Le voyage sans retour

924  250x 256 Hattah Kulkyne 01 Le voyage sans retour A la lecture de notre bref billet commémorant nos deux ans de voyage, mon ami Romain a émis une simple question : est-il vraiment possible de rentrer ? Après tant de liberté, est-il possible de retourner à une vie normale ?

Pour répondre à cette question, il faut peut-être commencer par considérer ce qu’est une vie qui colle aux normes. Nous avons tous laissé des bribes de cette existence derrière nous avant de prendre la route : la famille, les amis, les études, la carrière, le traintrain. Pour certains, la question du retour est une simple évidence : la famille est aimante, les amis fidèles, les études ou la carrière effectuées dans un domaine qui passionne réellement. Cette vie toute tracée (autant qu’humainement possible, du moins) inspire le contentement à ses différents protagonistes, et on ne peut qu’être heureux pour eux.

Mais soyons francs. La plupart d’entre nous ne possèdent pas une vie toute tracée, ou la possèdent parfois à « l’insu de leur plein gré ». Il est possible d’avoir une famille aimante et d’en fonctionner en indépendant. Des amis nouveaux peuvent se trouver aux quatre coins du monde, et l’ère des télécommunications rend aisé de garder le contact avec ceux qu’on laisse derrière soi. Et surtout, facteur déterminant du mal-être de certaines générations, les études ne sont pas forcément une passion. La carrière n’est pas si souvent une vocation. Combien sommes-nous, étudiants semi-désoeuvrés, à errer aux bancs de nos universités parce qu’au fond nous ne savons pas vraiment quoi faire d’autre ? Combien à choisir des filières au hasard, combien à poursuivre des emplois à fins uniquement alimentaires ?

Combien d’entre nous ont-ils réellement une vie à laquelle ils veulent retourner à tout prix ?

Pourtant, à l’heure du départ, le premier choix offre souvent une symbolique contradictoire : la majorité des voyageurs achèteront un billet aller-retour sans même y penser à deux fois. La date ouvrable est régulièrement citée comme l’atout flexibilité de certains de ces nouveaux voyageurs. Mais la date ouvrable ne vous fera pas dépasser les limites des 365 jours et du revenir au bercail, elle vous permettra simplement de les moduler un tant soit peu. De quitter l’Australie depuis Perth plutôt que depuis Sydney, un lundi plutôt qu’un jeudi. Aurez-vous vraiment envie de rentrer chez vous après un an ? Faut-il renier, par l’absence de pensée, la possibilité d’une quête plus longue ? Faut-il réellement s’arrêter de voyager à la limite arbitraire des 365 jours ? Faut-il revenir ? Revenir pour quoi ?

Quelques fois, au fil de mes errances sur la toile internet, je découvre un extrait de blog, un petit paragraphe où quelqu’un couche ses pensées à la vue du monde. A la veille du départ, certains profèrent des mots qui me paraissent fous : « je prends cette année pour moi, je fais ce que je veux, et après je reviens au monde réel pour travailler le reste de ma vie ». Bien sûr, les phrases sont rarement si abruptes, mais l’idée générale y est. Ce n’est pas un concept étrange aux normes de notre société : l’année sabbatique, la « gap year » ou « break year » comme l’appellent nos amis anglophones. Un an pour voir le monde. Un an pour être jeune et fou et libre. Un an pour vivre.

Pourquoi un an ?

La réponse est pour beaucoup une autre question : « et ma retraite ? » La première fois, cette modeste demande m’a fait connaître la plus vaste stupéfaction. Nous autres, visa vacances-travail, sommes par définition âgés de moins de 30 ans. Enormement sont en réalité âgés de moins de 25 ans (nous-mêmes avions 22 ans au moment de notre départ). Et pourtant, déjà, de plus en plus, la retraite est un souci récurrent aux esprits de ces futurs voyageurs. Qu’est-ce que la retraite ? Bien sûr, elle vous aidera dans vos vieux jours. Dans cinquante ans, sur un trottoir et sous un carton, je ferai moins la maline sur la question des retraites me direz-vous. C’est sans doute vrai. Oui, mais et alors ? Est-ce réellement faire preuve de bon sens que de sacrifier ses « plus belle années » sur l’autel de ses vieux jours ? Faut-il jeter sa vie dans les mâchoires du travail pour avoir le privilège de se faire chier devant la télé quand viendra l’heure des rhumatismes et de l’arthrose ?

