Pelorus Track… demi-tour !

Vous pensiez que la saga de la grande randonnée en Nouvelle-Zélande était finie ? Que nenni ! Au creux des forêts touffues du Mount Richmond Forest Park, les flots vert émeraude de la rivière Pelorus ont fait une fois de plus résonner l’appel du bush dans mon petit cœur de passionnée, et ont ultimement causé notre perte. Retour sur une randonnée qui ne s’est pas passée comme prévu !

La journée commence par près de 2H de route pour aller de Riwaka à Pelorus Bridge, où un pont cossu permet à l’autoroute de franchir le fleuve Pelorus. Malgré l’importance de cet axe routier, qui fait la liaison entre les régions de Marlborough et de Nelson, le pont n’a qu’une seule voie, c’est dire l’importance du trafic… l’emprunter en tant que piéton permet de contempler de belles vues sur la rivière en contrebas.

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Pour rallier le début de notre marche, nous suivons une route secondaire qui bifurque de l’autoroute peu avant le pont en question. Maungatapu Road est une route de terre tranquille qui serpente dans un paysage de collines aux pâturages verdoyants. On ne croise personne d’autre qu’un fermier au volant de sa « ute », qui guide son bétail d’un pré à l’autre.

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La route se termine sur un parking cul-de-sac où nous abandonnons notre van : il est temps de chausser les bottes de randonnée et d’endosser nos sacs ! Les derniers mètres de route cèdent très rapidement leur place à un petit sentier forestier, et nous avons bientôt nos premiers aperçus de la Pelorus à travers les arbres. L’eau est d’un vert émeraude limpide réellement saisissant, et les petites cascades qui s’écoulent parfois de la rive pour contribuer à alimenter le fleuve ajoutent à la magie des lieux.

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Le sentier lui-même est très agréable… ou un peu pénible, tout dépend de votre point de vue ! Personnellement, je me réjouis de traverser un torrent encaissé à l’aide d’un pont suspendu, et de faire attention où je mets les pieds pour négocier les passages à gué sur les ruisselets qui traversent parfois le chemin.

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Au bout d’une heure de marche, nous arrivons à la bien-nommée Emerald Pool, un endroit où le cours de la Pelorus s’élargit et se ralentit pour former un bassin propice à la baignade. Au vu de la température proprement glaciale de l’eau nous choisirons de rester au sec, mais cela nous fait un site parfait pour déjeuner. On en profite aussi pour remplir nos gourdes : comme souvent en Nouvelle-Zélande, nous buvons directement l’eau des rivières, sans lui appliquer le moindre traitement. Un privilège qu’il ne faut pas prendre pour acquis !

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Peu après, le sentier se fait raide. On prend rapidement de la hauteur dans les bois, et les trouées dans les branchages révèlent maintenant un aperçu non seulement de la rivière, mais aussi des Richmond Ranges. Notre plan est de faire une randonnée de 4 jours, qui après nous avoir fait longer la rivière un moment, nous fera partir à l’ascension de ces sommets.

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Nous n’en sommes toutefois pas encore là, et à peine a-t-on terminé la montée qu’il faut redescendre de l’autre côté : une série de zigzags bien secs nous ramène jusqu’à la rivière. Sur ses rives nous attend notre première étape : Captain Creek Hut.

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La hutte ne paie pas de mine de l’extérieur, mais son intérieur est propre, agréable, réconfortant. Nous n’allons toutefois pas y passer la nuit : nous plantons notre tente au creux des hautes herbes, non loin, avec vue sur la rivière.

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Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner, nous reprenons le chemin. Moins de 15 minutes après avoir commencé à marcher, nous rencontrons un problème. Un gros problème : Captain Creek, pas la hutte, mais le torrent lui-même. Ce dernier, fougueux et rugissant, traverse le sentier. Il n’y a pas de pont.

En photo, ça n’a l’air de rien. Mais dans la vraie vie, c’est une autre histoire. Les pierres « émergentes » sont toutes recouvertes d’une bonne pellicule d’eau filant à vive allure, rendant la glissade presque assurée pour qui ira y mettre le pied. Le torrent est d’une largeur inconfortable : juste assez étroit pour qu’on pense pouvoir le franchir d’un bond, mais juste assez large pour qu’on pense également risquer fort de rater son coup.

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La traversée parait risquée, et je soupçonne fortement que le niveau du torrent est anormalement élevé du fait des pluies récentes. En amont, le débit est moins important, mais des berges très escarpées empêcheraient de remonter l’autre rive. En aval, il serait possible de passer via la Pelorus, plus calme mais aussi plus profonde : il faudrait nager. C’est la seule possibilité qui me paraisse acceptable en termes de sécurité, mais nous n’avons rien pour imperméabiliser nos sacs. Avec des duvets mouillés, le risque d’hypothermie une fois la nuit tombée serait lui aussi bien réel.

J’ai beau réfléchir, chercher, regarder, je dois finir par m’avouer vaincue : je ne conçois pas d’un moyen raisonnable de traverser ce torrent. Les cours d’eau sont l’un des plus grands dangers de la randonnée en Nouvelle-Zélande, et un faux pas ici serait dangereux. Nous décidons donc de faire demi-tour.

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Au lieu de continuer notre randonnée comme prévu, nous passons donc un bon moment tranquille à la hutte et sur les rives de la Pelorus, à contempler la couleur de l’eau et faire des concours de ricochets. Je consulte aussi le « hut book » qui m’apprend qu’un groupe de randonneurs a réussi à traverser Captain Creek la veille, mais décrit le torrent comme « à peine franchissable ». Les kiwis n’emploient pas ce type de mots à tort et à travers, et il est rassurant de constater que le problème du torrent est bien réel. Notre décision de prudence parait validée et en fin de matinée on endosse à nouveau nos sacs pour refaire le chemin fait la veille dans l’autre sens.

On ne manque pas de faire une pause à Emerald Pool pour se tremper les petons avant de revenir jusqu’au van et de rentrer à la maison.

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Il ne faut pas le nier, devoir avorter une randonnée est une source de frustration. Pourtant, il s’agissait sans doute là d’un « blessing in disguise » (une bénédiction cachée) comme dirait les anglophones. Deux jours plus tard, des pluies diluviennes s’abattent sur la région causant de graves inondations. Rivières en crue et glissements de terrain occasionnent des dégâts majeurs de Nelson à Golden Bay.

Au lieu d’être dehors, exposées aux éléments en furie, peut-être bloquées ou en danger, nous sommes bien au chaud et à l’abri chez Alex. Ouf !

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A propos

Salut ! Dans la vraie vie, quand je ne me cache pas derrière mon sobriquet de brosse à dents, je m'appelle Stef.

Je viens de la Réunion, j'ai étudié à Montpellier, et je suis partie en Australie pour la première fois en 2006. J'avais 22 ans.

Depuis, on ne m'arrête plus, et je vis actuellement à Auckland, Nouvelle-Zélande. Tu as des questions ou envie de discuter ? Ecris-moi !

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