythme s’adapte aux saisons : en été, ils sortent de leur terrier beaucoup plus tard (parfois vers minuit !), tandis qu’en hiver ils pointent le bout de leur nez dehors dès 15 ou 16 heures. Pourquoi ? Parce que le wombat aime bien les températures fraîches, et supporte beaucoup mieux le froid que le chaud. En été, quand les températures peuvent excéder les 35° à l’ombre, il reste donc bien caché chez lui : l’isolement offert par la terre maintient la température du terrier à 25°, tout confort. En hiver, le wombat n’a pas de problèmes à aller se balader dans la neige et endurer stoïquement des températures entre 0° et 5°.

Dans l’ensemble, le wombat mène une vie simple, entièrement dévouée à creuser, se gratter, manger et dormir. Ce caractère pépère ne doit pas tromper l’observateur averti : tout n’est pas rose à Wombatland, et notre petit ami poilu fait face à tout un panel de menaces naturelles : innondations, feux de forêt, parasites (vers, tics, pous, puces…), maladies et blessures de la vie quotidienne. A cette liste obligatoire s’ajoute bien évidemment la plus grande menace de toute, celle posée par l’homme blanc : introduction de nouveaux prédateurs (chiens et renards), accidents sur la route, poisons (destinés aux lapins à la base), déffrichement et massacres purs et simples suite à des conflits avec certains fermiers mal lunés constituent la contribution principale de l’européen à la vie du wombat. Nous reviendrons sur tout cela dans un prochain article ;)

En attendant, finissons avec plus de bonne humeur : des wombats, où en trouver ? Mais on va vous le dire, pardi !

Câlin avec Poppy

Avant tout, il faut penser qu’animal australien ne signifie pas nécessairement animal présent à travers toute l’Australie. N’allez pas chercher un wombat sur la côte ouest ou dans le nord, vous n’en trouverez pas ! Ces adorables boules de poils résident principalement dans le sud-est du pays. Il faut aussi savoir que sous le terme générique de « wombat » se cachent en réalité trois espèces.

A un million d’individus, le Bare-Nosed Wombat est l’espère la plus répandue (on l’appelle aussi Common Wombat) : vous pourrez en trouver dans l’est du New South Wales et du Victoria, ainsi qu’à travers la Tasmanie. Après lui vient le Southern Hairy-Nosed Wombat, déjà beaucoup moins commun (environ 200.000 individus), qui réside principalement en South Australia et dans les plaines du Nullarbor. Enfin, le Northern Hairy-Nosed Wombat est une espèce en danger et extrêmement rare : il n’existe plus qu’une seule population, qui dénombre à peine une centaine d’individus. Ils habitent l’Epping Forest National Park, dans le Queensland : ce sont les seuls à évoluer dans un habitat tropical.

Et voilà, c’est fini pour notre petite (enfin…) présentation du wombat pour aujourd’hui… prochainement, on vous reparlera plus en détail des menaces encontrées par le wombat moderne, et on vous apprendra à l’aider à y faire face :)

Lectures conseillées :
The Wombat, de Barbara Triggs, publié par UNSW Press.
Secret world of the Wombat, de Mitch Reardon, Australian Geographic N°30 (April-Juin 1993).

PS : les amateurs de kangourous trouveront également leur bonheur dans la galerie Kingbilli avec quelques nouveaux clichés de nos potes-qui-sautent ;)

samedi 3 mai 2008

sam
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mai '08

Ode à l'automne

L’automne jaune et rouge dort dans ma poitrine
La lumière chaude des soirs d’été
Embrase les vents de l’aube hivernale
Et l’automne aux crocs de bois acérés
Et aux flancs mûrissant, tout de pourpre ventru
Me siffle aux oreilles, me fait couler le nez
Dans ma tête l’automne, dans ma tête
Les souvenirs tombés de leur branche se font piétiner
Des gros tas de souvenirs sur lesquels sauter
Et puis des arbres à arêtes dans le cœur

L’automne gris soulève mes paupières embrumées
Et le froid qui me scillait si ardemment la peau
S’accroche désormais au fil de mes pensées
Et ma pelote de tête qui roule à en crever
Comme la lune amoureuse d’un oiseau poison
Comme des citrouilles gonflées frôlant l’explosion
Dans ma tête l’automne, dans ma tête
Des souvenirs tombés par brassées à la casse
Des baisers orphelins à leurs lèvres fugaces
Ne restent que mes bons vieux arbres dépouillés

L’automne, c’est ma saison préférée

Les llamas Les chevaux et l'arbre rouge Le lac

Davantage de photos de l'automne (et de nos amis les wombats !) dans la galerie Kingbilli :)

lundi 28 avril 2008

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avr '08

Cathedral Range State Park

Laughing KookaburraAprès une première visite sur les traces de l’oiseau-lyre, il était temps d’explorer « notre » parc plus en profondeur. La première aventure est celle du parking : bien que ce parc soit méconnu des voyageurs étrangers, il est en revanche très populaire auprès des locaux qui mettent à bon usage leur week-end pour venir y camper. Neds Gully, une vaste clairière habitée de kookaburras impavides, devient alors un petit village de tentes de toutes les tailles et toutes les couleurs, où de joyeux campeurs se livrent à des activités telles que le « croquet australien » : des bouteilles de bière vides servent à faire tenir debout les arceaux de fil de fer !

Pour notre part, nous laissons vite ce petit monde derrière nous en entamant le sentier qui mène à Neds Saddle, et de là à Cathedral Peak. Ca monte sec dans les collines ! A travers le feuillage qui nous sert de plafond, on distingue le jeu de bleu et de blanc créé par de grands nuages cottoneux poussés au gré du vent. Le temps s’annonce aléatoire, mais la brise avant-courreuse de pluie sert aussi à dissiper la brume qui nous enveloppait ces derniers jours et l’on espère donc bien avoir droit à une vue en bonne et due forme cette fois-ci.