1686  250x 1006 Mount Chambers Gorge 01 Le voyage sans retour Qu’allez-vous faire, quand vous serez vieux, que vous ne pouviez pas faire jeunes ?

Qu’allez-vous ne pas pouvoir faire parce que vous ne serez plus jeunes ?

Ce sont des questions sérieuses que je vous invite à considérer avec la plus grande attention. « On a qu’une vie » nous dit-on. Peut-être faut-il davantage se demander ce qu’on veut vraiment en faire.

Quand sonne le glas du retour, tout le monde n’est pas heureux. Certains éprouvent de grandes difficultés à se ré-adapter à leur ancienne vie, ils parlent de « dur retour à la réalité ». Tout le monde vient alors débattre sur les degrés et les manifestations de cette difficulté. Mais ce qui est, à mon sens, véritablement intéressant se trouve à côté : la réalité n’existe nulle part ailleurs que dans l’esprit humain. Oui, nous évoluons dans un monde de contraintes physiques et d’organismes biologiques auxquels nous comprenons bien moins que nous ne voulons le croire. Mais la réalité, elle, se passe au creux de nos âmes, dans notre perception spirituelle et émotionnelle des situations auxquelles nous sommes confrontés. Si les conventions, les « normes », de notre société veulent faire du monde du travail et de ce qui l’entoure la « réalité », ce n’en est pas moins une idée erronée. Tout comme la vie de voyage n’est pas non plus la réalité. Ces styles de vie aux antipodes l’un de l’autre, et tous les autres styles de vie imaginables, sont tous une réalité. Il n’appartient qu’à tout un chacun de choisir celle dans laquelle il souhaite évoluer.

Est-ce que je compte revenir ? Non, pas au sens classique du terme. Je compte revenir à l’île qui m’a vu naître et grandir, je compte revenir à ma famille, je compte revenir à mes amis, je compte revenir à tout ce que j’aime et qui, parfois, me manque. Mais ce retour n’est pas une finalité : il n’est qu’une étape de plus à la progression de mon existence. Comme certains se plaisent à le tourner, je vais revenir pour mieux repartir.

Mon existence, elle, va poursuivre son cours inarrêtable. Il ne faut jamais se leurrer. La vie n’a que peu de certitudes : naître, changer, mourir. Aussi dur que nous travaillions, que nous voyageions ou que nous faisions quoique ce soit d’autre, notre existence ne peut qu’avoir une seule issue. Que faire avec, si ce n’est donner le meilleur de nous-mêmes pour faire ce qui nous rendra les plus heureux, les plus forts, les plus fiers et les plus dignes ?

Où sont vos rêves ?

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Déjà 25 commentaires sur ce post, on attend le tiens !

  1. C’est tellement bien écrit que je ne vois pas quoi ajouter. A l’heure où l’on envisage de prendre la route à notre tour, vos récits sont une source d’inspiration dont la richesse est sans cesse renouvelée.

    Je vous souhaite une longue route, à mi-chemin entre rêve et réalité.

    MiKL 6 November 2008 at 06:15 Reply
  2. Cet article est un condense de bonnes reflexions.

    Je me rappelle avoir eu une discussion la-dessus avec Aurelie, avec un passager de mon premier road-trip. Elle etait persuadee que le retour en France serait synonyme de retour a la routine et qu’on reprendrait rapidement nos petites habitudes. Je n’etais pas du tout d’accord avec ca. Pour moi, personne ne peut revenir inchange d’un tel voyage. Ensuite, ca depend beaucoup de la vie de chacun, et surtout de ce que chacun veut faire de sa vie.

    Puisque je suis cite au debut de ce joli article, je me permet de donner mon sentiment personnel… J’aime cette vie de voyage, mais j’aime egalement beaucoup ma vie en France. Mon travail me plait, mes amis et ma famille sont la-bas… Bref, la grande question pour moi n’est pas vraiment "est-ce que je vais rentrer ?" mais plutot : "ou serais-je dans trois ans ?" Est-ce que le virus du voyage m’aura rattrape et je serais a nouveau sur les routes, ou est-ce que j’aurais fonde une famille, change de boulot ? Il n’y a pas de mauvaises options. Il faut juste choisir en connaissance de cause, et surtout pas en se disant : "Tout le monde fait comme ca, alors je dois faire pareil".
    Le but dans le vie, au final, c’est d’etre heureux. A chacun de trouver le meilleur moyen d’y parvenir.

