Chez les mécanos, on se fait entuber jusqu’au trognon. La panne qui a causé un tel boucan et de tels problèmes à notre Blue Boy est ridiculement mineure : un boulon s’était dévissé (sans doute à force de cahots sur les routes en gravier) et frottait contre d’autres pièces, produisant un tintamarre d’enfer et empêchant notre volant de fonctionner correctement. En deux minutes, c’est réparé.
Oui mais… le mécano nous fait remarquer que le bouchon de notre réservoir d’eau est rouillé, et les durites sont usées. Si on ne remplace pas tout ça, on prend le risque que ça finisse par craquer, causer une surchauffe du moteur et nous mettre en rade dans la pampa avec une nouvelle réparation coûteuse sur les bras. Le mécano nous dit que ça ne sera pas très long ni très cher de réparer tout cela, peut-être NZ$50. Il a l’air correct, on lui dit OK.
La réparation prend quasiment toute la journée. Les mécanos travaillent sur plusieurs véhicules en même temps et vont de l’un à l’autre à loisir. Le van reste parfois longuement abandonné avant que l’activité ne reprenne autour de son réservoir. Le mec se prend la tête sur l’installation des durites. Finalement, c’est fait. On passe à la caisse.
NZ$180, vlan, dans les dents.Tout ça pour changer un bouchon et trois tuyaux.
Je balance le fric sur le bureau avec dégoût, on se casse. Brutalement, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : on en a marre d’être prises pour des poires, on se sent complètement désabusées et écoeurées du fric que les mécanos se font allègrement sur le dos des voyageurs (ils savent bien qu’ils ne nous reverront jamais), une grosse vague de ras-le-bol et de frustration nous envahit. Tout d’un coup, on a plus qu’une seule envie : rentrer à la maison.
Deux jours plus tard, on est de retour chez Alex. C’est fini, on ne bouge plus ! Le reste de l’île sud devra attendre un autre voyage




























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