Pari gagné : au sommet, les roches escarpées de Cathedral Peak se jettent dans le vide et dévoilent un panorama sur les champs et les forêts des environs… mais les nuages sont maintenant lourds, et leur couleur blanc bonhomme tourne peu à peu au gris menaçant alors qu’ils étouffent les dernières tâches de ciel bleu… on choisit de ne pas trop s’attarder, pour ne pas risquer de devoir rentrer sous la pluie, et l’on poursuit la boucle devant nous ramener à Neds Saddle.

Un sentier de caillasse et de poussière s’engouffre parmi les arbres, et à plusieurs reprises les cadavres déracinés de troncs secs et gris entravent notre chemin. On les enjambe ou on se faufile en dessous, et l’on écoute le son du vent : celui-ci s’est levé juste assez pour faire ondoyer quelques branches mal attachées dont le mouvement léger fait crépiter un craquement sinistre. Mieux vaut ne pas être en-dessous si quelque chose lâche…

Vue depuis Cathedral Peak

Malgré tout, c’est sans encombres que l’on poursuit notre descente pour revenir jusqu’à notre point de départ vidées, sèches et satisfaites. C’est l’heure du thé !

Pour davantage de photos de notre randonnée jusqu'à Cathedral Peak, visitez la galerie du Cathedral Range State Park. Trois nouvelles photos ont également été rajoutées dans la galerie de Kingbilli Country Estate :)

samedi 19 avril 2008

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Sur les traces de l'oiseau-lyre

Eucalyptus perdant son écorceHier, nous avons vaillamment accompli nos devoirs de volontaires en prenant le jardin d'assaut : il faut déblayer le lit de la rivière, pour le moment encore asséché, d'une quantité impressionnante de branches mortes et même de troncs entiers d'arbres fraîchement déchus, tout cela avant l'arrivée des pluies hivernales qui ramèneront une eau bienvenue à ce sillon poussiéreux. C'est un travail d'envergure que nous allons poursuivre dans les jours à venir : tout le monde participe, mais pas plus d'une heure par jour... sinon, attention les courbatures !

Notre heure finie, nous avons vaqué à nos autres occupations de jardinières de l'extrême : ramasser les nombreuses épluchures d'écorce semées par les eucalyptus sur la pelouse des jardins (ça n'a l'air de rien, mais on y a passé 3 heures : ça pèle sec, un eucalyptus !) et ratisser les innombrables feuilles rouges et jaunes tombées des branches d'arbres à l'allure plus européenne. C'est l'automne dans le Victoria, et on aime ça !

Aujourd'hui, en revanche, nous avions de nouveau quartier libre (eh oui, on ne travaille que 3 jours par semaine ici) et, après avoir passé une honteuse matinée à glandouiller devant un marathon Friends sur le satellite, nous avons décidé de faire bon usage de notre oisiveté en allant nous promener dans le Cathedral Range State Park. Ce dernier est une courte crête s'élevant sans préavis du paysage environnant... courte, mais diablement escarpée, et aux pentes recouvertes de forêts. C'est également à deux pas de chez nous à peine (vue sur la crête depuis la propriété, la grande classe), alors autant en profiter.

La marche que nous avons choisi s'effectue en deux heures et nous amène bien évidemment à gravir les pentes de la crête vers l'un de ses sommets : South Jawbone Peak. Le chemin zigzague parmi les arbres, et l'on se ravit de la lumière qui dessine leurs contours de teintes chaudes. L'on observe également les habitants de cet univers boisé : de l'énorme araignée au minuscule lézard, en passant par le mystérieux oiseau-lyre. Ce dernier se rapproche d'un paon sauvage, et l'élégance des plumes colorées fichées dans son croupion (!) lui ont donné son nom si poétique. C'est le début de la saison des amours pour cette jolie volaille, et l'on regarde avec amusement le mâle se livrer à une performance visuelle et vocale des plus persistantes et énergiques : il déploie ses ailes, court après sa belle, parade ses plumes et surtout, surtout... se livre au chant de l'oiseau-lyre.

Queue de l'oiseau-lyre

Mais qu'est-ce que le chant de l'oiseau-lyre, me direz-vous ? Avec un nom si lyrique, justement, l'on s'attend à un subtil égrenage de notes délicates et mélodieuses, à une véritable musique de la nature. A la place, on obtient une collection de sons si hétéroclites et disparates que l'on se regarde avec hébétement : l'oiseau-lyre produit des trilles musicales, oui, mais elles ne sont qu'une infime partie de son drôle de répertoire. Ce dernier semble en réalité se composer principalement de bruitages tout droit sortis d'un jeu-vidéo des années '80, ou d'un mauvais clône de Star Wars, ainsi que d'une panoplie de sons empruntés à d'autres résidents des environs : le rire du kookaburra, notamment, est un jeu d'enfant à imiter pour l'oiseau-lyre.

Cathedral Range vue depuis chez nousAutant vous dire que l'on regrette de ne pas avoir eu de quoi enregistrer ce chant invraisemblable (pas étonnant que la femelle ne se laisse pas si facilement attraper !)... une prochaine fois peut-être, qui sait ? Ce ne sera pas notre dernière visite à Cathedral Range, c'est certain.

La suite de notre balade se déroule sans plus d'étrangeté, et l'on s'asseoit finalement avec satisfaction au sommet du South Jawbone Peak. La vue sera pour nous une beauté dissimulée, puisqu'une brume légère mais opaque nous enveloppe entièrement. A croire que nous avons la tête dans les nuages ! L'on discerne malgré tout la ligne du relief environnant, et les têtes des arbres loin en-dessous de nous. On prendra soin de choisir un jour à l'air plus clair pour notre prochaine visite !