    C’est plutot marrant, parce que j’ai un article programme pour etre publie sur mon blog dans quelques heures (le matin en France). Ce n’est pas exactement du meme accabit, et de toute facon beaucoup moins joliment ecrit. Mais c’etait egalement une sorte de bilan sur ma vie en Oz, depuis 5 mois.

    Un courant d’inspiration mystique a du souffler sur l’Australie ces derniers jours !!

    Bonob 6 November 2008 at 07:05 Reply
  3. Justement, nous allons vivres notre rêve… celui de venir en Australie ! A 28 et 26 ans, nous serons parmi les plus agés des WHV ;-) mais peu importe. Nous avons pris un billet aller-retour qui rassure les proches et la famille, mais surtout parce que nous avons envie de revenir. Mais pour nous "revenir", c’est revenir en Europe plus proche de nos amis et de notre famille sans savoir quelle sera notre destination, ni même si nous ne resterons pas plus qu’un an… Chaque chose en son temps, dans un an, nous serons différents et nos envies également, nous verrons bien. Une chose est sûre, nous allons profiter au maximum de ce voyage en Australie qui est notre REVE !!

    Laurent 6 November 2008 at 09:30 Reply
  4. Désolé de casser tes espoirs, mais j’approche de la trentaine… Tu ne seras pas le plus vieux WHV en Oz, mate !

    En tout cas, change rien, tu as l’air d’avoir le bon état d’esprit. Les trois lignes de conduites australiennes, ça pourrait se résumer à :
    "Have fun"
    "Take it easy"
    "Wait and see"

    En tout cas, vivez votre rêve, ça vaut le détour !!!
    (Et à moins d’être bouddhiste, si tu ne vis pas tes rêves maintenant, tu le feras quand ?)

    Bonob 6 November 2008 at 10:01 Reply
  5. C’est très bien écrit..
    Je commence ma quête l’année prochaine, je suis pas fait pr travailler ou plutot j’ai tjs pas trouver le bonheur en travaillant.
    Ose ta vie, toi seul la vivra et crois en tes rêves! a été une révélation pr moi,tt comme into the wild, maintenant que je découvre bcp de gens comme vous, et que je partage complètement ton opinion sur la question du retour, j’envisage aucun avenir à être carrieriste. Merci en tt cas pour les récits et les photos, ça passe nickel au boulot!
    a+

    antone 6 November 2008 at 14:25 Reply
  6. Je vois que ça réfléchit dur au pays des kangourous ! :D
    En tout cas c’est vrai que c’est bien écrit !

    unjourenoz 6 November 2008 at 17:30 Reply
  7. C’est tellement vrai…
    Pourquoi user sa vie à travailler pour ne pas en profiter assez ?
    Le monde nous appartient. La Terre sur laquelle nous vivons, nous devons la connaitre. On doit aller à sa rencontre. Elle a tant de choses à nous donner. Une Terre que beaucoup ne connaissent à peine. Un monde entier à découvrir.
    Passer sa vie à silloner…
    <3 Etre libre ,notre raison de vivre. Chacun doit être libre. A nous de le vouloir.
    Bonne route à tous !
    Et très bon blog les Nomad’s !! ;)

    Soleil121287 6 November 2008 at 23:24 Reply
  8. Quelle est ton reve ? Une vie de vadrouille,
    Rentre et puis repars, encore et encore, mais ne parcoure pas le monde pour accumuler le materiau de tes futures nostalagies.
    Ayant partage un bout de route avec toi, te connaissant un peu, je me suis posee la question, celle que je n’ai pas encore pose, que recherches tu dans tes voyages ?
    Car la source n’est jamais bien loin de chez soi.
    Dans ton voyage apprend a revenir

    Nanie 7 November 2008 at 02:41 Reply
  9. Merci à tous pour vos commentaires, ça fait plaisir de voir que c’est un thème qui déchaîne les passions ;)

    "que recherches tu dans tes voyages ?"
    => grande question qui pourrait entraîner la rédaction d’un second article ! Présentement, pourtant, j’ai envie de faire bref : je ne cherche plus, je trouve.

