Après l’Australie et la Nouvelle-Zélande, voilà que j’ajoute un nouveau pays à la liste de ceux où j’ai profité des bienfaits du réseau HelpX : cette fois, ce n’est autre que la France elle-même que je choisis de découvrir comme j’ai auparavant parcouru les campagnes du Queensland ou du Victoria. Au retour en métropôle, je passe donc cinq semaines dans les Pyrénées-Orientales, à une heure de route de Perpignan. Mon village porte le charmant patronyme de Sahorre, il est blotti au pied de la Capsole et du pic de Très Estelles. J’habite peu après le petit bourg en lui-même, dans un ancien hôtel : rachetée par un couple de britanniques il y a 3 ans, cette énorme maison de 3 étages, aux murs blancs et au toit de tuiles, est maintenant en pleine phase de grandes rénovations.
C’est là que j’entre en jeu : chaque jour, je mets la main à la pâte en devenant moi-même un instrument de ce vaste remue-ménage. Très vite, je perds le compte des centaines de kilos de gravier, de gravas, de ciment, de sable et de terre que je manie et déplace à tout bout de champ au moyen d’une pelle et d’une brouette. Il y a d’immenses pelouses à tondre, toute une sélection de lits de fleurs à désherber ; des arbres, arbustes et ronces à élaguer à coup de hache, de sécateur, de serpe et de tronçonneuse. Tout autour de la piscine, j’installe le réseau électrique qui permettra aux lampes d’extérieur de fonctionner : passer les fils dans des gaines de protection et les enterrer en toute discrètion dans des tranchées creusées au préalable, percer des trous dans les murs parfois, faire les connexions et les jonctions… et enfin, appuyer sur l’interrupteur pour s’apercevoir avec satisfaction que tout fonctionne proprement.
Mes hôtes, Darren et Jay, ont la trentaine. Ensemble, ils ont une petite fille de 11 mois, Evangelle. En l’espace des cinq semaines que je passe avec eux, je la vois progresser du quatre-pattes à la station debout : une fois lancée, elle déambule sur ses deux jambes à travers toute la maison, à la recherche de bêtises à commettre.
Travail ou repos, nos journées sont rythmées de pauses thé. Moi qui croyais que les australiens étaient déjà de gros consommateurs de l’agréable breuvage, me voici détrompée : chez les britanniques, le thé est une sacro-sainte addiction. Il y a la tasse de thé du petit-déjeuner, celle de la pause de 11H, une après le déjeuner, une dans l’après-midi, une avant le dîner, une après le dîner, et une petite dernière avant de se coucher… sans compter toutes les tasses qui peuvent venir se glisser entre-deux, histoire de !
Pendant mon temps libre, je profite de la piscine aux eaux encore fraîches mais indéniablement bienvenues après une journée de travail physique sous le soleil estival. Et puis, surtout, je pars en randonnée sur les multiples sentiers qui quadrillent la région. Je monte contempler la vue depuis la tour de Goa, je me baigne dans un gourg glacé au pied de la cascade des anglais : l’eau crystalline qui provient directement des montagnes avec la fonte des neiges ne se réchauffe jamais, même en plein juillet. Je grimpe à Notre Dame-de-Vie, église pittoresque surmontée d’une grande caverne où trône un petit autel fleuri, et dont les alvéoles servent de nids aux hirondelles. Je reviens chez moi à pieds depuis Villefranche-de-Conflent, à travers la forêt qui s’ouvre parfois sur des panoramas époustouflants, face au Canigou.
Deux fois, mes hôtes m’accompagnent. Darren et moi partons en quête du sommet de la Capsole, mais ne parvenons qu’à nous égarer sur le chemin de Py. Qu’importe : à flanc de falaise, le sentier spectaculaire ne saurait nous décevoir. Une autre fois, c’est toute la petite famille au complet qui se met en chemin vers l’abbaye Saint Martin du Canigou. Mais le dernier jour de mon séjour, c’est seule que je choisis de me lever à l’aube pour quitter la maison sans bruit et me diriger vers un dernier sentier, une dernière balade : le pic du Cogollo. Un sentier solitaire et sublime comme je les aime, où je ne croise pas âme qui vive si ce n’est les papillons qui butinent aux bourgeons. La lumière est douce sur la vallée du Cady à mes pieds. Les montagnes m’enserrent peu à peu, et j’aperçois les silhouettes familières de marches passées : la tour de Goa dépasse de la ligne d’une crête, la cascade des anglais s’écoule au fond des gorges de Saint Vincent. Au sommet, je quitte le chemin pour crapahuter sur les rocs à pic qui mènent jusqu’à une croix-repère. 360° de bonheur.
Mon mois pyrénéen est arrivé à sa fin, mais il m’a confirmé ce que je savais déjà : la France est aussi un voyage, apprécions le !
Galerie photo : Pyrénées Orientales




























Très belle région que celle des Pyrénées-Orientales, merci de nous la faire découvrir de la même façon que les terres lointaines d’Australie
Ca semble si lointain, pourtant c’est plus près que l’Australie !