Vous pouvez consulter les photos de la journée dans la galerie du Cathedral Range State Park. Quelques nouvelles photos ajoutées dans la galerie Kingbilli également :)

mercredi 16 avril 2008

mer
16
avr '08

Kingbilli Country Estate

King ParrotAu revoir les adorables bouilles baveuses du chenil, au revoir les museaux curieux des écuries, au revoir les levers quotidiens à 6H35 du matin pour nourrir des dizaines de bouches affamées : hier, nous avons donc changé de maison. De Highfield Equestrian à Kingbilli Country, des environs de Melbourne à ceux d'Alexandra, nous avons quitté Bec et David après de grandes étreintes pour monter dans notre nouvelle voiture (enfin, nouvelle pour nous, elle elle a déjà 18 ans !) et prendre la route vers le nord-est.

Plusieurs op shops dévalisés plus tard, nous parvenons enfin à nous extirper de la ceinture de banlieues de Melbourne pour nous engager sur l'agréable route qui traverse le Yarra Ranges National Park : imaginez un ruban d'asphalte sinueux s'enfonçant tranquillement parmi les centaines de silhouettes au garde-à-vous d'arbres au tronc mince, haut et droit comme un i, et vous aurez une assez bonne idée de notre aprèm sur les routes :)

Les llamasNous atteignons notre destination, dans l'ombre du Cathedral Range State Park, en fin d'après-midi. Le soleil disparait plus vite qu'on ne le croit derrière la ligne bossue des collines alors que nous nous engageons sur le chemin de notre nouvelle demeure. Le portail qui nous accueille à l'entrée est orné de panneaux que l'on voit habituellement sur les routes, ou dans les boutiques pour touriste : deux signes jaune et noir qui sont un trademark de l'Australie et nous alertent à la présence de kangourous et de wombats en ces lieux. Il ne s'agit pas seulement d'une touche de déco, mais bel et bien d'une réalité : Kingbilli Country Estate, notre nouvel HelpX, est non seulement une ferme (llamas, chevaux et chèvres angoras) mais également un wildlife refuge. Nos hôtes s'occupent en effet de soigner et ré-habiliter des animaux sauvages orphelins ou blessés...

Notre tâche ici sera avant tout de nous occuper du jardin et des cottages à louer à la nuit : eh oui, il faut quand même de l'expérience pour s'occuper d'animaux sauvages ! Toutefois, c'est l'occasion d'avoir la chance de vivre côte à côte avec eux puisqu'ils se baladent à travers la propriété, qui est un sanctuaire protégé. Il s'agit également d'un HelpX un peu plus "indépendant" qu'à l'ordinaire puisque nos hôtes nous offrent uniquement le logement, dans un des cottages. Cela signifie que l'on doit faire nos courses et nos repas par nous-mêmes (et à nos frais), mais aussi que l'on travaillera moins que d'ordinaire et que l'on bénéficie du luxe complet d'avoir une maison entière rien qu'à nous... et je ne vous parle même pas de la cheminée dans le salon (déjà deux flambées à notre actif), du jaccuzzi dans le jardin (que l'on se doit de tester au plus vite !), des sols d'ardoise et des épais murs de pierre, de la cuisine de bois et des vitres-mosaïques... bref, en un mot comme en cent : une fois de plus, nous sommes très bien tombées.

WombatAujourd'hui, nous avions quartier libre pour profiter de notre nouvel environnement, et l'on a donc été faire le tour des lieux (tant et si bien qu'on a fini par atterrir chez les voisins, mais chut). On fait connaissance avec les llamas, on fait détaler quelques kangourous au détour d'un sentier, on admire les plumes flamboyantes d'un couple de king parrots... et en fin de journée, l'on se rend à Wombat Hollow, un coin de pelouse entièrement creusé et chamboulé par les habitations souterraines de nos amis les wombats. Justement, l'un d'eux est en train de mâchouiller son herbe du soir... nous nous épions mutuellement avec attention avant de chacun repartir de notre côté.

Ne nous reste plus qu'à trouver un travail (payé) dans les environs, et nous pourrons nous installer pour quelques temps !

Photos : +1 (Highfield Equestrian), +4 (Kingbilli Country Estate).

vendredi 11 avril 2008

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11
avr '08

Amour aveugle

A un âge indistinct, que je me plais à évaluer à douze ans ; je pédale sur mon cheval d’acier, je sens ses ailes battre sur ses flancs au rythme de ma respiration saccadée, et ses sabots martèlent les nuages de bitume de mon cœur qui s’emballe.

Haute comme quatre pommes déjà, rien ne délectait plus mon goût pour l’aventure champêtre qu’une chute de poney. Bien sûr, les pérégrinations lunatiques de la boule de poils sur pattes n’auraient sans doute pas séduit la petite bouille bouclée que j’étais sans les mains bienveillantes et protectrices d’un père sous le charme.

Aujourd’hui, après quelques années d’errance inactive et aux verges de l’indifférence vis-à-vis de mes amis équins, je me dois de faire face à une vérité ineffable : ces géants à cervelle de moineau font toujours battre mon cœur, et mon sang inonde mon corps d’un bonheur enfantin à chaque fois qu’un bout de museau joueur vient me chatouiller la main.

Au galop avec Crackers

Un amour passion qui rend aveugle.

Les montagnes de crotins à pelleter sous des regards inintéressés, la perte de toute attention à mon égard lorsque l’heure du dîner approche, les coups de sabots perdus, les excès de tempérament à l’étable, les paniques injustifiées à la monte, les tics, les couacs, les bousculades, les débandades, les chutes, et puis l’ingratitude !