    Bon voyage à tous ceux d’entre vous qui sont au début de l’aventure… :)

    Toothbrush 8 November 2008 at 03:00 Reply
  10. Très bel article !
    Etant moi aussi sur le départ et pas si jeune (28ns), ma réponse à toutes les questions de la famille/amis/proches/connaissances… a été : "une année ou le profit (occidental) est mis de coté !".

    léon 12 November 2008 at 14:01 Reply
  11. Salut les nomades ! Comme chez vous, chez nous aussi le voyage remue questions essentielles… Pour ma part je voyage pour chercher quelque chose que je ne sais pas encore définir, et comme je suis persuadée que la réponse n’existe pas vraiment et bien je suis déterminée à continuer à vivre en voyageant, de toutes les manières qu’il soit. Même si je décide de retourner vivre en france, (où celà dit je n’étais ni malheureuse ni obligée de suivre un exemple de vie restrictive et où mes études me passionnaient beaucoup) je sais que la part de rêve, de voyage et de découverte sera toujours importante… Mais pour le moment on est là, et on continue donc à vivre avec les mouches. Avec le sourire, mais attention de ne pas les avaler.

    Exploz 15 November 2008 at 08:42 Reply
  12. salut les nomads
    ce post m’a donné l’envie de sacrifier 10 dollars ce soir pour jouer à lottowest!!!!
    histoire de faire durer notre parenthèse, car nous sommes à M-2 de l’échéance.
    stef

    stef 20 November 2008 at 23:04 Reply
  13. Bonjour,
    Ca fait un petit moment que j’ai découvert votre blog, et je me suis attachée à le lire depuis le début. Aujourd’hui, j’arrive sur cet article.
    Qui me touche, énormément.
    Depuis 2 ou 3 ans, je me pose des questions.
    Cette année, je me pose les questions de plus en plus sérieusement : c’est quoi, la vie ? Qu’est-ce que je vais faire de la mienne ?

    L’idée a commencé à germer, il y a bientôt un an.
    Je vais partir en Australie.
    WHV, un an, et j’espère vraiment plus.
    Voyager dans ce coin-là.
    J’ai pas envie de rester là sans rien faire, en attendant que ma vie se passe et me laisse avec des regrets…

    Merci pour ce blog, le récit de vos aventures, qui renforcent mon envie de découvrir ce pays.

