Ce week-end, j’ai profité d’une journée de beau temps pour visiter Somes Island, ou Matiu. Cette petite île de 25 hectares située en plein port de Wellington, à 20 mins de ferry du centre-ville, est un véritable monde à part : une réserve naturelle riche en histoire, et où les efforts de réhabilitation de la faune comme de la flore ont fait de véritables miracles.
Mon samedi commence par un acte hérétique : la sonnerie du réveil. Plutôt que de succomber aux attraits de la grasse mat’, j’ai décidé de me lever tôt afin de démarrer ma journée en contemplant le lever de soleil sur Wellington.
Le chemin que je prends tous les jours pour me rendre au travail me fait descendre des collines de Hataitai pour rejoindre le rivage au niveau d’Oriental Bay, où je ne suis pas la seule à avoir décidé de faire une opération photo ce matin là.
Après un petit passage par mon café préféré pour le petit-déjeuner (cappuccino et crumble aux baies et au chocolat blanc, si vous voulez tout savoir…), je poursuis mon chemin à pied le long du front de mer pour me rendre jusqu’à l’embarcadère de Queens Wharf. L’occasion d’admirer quelques sculptures, l’architecture locale et le sens de l’humour des néo-zélandais :
A Queens Wharf, je fais connaissance avec le petit ferry qui va m’emmener jusqu’à destination… apparemment sponsorisé par le journal de Wellington, le Dominion Post.
Un billet fraîchement acquis en main (NZ$22 l’aller-retour), je monte à bord et avec le vent qui nous pique le visage, nous laissons rapidement la city derrière nous…
Il nous faut à peine 20 minutes pour rejoindre Somes Island, dont la côte abrupte et rocailleuse parait dégouliner de végétation. De nombreuses mouettes survolent les lieux. Avant d’être lâchés sur l’île, nous passons par la « whare kiore » (littéralement « la maison aux rats » en Maori !). Il s’agit simplement d’une cahute où la ranger souhaite la bienvenue à tout le monde, et nous demande de bien vouloir attentivement fouiller nos sacs afin d’être certain de ne pas avoir amené un rongeur avec nous !
Au prix de bien des efforts, Somes Island est en effet « pest free », c’est-à-dire qu’il n’y a aucun prédateur exotique ici. De fait, la faune endémique est à nouveau libre de prospérer sans craindre de se faire bouffer, ce qui a fait de Somes Island un endroit idéal pour la réintroduction d’espèces menacées sur le continent néo-zélandais : kakariki (perroquet), tuatara (lézard) et weta (insecte) sont quelques-uns des animaux 100% kiwis qui sont communs sur l’île.
La fouille terminée, tout le monde se disperse. Je commence ma visite le long de la côte de par et d’autre de la jetée : ces quelques centaines de mètres représentent le seul pan accessible du rivage. J’y rencontre mouettes et huîtriers. Au large, de l’autre côté de la baie, l’hélicoptère Westpac, dédié aux missions de sauvetage, vrombit à toutes berzingues au-dessus d’un bateau de garde-côte. Impossible d’en savoir plus.
En suivant les chemins de l’île, je prends ensuite un peu de hauteur, ce qui permet de contempler les environs à volonté : au nord, vue sur Petone et les montagnes des Tararua en arrière-plan, au sud vue sur les buildings de Wellington. A l’est, la chaîne des Rimutaka.
Sur certains des récifs le long du rivage, des cormorans ont élu domicile. Ce sont eux qui ont inspiré les volontaires de la société Forest & Bird à réhabiliter Somes Island : auparavant presque entièrement défrichée, l’île est maintenant à nouveau couverte d’un manteau de forêt native, grâce à des replantations massives.
Je vous parlais auparavant des animaux qui ont été réintroduits ici. L’un d’eux, le weta, est un insecte géant. Ici, les volontaires écolos les aiment tellement, qu’ils leur ont même construit des motels : des troncs d’arbres creux où des fenêtres de plexiglas laissent les visiteurs observer les weta endormis dans leurs « chambres ».
Alors, certes, on a beau savoir que le weta est une créature unique, endémique et protégée (et dotée d’une personnalité charmante selon les rangers…), difficile de ne pas avoir quelques frissons de répulsion vu la taille de la bestiole. Heureusement, pour ceux qui comment moi préfèrent les bêtes à plumes, ce qu’on croise surtout sur les sentiers de Matiu ce sont des kakariki, ou « red-crowned parakeet » :
Quelle joie de voir des perroquets aussi facilement et aussi souvent, l’espace d’une journée ! On ne peut que se prendre à rêvasser au jour lointain où ils seront de nouveau communs sur les îles principales…
En poursuivant la marche, on tombe sur quelques sites historiques, à commencer par un vieux phare dont la peinture s’écaille lentement au creux de la forêt régénérée. Dans les pâturages qui composent encore le sommet de l’île, d’anciens emplacements militaires recouverts de lichen qui abritaient des canons anti-aériens lors de la Seconde Guerre Mondiale.
L’un dans l’autre, je passe 3 bonnes heures à déambuler sur l’île – pourtant, le sentier qui en fait le tour peut se marcher en moins de 45 minutes ! Mais le but n’est pas de se hâter, bien au contraire. Sur Somes Island, il est bon d’écouter souffler le vent, et de n’avoir sa sérénité troublée que par les cris des mouettes et des kakariki. Prendre le temps de se détendre, de contempler chaque vue, d’en apprendre davantage sur la riche histoire humaine et naturelle du site, de discuter avec les personnes rencontrées au fil de la promenade.
De retour à la jetée, avec vue sur les Tararua et une mouette pour compagnie, je n’ai plus qu’à dégainer un livre et bouquiner paisiblement au soleil en attendant le ferry qui me ramènera à la ville. Un autre monde.
En savoir plus : Somes Island sur le site de DOC | East by West Ferries
Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.
Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.
Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !
Bon c’est décidé, mon prochain week-end ensoleillé je le passe à Some Island !
Bravo pour tes photos elles sont vraiment chouettes
Merci, et ravie de t’avoir convaincue
Si les animaux néo-zélandais t’intéressent, je te recommande aussi vivement d’aller faire un tour à Zealandia un week-end. Je n’ai pas encore eu le temps d’écrire d’articles dessus, mais c’est vraiment un endroit génial pour voir des tonnes d’oiseaux natifs et très rares en liberté, facilement.