Aveugle et à bout de nerfs, je m’enfouis sous ma couette chaque soir, heureuse de savoir que le jour suivant me laissera dans un état toujours plus pitoyable, heureuse que chaque nuit semble effacer tous les bleus au corps et à la fierté et les remplacer par une insatiable soif d’établir à nouveau le contact avec mes gentils bourreaux.

Et les ailes de l’enfance me soulèvent quand je galope toujours plus vite à travers champs, et un profond sentiment d’accomplissement me gonfle la poitrine quand le pas de ma monture s’allège et s’emplit d’él égance, et mon sourire se dessine irrésistiblement quand leurs yeux pleins de malice me parlent.

Un amour passion, ça ne meurt pas.

jeudi 3 avril 2008

jeu
03
avr '08

Ce que sème le vent...

Amis lecteurs, une fois n'est pas coutume, ouvrons le bal avec quelques chiffres plutôt que beaucoup de paroles :

  • 2 : le nombre de décès
  • 23 : le nombre de bateaux explosés sur le rivage
  • 20.000 : le nombre de foyers privés d'électricité
  • 130 km/h : la vitesse atteinte par les vents
  • AU$2 millions : le coût estimé des dégâts

Qu'est-ce que tout cela ? Je vous le donne en mille : le temps qu'il a fait hier à Melbourne. Les rafales de vent ont enveloppé la région d'une vaste chape de poussière, le ciel a pris une couleur gris-brun et les fines silhouettes des gratte-ciels que nous voyons chaque jour ont temporairement disparu de notre horizon. Ce matin, nous avons constaté les dégâts plus avant : de lourdes branches arrachées de leurs troncs parsèment le sol, et parfois des arbres entiers ont été déracinés et aplatis par les bourrasques.

Et si le journal The Age se charge de rapporter ces faits avec horreur et exactitude (lien complet, en anglais), je vais pour ma part illustrer une facette de l'événement dont personne ne pipe mot : la beauté d'une aube aux couleurs intensifiées par l'approche de la tempête.

Prélude à la tempête

A bientôt.

dimanche 30 mars 2008

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30
mar '08

Au travail !

Le jour se lève sur la fermeIl y a quelques jours, Beck nous a trouvé un petit boulot à 5 minutes de la maison : nous travaillons maintenant 4 heures par jour au club de chasse de Sherwood, ce qui nous permet de faire rentrer un peu de cash bien nécessaire à la suite de nos aventures. Parallèlement à cela, on remplit toujours nos devoirs d’HelpX chez Beck et David, ce qui donne au final des journées assez chargées, mais nous permet de faire rentrer de l’argent sans débourser un centime ! Petit résumé d’une journée type ci-dessous…

6H35 : sonnerie stridente du réveil qui nous fait toujours sursauter et annonce le moment le plus atroce de la journée. Il faut parvenir à se sortir de la chaleur qui règne sous les couvertures pour s’aventurer dans le froid du dehors, rapidement enfiler quelques épaisseurs de vêtements, mettre le chauffage en route (eh oui, ça caille dans le Victoria !) et aligner les tartines de Nutella pour le petit-déjeuner. Les gestes sont mécaniques et ensommeillés, le regard vide et l’expression bovine : c’est dur, le matin !

Kangourous du matin7H00 : restaurées et à peu près réveillées, on se dirige vers les écuries pour charger quelques sacs de foin sur nos épaules et faire la tournée du matin. Les ventres à pattes ont faim ! En même temps, on vérifie le niveau d’eau des abreuvoirs et on en remet si besoin est. Au début, il fallait également enlever leurs manteaux aux chevaux, mais maintenant il fait froid alors ceux-ci restent couverts. Tant mieux, c’est une chose de moins à faire, et donc quelques minutes de sommeil de gagné ! Accessoirement (ou principalement peut-être), c’est aussi le moment où le soleil s’élève plus clairement d’un horizon lointain, et l’on profite à fond des couleurs vives de l’aube. Souvent, on aperçoit également « notre » troupeau de kangourous en train de brouter dans le champ voisin…

L'heure du manger dans les chenils !8H00 : David nous conduit au travail. Notre rôle principal au Sherwood Hunt Club est de nous occuper des chenils, et c’est par là que l’on commence ! Vous l’avez compris : encore des brouettes de merde ! :) On « déblaie » tout ce que nos amis canins ont déposé depuis la veille, puis on finit de nettoyer le sol au jet d’eau à haute pression. Il faut également vider, nettoyer et remplir les abreuvoirs, nourrir les fauves et donner leurs médicaments à ceux qui en ont besoin. Une cinquantaine de chiens de chasse sont rassemblés dans ces chenils en plein air, et ils sont tous les mêmes : pleins d’affection ! Tous se pressent aux grillages et nous saluent d’aboiements enthousiastes quand on débarque, suivent nos faits et gestes quand on s’occupe de leur environnement… et bien sûr viennent nous sauter dessus pour réclamer des caresses !

Distribution de foin depuis le truck10H00 : en général, on a finit les chenils dans ces eaux là. Il nous reste encore 2 heures de travail, qui peuvent être occupées à des tâches diverses et variées : on aide à nourrir les chevaux, on va chercher de la paille pour faire des lits dans les chenils, on prépare à l’avance les seaux de nourriture pour dada pour le lendemain, ou on repeint la clôture. Aider à nourrir les chevaux est un de mes moments préférés de la journée : Wayne, « l’homme à tout faire » du club, conduit le vieux truck dans les champs, chargé de bottes de foin. Nous sommes assises à l’air libre sur lesdites bottes, qu’on balance biscuit par biscuit aux chevaux qui nous courrent après. Cheveux dans le vent, « vieux » os réchauffés par le soleil, amusement de voir les dadas nous prendre en chasse… que du plaisir !