    aWa 4 January 2009 at 14:47 Reply
  14. Bonjour à tous,
    Superbe article !
    Nomades dans l’âme, nous le sommes tous plus où moins : nos lointaines origines ?
    Quoi qu’il en soit, je caresse le rêve de partir, depuis tout petit. Et comme Steph l’a si bien dit, nous sommes vite pris par la routine de la vie : celle qu’on pense être la vraie, la seule, celle qui répond à nos besoins matériels. On est entouré d’amis, de collègues, par la famille et on ne se pose plus de question.
    Et soudain la vie bascule : c’est ce qui m’est arrivé !
    A 35 ans passé avec une très belle situation professionnelle, je me suis retrouvé dépossédé de tous repers sociaux : alcoolisme mondain d’abord puis rapidement “poch’tron”, le divorce a suivi et je me suis retrouvé pendant 13 mois derrière les barreaux (de mauvaises fréquentations, certainement ?!).
    Et là, là on a le temps de réfléchir. De faire le point. De juger et de jauger ce qui est essentiel de ce qui ne l’est moins.
    A ce stade, je croyais encore à la possibilité de me réincérer. Mais à ma sortie, la vraie prison qui a commencée. Car tant qu’on est enfermé on peut imaginer que ceux qui nous entourent seront là. Sans être utopique, je savais qu’il faudrait remonter la pente et je pensais pouvoir le faire. La volonté et les bonnes résolutions étaient pourtant là, mais comment lutter contre les préjugés ? Que faire face à l’incompréhension des personnes qui nous entourent ? Rien ! Où peut-être que je n’ai pas su faire…
    Alors, j’ai décidé de m’y prendre différement. Avant tout il a fallu que je me “refasse la cerise”, c’est à dire que je me retrouve tel que j’étais avant ma descente aux enfers.
    Après 3 ans, c’est chose faîte ! Et bien faîte même car mon “sale” passé n’est plus qu’un mauvais souvenir pour moi (…toujours pas pour ceux qui m’entour…aient) ! Je me lève le matin, heureux de vivre. Seulement pour cela il a fallu que je quitte ma ville d’origine pour m’installer à 150 kms afin decouper les ponts avec mon passé : il me tournait le dos, alors je l’ai fuit !
    C’est lâche me direz-vous, mais c’est aussi une manière de repartir sur du neuf. Et puis, il faut dire que dans mon malheur je n’ai pas tout perdu, à commencer par mes 2 enfants de 11 & 15 ans qui vivent avec moi (j’en ai la garde principale).
    Côté matériel, il y a l’entreprise que j’avais acheté avant mes problèmes. Aujourd’hui elle me permet de vivre confortablement sans avoir à y mettre les pieds (je ne l’ai pas emportée dans mes valises) ; seuls quelques mails et coups de fil par semaine, suffisent à assurer sa péreinité grâce à la directrice que j’ai recruté et qui “assure” professionnellement.
    Enfin, cerise sur le gâteau, j’ai rencontré une Femme Merveilleuse (pas marginale…), qui m’accepte avec mon passé.
    Voilà, le décor est planté.
    Vous êtes toujours là ?
    Alors j’en viens au voyage à proprement parler.
    Comme je le disais plus haut, on est (naît ?) plus ou moins voyageur. En ce qui me concerne, mon boulot m’a permis d’aller loin, très loin.
    Alors inutile de vous dire que lorsqu’on est enfermé 22h/24 on a le temps de penser à Mohammed le chamelier (Tunise), à Johnny le plongeur en apnée et pêcheur de langouste à la torche la nuit…(Réunion), à Sam le rappeur New-Yorkais qui fait la manche dans le métro. L’odeur des p’tits restos des soucs d’Ourgadaa me revennaient souvent en mémoire lorsque mes “hôtes-geoliers” servaient le dîner à…17h30, etc… 13 longs mois à se demander tous les jours si on reverra le soleil en face !!!
    Cette période a changé ma vie.
    Mes enfants grandissent et, à 41 ans je n’ai plus grand chose à attendre de la vie ici. Je connais notre culture par coeur, je sais le bons et moins bons côtés de la France et je l’accepte.
    Mon parcours chaotique m’a permis de connaître des personnes allant de la plus basse à la plus haute couche sociales : du Rom incarcéré pour vol de moteur hors-bord au PDG d’une multinationale employant 120.000 personnes à travers le monde (et accessoirement émargeant à plus d’1 M€/mois…)
    Certain on dû décrocher depuis longtemps, non ? Alors je fais vite.
    Je pourrai me contenter de la vie que j’ai maintenant : une vie agéable et bien rangée.
    Mais j’ai développé, exhacerbé pendant 13 mois, une incommensurable envie de partir, de concrétiser mon rêve.
    J’ai beaucoup travaillé sur mon projet et je continue. Tous les éléments sont réunis : l’argent (les dividendes de ma société), le temps disponible et mon age (pas trop avancé…)
    Etant né un 9 sept. je voulais initialement partir le 9/9/2009 pour fixer une date. Cette échéance approche, je suis prêt mais…je ne partirai pas car je veux encore accompagner mes enfants.
    La date n’est donc pas définitive ; pourtant je suis dans les starting-blocks.
    Tout est prêt : le périple (Europe du Nord, Proche et moyen Orient, Asie, traversée du japon au Chili, remontée de l’Amérique du sud puis des Etats-Unis et enfin le retour) , puis la durée (entre 3 et 5 ans), le mode de transport (petite camionnette aménagée), etc… Mon Amie aussi est prête. Nos 4 enfants (à nous 2) sont encore trop jeunes pour que nous nous “envolions”.
    Mais le jour J arrive.

    Exploz a dit : “Pour ma part je voyage pour chercher quelque chose que je ne sais pas encore définir, et[...]la réponse n’existe pas vraiment “.
    Et bien moi c’est un peu l’inverse : je ne voyage pas encore (hormis dans ma tête…) mais je sais que je m’enrichirai et finirai ma reconstruction au fil de mon voyage.

    Lorsque je connaîtrai la date, je vous communiquerai l’adresse de mon site.
    Y aura-t-il des curieux pour suivre notre périple et mes récits ?

    Bonne et longue route à tous !!!

    Max 2 April 2009 at 21:58 Reply
    • Ca c’est un message comme on en voit pas tous les jours ! Merci d’avoir partagé ta petite (ou pas ;) ) tranche de vie ici Max, et surtout bonne chance pour la suite. Tiens moi au courant pour ton futur blog !

      Toothbrush 2 April 2009 at 21:59 Reply
  15. J’ai adoré ton article :)
    Même si je ne suis pas encore partie (en Australie en tout cas, le départ est prévu dans qq mois :)) je me retrouve bien dans ce que tu dis.
    A quoi bon rester en France, ou y revenir, quand rien ne nous incite à y revenir…?
    Et le monde est bien trop vaste pour se contenter d’un seul pays (surtout lorsque le dit pays est aussi petit que la France…^^)

    Maïlys 26 January 2012 at 01:43 Reply
  16. Je lis ton blog depuis 1h, il est FANTASTIQUE. merci…

    David 13 May 2012 at 02:00 Reply
    • Merci à toi du compliment, et bonne lecture sur ToothbrushNomads ! ;)

      Toothbrush 13 May 2012 at 02:45 Reply
  17. Ton article me laisse sans voix. Ca donne envie de vivre.

