« Exploration urbaine » : sous ces deux mots innocents se cache une sous-culture développée d’aficionados des lieux oubliés de Paris. Toits, usines desaffectées, hôpitaux abandonnées, carrières poussièreuses ou catacombes humides, tout est prétexte à la découverte d’un univers étrange et méconnu. Initiation.
On se retrouve sur les coups de 22h, sur un parking anodin. Notre guide est là : ça fait 18 ans qu’H20 vagabonde dans les entrailles de Paris. Une dizaine d’autres nous rejoignent, et c’est parti : l’entrée dans la carrière se doit discrète, puisque l’activité que nous avons choisi d’entreprendre ce soir sort quelque peu du cadre du strictement légal.
Une glissade sous une énorme porte de fer et de tôle ondulée, et on y est. Mais où, exactement ? Cette ancienne carrière de pierre fût convertie en abri anti-aérien par l’OTAN suite à la seconde guerre mondiale. Cela fait maintenant une quarantaine d’années que le lieu a été relégué aux oubliettes. A l’intérieur, on retrouve pourtant des artefacts : le découpage en petites pièces numérotées, les cubicles des toilettes, l’énorme chaudière rouillée et… les tanks.
L’exploration, c’est aussi la décrépitude : des vélos à demi démontés, une vieille voiture aux fenêtres explosées, des graffitis aux murs, des plafonds qui se sont effondrés et des tuyaux qui dégoulinent des murs. L’exploration, c’est aussi la contorsion : on passe plusieurs « chattières », des ouvertures étroites entre mur et plafond qui laisse à peine glisser le corps de l’humain plié en quatre.
On ressort de la carrière peu après 2 heures du matin. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à aller se rouler dans le sable et s’écorcher contre des parpaings pour visiter des lieux somme toute lugubres et glauques ? L’exploration. L’envie de découvrir, la curiosité d’aller voir toujours un peu plus loin, le désir d’expérimenter des univers différents du quotidien, peut-être même la soif de savoir.
Des paysages de conte de fée de l’Australie aux clichés obscurs du monde souterrain, il n’y a qu’un pas qui n’est pas difficile à franchir pour le voyageur. Amis parisiens, on se verra peut-être un jour là-bas, dans le monde oublié qui dort sous la ville.
Un autre point de vue sur cette sortie sur le blog de mon amie Myaah : Les Carrières de l’OTAN
Galerie photo : Exploration urbaine
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La prochaine sortie, on espère, sera très proche :D
Weird ! Je savais que quelques allumés passaient le nouvel an dans les catacombes, ou lieux du genre. Je serai curieux de savoir comment tu es entrée en contact avec ce guide (mais ça, j’imagine que tu ne le diras pas en commentaire)
Bouche à oreille, la plus vieille méthode de communication du monde
Alors il me semblait bien, ça me paraissait bizarre: ce n’est pas une base de l’OTAN. La création date de 1949 exactement (voir Wikipedia). Donc ce que vous avez visité n’appartenait pas à l’OTAN, mais peut-être plus simplement à l’armée française, en tout cas par la Résistance.
Je sais, c’est du pinaillage, mais fallait que ça sorte xD
Non, il s’agit bien d’une base de l’OTAN. C’est moi qui ai fait un fâcheux lapsus dans l’article : l’OTAN a installé cette base à la suite de la 2nde guerre mondiale, et non pendant. La base a été occupée de 1952 à 1967 (date à laquelle la France a quitté l’OTAN, d’où l’abandon de la base).
Merci de m’avoir fait remarquer ma coquille, je corrige ça de suite
Hé bien j’avais déjà entendu parler de l’exploration urbaine dans une émission de France Inter (je Podcaste à mort), et ça ne m’étonne pas que Toothbrush Nomads s’y soit jeté corps et âme :-) à l’aventure. Illégale ! :-)
Hinhin… prochainement : notre rencontre avec les représentants de l’ordre au coeur des catacombes
!
Ahahaha le meilleur pour la fin ! :D
Exploz ce n’était pas Roudoudou qui parlait ?
“S’y soit jeté corps et âme”
HAHAHA !!!!! Non Stef je ne me moque pas,!!! tu t’es bien jeté corps et âme dans les rapides d’une rivière !! Et dire qu’elle prétend etre peureuse !!!