12H00 : le travail est fini, Wayne nous ramène chez nous et on se rue vers le frigo pour prendre notre déjeuner ! Eh oui, nous aussi nous sommes des ventres à pattes… c’est le moment détente de la journée, on prend une ou deux heures pour satisfaire notre estomac, faire un tour sur internet ou une petite sieste.

Emilie au saut avec RubyL’après-midi est consacré en bonne partie à nos occupations d’HelpX : Emilie monte certains chevaux et en longe d’autres, tandis que je travaille sur le site web de nos hôtes ou que je nettoie quelques prés. Vers 18 heures, il est à nouveau temps de nourrir nos amis équins : cette fois, c’est du sérieux. En plus des sacs de foin, on prépare une dizaine de seaux d’un mélange bien nutritif de différents fourrages, poudres et graines… et on distribue ! On donne aussi un peu de blé à Sheepy, notre mouton gourmand qui rapplique toujours au trot quand il sent venir l’heure du dîner… et oublie sa crainte des humains pour venir me manger dans la main ;) On prépare également à l’avance quelques sacs de foin pour le lendemain matin, et on vérifie à nouveau les niveaux d’eau.

Le soir venu, on glandouille sur le PC ou devant la TV, on discute avec nos hôtes (quand même !) et on engloutit les bons petits plats que ces derniers nous préparent. Vers 22 heures, on tombe de sommeil après notre journée de travail en extérieur et on va trouver un doux refuge entre les couvertures… dans quelques heures il va falloir tout recommencer… !

PS : pour davantage de photos du centre équestre et du club de chasse, n'oubliez pas de consulter nos galeries... accessibles via le menu sur votre gauche ;) Bon surf !

dim
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mar '08

Albums photo, en veux-tu ? En voilà !

Un petit billet pour vous annoncer, au cas où vous n'auriez pas remarquer le rooos texte dans le menu à votre gauche, que des galeries photo de notre voyage sont maintenant disponibles sur ce joli petit blog qu'est le nôtre (si, si, j'vous jure). Ces albums vous donnent accès à des clichés supplémentaires par rapport aux billets texte, et vous offrent également la possibilité réclamée et attendue d'agrandir les miniatures à une taille plus satisfaisante.

Utilisez le menu pour accéder aux galeries, et bonne visite ;)

mercredi 26 mars 2008

mer
26
mar '08

Le temps au pays des merveilles

Arc-en-cielL'arbre hantéNous avons donc laissé derrière nous le doux climat estival de la Nouvelle-Zélande, qui touchait à sa fin, pour venir retrouver les erratiques élucubrations météorologiques de la région de Melbourne. Cette ville est en effet réputée pour être capable de vous présenter l’éventail complet des 4 saisons en une seule et même journée… Force est de constater que cette réputation n’est pas sans fondements, et l’on alterne les températures aléatoires comme si le baromètre se sentait pris d’un joyeux coup de folie.

Il y a quelques jours, enfouie dans les tréfonds de mon lit, j’avais beau être habillée (ce qui incluait deux couches de pulls) et recouverte d’une couette douillette et d’une couverture par-dessus, j’avais encore froid. Le lendemain, allongée sur ce même matelas, cette fois en caleçon et débardeur et sans même un drap sur moi, il faisait bon. Va comprendre.

Le temps, aussi, est à l’orage en ce moment. Et c’est en cette occasion qu’hier le ciel a revêtu un aspect de pays des merveilles, divisé à parts égales entre des nuages lourds et menaçants à la teinte bleu-mauve porteuse de tonnerre à venir, et un ciel bleu pur où flottait des amas de nuages blancs et cotonneux à l’aspect débonnaire. Pour couronner le tout, un immense arc-en-ciel a décrit une courbe parfaite d’un bout à l’autre de la ferme, pour poser l’un de ses pieds non loin de la ville.

Dans de telles conditions, la photographe amateur se sent aux anges, et l’on vous laisse donc avec ces quelques clichés du temps au pays des merveilles…

Viendez à Melbourne !

mardi 25 mars 2008

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25
mar '08

De retour en Australie

Aperçus de notre retour et premiers joursCela fait maintenant 5 jours déjà que nous avons laissé derrière nous les vertes terres de Nouvelle-Zélande pour rejoindre le pays de nos premiers amours : l’Australie. Notre première année de visa vacances-travail nous avait amenées à déambuler tout le long de la côte est, depuis la Tasmanie jusqu’à Cairns. Cette seconde année qui débute à peine est déjà riche en projets : cette fois, nous voulons visiter le centre, le nord et l’ouest. Mais avant cela, il va falloir bosser !

Notre zingue tout d’acier et de fauteuils trop serrés nous a emmené d’un bond de Christchurch à Melbourne, dans le Victoria. Notre première mission, comme toujours, était de nous extirper de l’aéroport pour rejoindre notre nouveau logement : rien de plus facile, me direz-vous, puisqu’il nous suffisait d’appeler nos hôtes pour qu’ils viennent nous chercher (ils sont gentils ces HelpX quand même !). Rien de plus facile… sauf quand une tête-en-l’air a oublié d’emporter le numéro. Bref, les instants suivants furent marqué par beaucoup de jurons et d’agitation (on s’énerve vite quand on s’est levé à 3 heures du matin et que le kiosque internet refuse de marcher !), mais après un petit capuccino on se sent mieux et tout rentre dans l’ordre : numéro récupéré grâce à la magie du web, la cavalerie arrive bientôt à la rescousse !