    Camiiille 23 May 2012 at 23:57 Reply
    • Merci pour ce très beau compliment, Camille :)

      Toothbrush 24 May 2012 at 00:00 Reply
  18. Juste … merci, merci pour ces mots si justes et si vrais.

    Je file lire tout le reste, qui s’annonce passionnant, et je prends pleins de notes, pour dans quelques mois ..!

    Amitiés,
    Cha

    Cha 4 July 2012 at 16:22 Reply
    • My pleasure ;)

      Toothbrush 4 July 2012 at 22:24 Reply
  19. Comme tous les commentateurs ici, je me sens directement touchée par cet article et partage l’incompréhension face à ceux qui rentrent d’une telle aventure pour reprendre leur vie francophone là où ils l’avaient laissée.
    Mais chose que je suis finalement parvenue à accepter sans la comprendre, beaucoup semblent satisfaits de leur vie “toute tracée” études-boulot-vacances-famille-traintrain (ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle en soi, ce serait l’hécatombe sinon).

    Sur le fait de prendre le billet retour ou non, mon idée à la base était d’acheter “un aller simple vers ailleurs” vu que je compte me rendre en Asie après mon aventure australienne. J’ai finalement opté à contre-coeur pour le package aller-retour, sous pression affective d’une part mais surtout pour être présente à 2 mariages… qui n’auront finalement pas lieu (haha). Au final, je ne sais pas si j’en profiterai et si c’est le cas je ne ferai que rebondir en France pour mieux repartir.

    Globalement, ça fait 2 mois que je suis en Australie et j’ai l’impression de rencontrer 4 sortes de WHV : ceux qui sont là pour faire la fête pendant un an (souvent les plus jeunes), ceux qui fuient littéralement leur pays (majoritairement des Irlandais jusque là), ceux qui ont besoin de changer de vie à court ou long terme et des globetrotters (qui vivent et travaillent en changeant régulièrement de pays). Et vous, quels sont vos expériences et ressentis sur le sujet ?

    En ce qui concerne l’imaginaire du voyage, voici quelques liens récents(ça m’a donné plein d’idées pour un billet de blog tout ça) si ça en intéresse:
    - Un dossier en partie en ligne sur le magazine Sciences Humaines : http://www.scienceshumaines.com/pourquoi-voyageons-nous_fr_29142.html
    - Une émission sur France Inter sur le même thème où sont traitées des questions telles que “pourquoi voyage-t-on?”, “que découvrir quand tout est raconté dans les guides et sur Internet?”…. : http://www.franceinter.fr/emission-le-debat-de-midi-l-imaginaire-du-voyage

    “Troquer des rêves contre des souvenirs”
    “Partir c’est redécouvrir chez soi”
    “Voyager c’est recréer son quotidien, c’est créer ses habitudes idéales”
    Et ma préférée : “Je suis ce que je veux être au moment où je veux l’être à l’endroit où je veux”

    Pour conclure, un article qui résume ce que j’ai percuté l’année dernière sur une plage au Cambodge et qui me semble être partagé par nombre de voyageurs : n’attendez rien de ce qui est présentée comme une prétendue sécurité, un confort illusoire et une amélioration qui ne viendra pas, l’opportunité est ailleurs http://www.liberation.fr/societe/2012/09/03/jeunes-de-france-votre-salut-est-ailleurs-barrez-vous_843642

    Sur ces bonnes paroles, bonne continuation à Toothbrush Nomad :)

    La fourmi pirate 11 September 2012 at 09:26 Reply
  20. Je lis ton article pour la troisième fois en quelques mois, et il reflète toujours aussi justement mon état d’esprit… Je ne pourrais pas trouver de mots plus justes, alors maintenant que je suis en Australie je renvoie mes amis vers ce lien :-)
    Merci et bravo pour cet article, et pour ton blog en général !

    Caro 5 October 2012 at 09:48 Reply
    • Merci – ça fait chaud au coeur ! ;)

      Toothbrush 5 October 2012 at 09:55 Reply

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A propos

Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.

Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.

Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !

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