Prénommés Beck et David, nos hôtes sont les propriétaires d’un petit centre équestre aux limites de la ville. Nous arrivons bien vite dans notre nouvelle demeure : par-delà les champs d’herbe sèche, la ligne artificiellement verdie des banlieues. Et derrière elle, à l’horizon, se dressent les gratte-ciels du centre-ville. Une jolie vue de jour comme de nuit, quand tout s’enveloppe d’ombre et que seule la ceinture de lumières urbaines nous rappelle l’existence du monde…

Nous prenons vite nos marques, et travailler avec les chevaux est un plaisir que l’on aime à retrouver. Emilie s’en va les longer ou sauter sur leur dos musclé, tandis que j’adopte à nouveau le rôle de palefrenière. De cet emploi, deux versions sont possibles. La bucolique vous dira que j’aime ce travail au grand air, cette vie saine et satisfaisante, le contact proche avec des chevaux toujours curieux, tantôt grâcieux et tantôt idiots ; j’aime me lever tôt et savourer la lumière du petit jour, puis partir vagabonder l’appareil photo à la main quand vient celle du coucher de soleil.

La terre-à-terre vous dira que quand on est palefrenier, on pousse beaucoup de brouettes de merde.

Un matin, je sors de la chambre pour voir deux kangourous décamper dare-dare de notre jardin. Le parent saute la clôture d’un seul bond, sans effort, mais son petit n’ose pas reproduire une manœuvre qui, à son échelle, paraît sans doute audacieuse. Sa mère le regarde attentivement d’un peu plus loin, attendant qu’il la rejoigne. Il finit par se faufiler à travers un portail, et tous deux s’en vont disparaître dans les herbes hautes.

Hier soir, après le dîner, un orage éclate. Des éclairs fourchus font pulser le ciel d’une lumière mauve, et tout le monde court vers les prés pour mettre leurs manteaux aux chevaux. On se retrouve dans les écuries tandis que les premières vraies gouttes frappent le toit en tôle au-dessus de nos têtes. En levant les yeux, on aperçoit un opossum perché sur une poutre, qui nous observe en silence.

Nos journées sont belles et rythmées par la routine de nos devoirs d’HelpX : réveil à 8 heures et petit-déjeuner, puis en route pour nourrir les chevaux, remplir leurs abreuvoirs, nettoyer leurs patûres et enlever leurs manteaux. Par la suite, Emilie monte et les travaille, tandis que je retourne m’installer confortablement à la table de la cuisine pour bricoler un site pour nos hôtes. Le reste de la journée est détendu, jusqu’à ce qu’arrive la fin d’après-midi et sa distribution de foin générale à nos résidents équins.

Dans les cieux, des centaines d’oiseaux évoluent. Deux cacatoès (sulphur-crested cockatoo) viennent se percher sur un poteau pour visiter l’un des abreuvoirs. Des colombes lophotes (crested dove) sautillent dans les champs. Dans le vent, un élanion blanc (black-shouldered kite) arrive à toute vitesse pour faucher un rat des serres de son congénère. Et bien d’autres encore !

Espèrons que l’on reste encore un temps…

Elanions blancs

Chez nous, avec Melbourne en arrière-plan...

dimanche 23 mars 2008

dim
23
mar '08

Nouvelle-Zélande ou Australie ?

On y coupe pas, c'est une question qui revient souvent et qu'on me pose régulièrement : alors, Australie ou Nouvelle-Zélande... c'est quoi le mieux ? Eh bien, malheureusement pour vous, cher lecteur impatient, il n'y a pas de réponse tranchante à cette question : il s'agit en effet de deux pays somme toute très différents, et bien évidemment tout dépend également des goûts personnels de chacun... En l'occurence, il se trouve que notre cas illustre très bien le dilemme puisque l'une de nous a préféré les kiwis, tandis que l'autre est restée vouée aux kangourous ;) Règlement de compte... ci-dessous !

Lac Taupo et Mount Ruapehu, Nouvelle-ZélandeBlackdown Tableland National Park, AustralieLes pieds en terre néo-zélandaise, Emilie a été conquise : vertes collines, de l'air frais, un climat moins chaud, moins humide, plus vivable, et convenablement doté de quatre saisons distinctes. Un pays où il pleut pour de vrai, d'où le vert des collines précédemment mentionnées, et également un pays riche en montagnes, en hauts pics enneigés prêtant un arrière-plan majestueux à toutes les scènes qui les entourent. Et puis, quand on se sent d'humeur plage pour changer, on y trouve des pans entiers de côte paradisiaque, un sable tantôt blanc pur, tantôt noir aux reflets mauves, et une eau allant du bleu, au vert, au turquoise avec une limpidité constante. Une clarté par ailleurs partagée par les ruisseaux alpins, dont la couleur vibrante laisse rêveur... oui, y'a pas à dire, c'est beau la Nouvelle-Zélande. A cela, on peut ajouter la présence d'oiseaux éndémiques pour donner vie aux forêts, et plusieurs colonies d'otaries se prélassant sur certains rivages. Comment ne pas se laisser séduire ?

Oui mais... l'Australie, c'est beau aussi, et question faune c'est simple : imbattable. Entre les innombrables kangourous et wallabis que l'on peut croiser au moindre détour de chemin, les wombats qui fourragent dans les buissons goulument, les koalas qui font leur sieste bercés par le vent dans les arbres, les émeus qui se dandinent en troupeau, les casoars qui pointent parfois le bout de leur nez en dehors de la forêt tropicale, les ornithorynques de sortie au crépuscule dans les rivières et les iguanes qui aiment à se faire dorer au soleil, ça fait une sacrée armada d'animaux uniques à découvrir. Et encore, la liste n'est pas exhaustive : il reste numbats, diables de Tasmanie, kangourous des arbres, lézards à langue bleue, échidnés et bien d'autres encore... pour un pays de prime abord si dur et si aride, l'Australie regorge de vie. Bien sûr, une bonne partie du bestiaire australien est capable de vous tuer (serpents mortels, araignées venimeuses, méduses fatales, crocodiles et requins font partie intégrante du paysage), mais il ne faut pas s'arrêter à si peu : si vous les laissez vivre, ils en feront de même.

L'autre beauté de ce pays merveilleux (oh là là, la fille impartiale !) réside dans sa taille. On ne s'en rend peut-être pas bien compte avant de partir, mais une fois sur place on appréhende rapidement la réalité : l'Australie n'est pas seulement un pays ou une île, c'est un véritable continent aussi grand que l'Europe. Cette immensité est pleine de promesses tenues pour les amoureux des grands espaces, et pour tous ceux qui se sentent attirés par la sensation de solitude au coeur de la nature. C'est peut-être ce point là par-dessus tout autre qui fait de moi une "Supporteuse Officielle de l'Australie". La Nouvelle-Zélande, plus compacte et plus clémente, est déjà extrêmement civilisée et l'on sait que bien souvent, même en se perdant dans une réserve naturelle, toute la panoplie moderne se trouve juste par-delà la colline : les routes, les villes, les gens et bien sûr les touristes-envahisseurs. L'Australie, quant à elle, possède bien entendu des villes tentaculaires de verre et d'acier, mais il est aisé de s'en éloigner et se trouver dans un parc national loin de tout, où l'on peut s'imbiber du silence et de la paix de la solitude. La taille de l'Australie, et sa nature indomptable (sécheresse, humidité, chaleur, environnements désertiques...), lui épargnent le destin étouffant d'autres nations... pour le moment.

Bien sûr, il reste possible de s'écarter des sentiers battus en Nouvelle-Zélande, et si l'on a la plupart du temps la sensation de rester perpétuellement sur les bords de la civilisation, il n'empêche que cela peut suffire à s'en détacher. Soyez donc astucieux, explorez les routes de gravier, fuyez les endroits dont vous avez entendu les noms de toutes les bouches et privilégiez les randonnées longues ou méconnues...

En conclusion, nous dirons surtout qu'Australie ou Nouvelle-Zélande... les deux. Après tout, quitte à venir jusqu'en Océanie, autant en profiter non ? Voler de l'un à l'autre n'est ni très cher ni très long, mais vous laissera des souvenirs à vie. Malgré leur proximité (qui pousse certains à les mélanger...), ce sont deux nations très différentes. L'Australie vous régalera de paysages plus secs, de terre rouge, d'eucalyptus emplis de cacatoès, d'animaux uniques au monde. La Nouvelle-Zélande vous présentera des scènes imposantes, des montagnes puissantes, des côtes idylliques, du vert et de la neige. Au final, ce sont bel et bien deux pays très complémentaires...

samedi 22 mars 2008

sam
22
mar '08

Nouvelle-Zélande : oui, mais... île nord ou île sud ?

Tout un mythe entoure "Kiwiland", et vous vous en apercevrez avant même d'y atterrir : où que l'on se tourne, où que l'on demande, quoiqu'on lise ou qu'on entende, un seul et même verdict revient sans fin. L'île sud serait de loin la meilleure des deux, nous dit donc la connaissance commune. Quid de cette audacieuse affirmation ? Etude de cas...

Maunganui Bluff, île nord Mount Somers, île sudNous avons commencé notre périple kiwi par l'île nord, et nous sommes tombées sous le charme immédiatement. Après avoir constaté les dégâts dus à la sécheresse en Australie, le contraste se fait sentir de manière forte : au revoir les plaines jaunies et poussièreuses, bonjour les collines d'herbe verte parsemée de boutons d'or. Le ciel bleu paraît immense, habité de nuages blancs : le nom maori du pays est Aoteroa, ce qui signifie "le pays du long nuage blanc". Ce patronyme poétique se comprend et s'adopte bien vite... Au fil de nos premières balades, nous explorons ce nouvel univers si clément, si doux et immédiatement confortable, et découvrons également les merveilles de la côte : plage volcanique de sable noir, plage de sable blanc, eaux transparentes à la pureté ébahissante... le Northland, tout particulièrement, se révèle bien vite comme un certain éden de ce point de vue là. Plus tard, nous passons par la péninsule de Coromandel, discrète et charmante, découvrons les sources minérales de Rotorua aux couleurs opalescentes et aux nuages de vapeur diaphanes, savourons la vue des cîmes enneigés des monts Ruapehu et Ngauruhoe, traversons le décor lunaire du Tongariro National Park et rencontrons de près des otaries sauvages sur les rivages de Cape Palliser. Que dire ? L'île du nord est belle, très belle, c'est incontestable.

Un mois et demi après notre arrivée, nous embarquons sur le ferry pour voguer jusqu'à l'île sud. L'une des légendes qui l'entoure est la suivante : les gens sont supposément plus hospitaliers dans l'île sud. Cette observation me laisse relativement perplexe, mais comme c'est parfois le cas, une réponse nous tombe du ciel : le soir venu, nous nous garons en bord de route sur les rivages de Kenepuru Sound. De la propriété d'en face sort soudain un homme aux allures de vieux rockeur (cheveux décolorés, coupe des années 80...). 5 minutes plus tard, nous ramassons tous ensemble coques et huîtres sur la plage. 10 minutes plus tard, il nous met des fusils de chasse dans les mains et l'on conduit son quad à tour de rôle pour s'enfoncer dans la forêt. 15 minutes plus tard, il fume du cannabis dans une tube de Berroca (vitamines). 30 minutes plus tard, on se goinfre ensemble de fruits de mer devant un bon feu de bois dans le jardin. Sur les coups de minuit, on traverse la route avec un canoë pour aller pagayer et jeter notre filet de pêche pour le lendemain. Et le lendemain, il ne nous laisse pas partir sans nous donner une bouteille de vin à emporter. Ai-je besoin de continuer ?

Bien évidemment, une rencontre insolite, aussi marquante et à point nommé soit-elle, ne peut pas vraiment devenir une généralité. Et n'oublions pas dans l'île du nord un couple de bons samaritains qui nous avaient sorti d'un fossé et offert une douche chaude ainsi qu'un endroit où dormir pour la nuit... la solidarité se rencontre partout ! Toutefois, la suite de notre voyage dans le sud nous a confirmé deux choses : premièrement, on y trouve davantage de gentils hippies, et deuxièmement il est plus facile de trouver des coins camping gratuits agréables et légaux. Et ça, pour le routard crevard, c'est la clé du succès !

Mais qu'en est-il de l'environnement ? Il semble difficile de surpasser la beauté de l'île nord, et pourtant... le nord de l'île sud relève le défi du Northland en matière de plages irréprochables, et se pose presque sur un pied d'égalité. Mais là où l'île sud fait mouche c'est surtout et avant tout pour ses montagnes... les Alpes du sud recouvrent une énorme portion du territoire et donnent un relief irrésistible à la région. Si, quand vous pensez Nouvelle-Zélande, vous pensez aux paysages à couper le souffle du Seigneur des Anneaux, c'est surtout dans l'île sud que vous retrouverez les sensations qu'ils ont pu éveiller en vous au cinéma... que ce soit en traversant Arthur's Pass, en suivant avec tenacité et émerveillement la longue route de gravier qui s'enfonce jusqu'aux pieds des montagnes à Erewhon Station ou en rendant une visite matinale au Mount Cook, un sentiment de liberté, d'espace et de force s'impose, et l'on s'imagine sans peine s'élancer au grand galop dans ces étendues attrayantes encadrées de hauts sommets...Bien que les deux îles fassent plus ou moins la même taille, en esprit on se plait à penser que l'île sud est plus vaste. Cette étrange notion se comprend peut-être mieux quand on songe à la répartition de la population : les 3/4 des néo-zélandais résident dans l'île nord. L'île sud contient donc seulement le quart des habitants du pays : toute la population de l'île sud équivaut à peine à la population de l'agglomération d'Auckland... vu comme ça, on comprend vite pourquoi cette île parait plus vaste, et est définitivement plus sauvage !

Au final, il va falloir s'y résoudre : pour une fois, nous ajouterons notre voix à la majorité. Quand l'heure viendra un jour de revenir en NZ, c'est dans l'île sud que nous choisirons de nous établir sans arrières-pensées... mais ça ne nous empêchera d'aller passer des vacances dans l'île nord ;-)

jeudi 20 mars 2008

jeu
20
mar '08

Christchurch, nous voilà !

Lewis PassNotre incartade néo-zélandaise devait bien avoir une fin, et nous avons donc pris la route par un mardi matin ensoleillé. Après des mois passés en l'agréable compagnie d'Alex, les aux revoirs sont rudes : on promet de s'écrire, on se serre encore une dernière fois dans les bras les uns des autres, on a les yeux humides et le coeur qui tangue mais l'appel de la route est le plus fort. Il est temps de quitter la personne qui constituait à lui seul notre famille et notre foyer en Nouvelle-Zélande : il est temps de revenir en Australie.

Le Van nous emmène donc une dernière fois par monts et par vaux : environ 450 kilomètres d'asphalte relient notre hâvre de paix près de Motueka à Christchurch, cité principale de l'île sud et notre port de départ. Avec une vitesse de croisière allant du 60 au 80 km/h, autant dire que la traversée dure toute la journée, et ce pour notre plus grand plaisir : il fait un temps magnifique et la route nous offre à chaque détour de nouveaux paysages attrayants. Nous passons les montagnes via Lewis Pass et l'on savoure la quiétude de vastes prairies encadrées de douces montagnes, on regarde défiler les forêts de pins et on contemple la vue sur de vastes fleuves aux eaux claires et pures, vertes et bleues. Le départ est proche, et en avoir conscience nous pousse à apprécier à sa juste valeur le décor kiwi : sa verdure et son relief sont des choses que nous ne retrouverons pas en Australie !

Arrivées à Christchurch en début de soirée, crevées mais satisfaites, on se rend chez la mère d'Alex qui va nous héberger pour la nuit. Du take-away chinois, un peu de parlotte et c'est l'heure de se coucher : vidées nous sommes, et l'appel de lits frais et propres est irrésistible.

ChristchurchLe lendemain sera dédié à se balader en ville. Une vingtaine de minutes de marche suffisent à rejoindre le centre depuis notre "chez nous", et l'on se promène ensuite avec plaisir sur Cathedral Square et dans les rues avoisinnantes. Bien loin de l'agitation chaotique d'Auckland, ou même du rythme énergique de Wellington, Christchurch nous rappelle Canberra : une cité verte, riche en parcs, en arbres et en jardins botaniques (on l'appelle parfois "Garden City" à raison), à l'ambiance calme et provinciale. Bien loin d'être une "véritable" ville moderne de verre et d'acier, Christchurch s'approche beaucoup plus d'un grand bourg de campagne, impression renforcée par les vieux tramways qui roulent leur bosse sur les pavés et ravissent les touristes ; par les quelques barques qui se laissent voguer sur les eaux d'une rivière bordée de saules pleureurs ; par les nombreux canards et mouettes qui ont élu domicile sur les pelouses ; et par les bâtiments de pierre au style ancien qui donnent son cachet à l'architecture locale.

Une visite du musée, quelques arrêts dans des magasins de livres d'occasion, une pause lunch bien accompagnée de smoothies aux baies et la journée a tôt fait de s'être en allée. Nous rentrons pour un dernier dîner kiwi en bonne compagnie : la conversation va bon train, une ambiance simple et chaleureuse s'installe sans peine et l'on se sent chez soi. Bien vite, la soirée tire à sa fin et il est temps de retrouver les bras de Morphée : le réveil va nous tirer du lit à 3h du matin, tout cela pour attraper notre avion qui décolle à 6h... il faut ce qu'il faut !

Cathedral Square