// Bilan d’une troisième année d’Australie

Australie

Bilan d’une troisième année d’Australie

Mais oui, vous ne rêvez pas ! Après plus d’un an de silence radio, ce bon vieux Toothbrush Nomads reprend du service. Alors, quoi de neuf depuis tout ce temps ? Une troisième année en Australie, pardi !

0001_the_dawn_rises Toi, petit village gaulois d’irréductibles lecteurs, tu connais peut-être déjà la Grande Saga Brosse-à-Dents. Mais pour les novices qui arrivent ici à coups de mots clé épiques tels que « wombat lover » ou « dragon en herbe » (authentique !) et prennent l’histoire en route, un petit récapitulatif de la situation s’impose. 2006/2007 : premier WHV Australie. 2007/2008 : quelques mois de tourisme en Nouvelle-Zélande. 2008/2009 : second WHV Australie. Et là, paf ! C’est le drame. Je reviens à la mère patrie sans argent, sans copine et sans joie, et on peut dire que 2009 : c’est la merde.

Heureusement pour moi, mon crâne de ferraille ne comprend pas bien le sens des mots « epic fail » et dédie donc 2009 au travail et à la lente remontée de la pente, celle que tu attaques depuis le fond, un peu comme quand tu prends ta barques et que tu rames tellement comme un forçat que tu commences à attaquer la falaise. 6 mois d’un travail de bureau rasoir dans la grisaille absolue de Paris produisent de jolies pépettes de smicard, et sous le regard plus ou moins perplexe de mon entourage moins fou que moi, je m’empresse d’investir dans de l’utile, du pratique, du logique : je me casse en Australie. Encore.

Lecteur, comment t’exprimer ce que ça fait de revenir en Australie ? Il faut déjà te planter le décor. En Australie, pendant mes 2 ans de WHV, j’ai connu un bonheur souverain et absolu, qui n’a rendu la fin du rêve que plus dure. En un an de France, j’ai eu le temps de m’en poser, des questions. D’abord sous la pression familiale du « il faut retourner au travail ! », « te bouger ! », « reprendre tes études ! ». Parce que voyez-vous, parfois, quand on revient de deux ans de voyage, on n’est pas du tout accueilli par des « ça a dû être super ! », « tu me montres tes photos ? » ou même un philosophique « est-ce que ça a changé ta vie ? ». Non, non. Parfois, on vous intime juste de rentrer dans le rang, comme si les années de voyage n’étaient qu’une monumentale ellipse au cours normal de l’existence, et qu’il s’agit maintenant de l’oublier en la mettant fermement derrière soi.

0600_the_road_is_calling Dans ces conditions, quand toi, ta seule envie c’est de retrouver ta vie, ta vraie vie, c’est-à-dire celle du bush, du camping, des kangourous et des petits oiseaux qui font cui-cui pouet-pouet dans les arbres, ça passe mal. Il y a, comme qui dirait, un décalage. Pendant 1 an, mon seul objectif a été de revenir en Australie. Pourquoi ? Parce que je voulais savoir si cette Australie qui m’obsédait tant, je l’aimais vraiment passionnément, à vie, ou si je ne ressentais tant d’amour que par le jeu d’une nostalgie idéalisatrice. Parce que je voulais savoir si l’Australie, je l’aimerais toujours maintenant que j’allais voyager en solo, sans le doux accompagnement d’une séduisante moitié féminine. Est-ce que j’aimais l’Australie, ou est-ce que j’aimais le couple ?

Est-ce que j’aime l’Australie ?

Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?

Qui suis-je vraiment ?

Quand j’étais encore là-bas, j’avais écrit un texte, Le voyage sans retour. La fin catastrophique de mon voyage m’avait momentanément détournée de, ou du moins retardée sur, cette voie. Mais les propos tenus dans cet article, je n’en ai jamais démordu. Alors, tant pis la grisaille, le quotidien morne et les doutes fondamentaux – il fallait revenir en Australie, ne serait-ce que pour répondre à toutes ces questions aussi insidieuses que persistantes… et importantes.

Quand j’ai posé le pied à Sydney, il faisait gris et lourd. J’ai regagné un de mes vieux repères, la maison de Jacqui où j’avais séjourné 3 ans auparavant. J’ai retiré du cash sur un distributeur Westpac, et j’ai été faire les courses dans un supermarché Coles. Autour de moi, les gens parlaient tous anglais. Après, il a plu. Une averse chaude, puissante et brève qui m’a rappelé l’humeur tropicale du Queensland. Il y avait des perroquets dans le jardin, des Weetabix pour le petit-déjeuner et du jus de cranberries. J’étais de retour en Australie, et mon cerveau avait encore du mal à l’intégrer.

La ré-acclimatation s’est faite lentement. Peu à peu, comme si je me rappelais comment marcher après un petit accident moteur. La vue sur le port de Sydney, éblouissant. Les chauve-souris dans les arbres du jardin botanique. Arpenter toute la longueur de Harbour Bridge au soleil, et d’un seul coup un sourire béat, imbécile et abracadabrant qui t’éclate sur les lèvres : putain, mais oui, que c’est beau ici. Que c’est bon l’Australie.

Et puis, quelques mois plus tard, le temps d’aller photographier un mariage en Nouvelle-Zélande et prendre des leçons de conduite dans la froide campagne du Victoria en hiver, et j’avais une voiture, des affaires, un atlas et l’appel de la route qui résonnait dans mon cœur, de la pointe des orteils aux racines des cheveux. Et je suis partie.

Qu’est-ce que je peux te dire, lecteur ? Le retour en Australie, c’est tout ce que tu t’imagines et davantage encore, c’est un début timide et prudent, comme si tu étais un enfant qui vient de recevoir un nouveau jouet trop beau pour lui et qui a peur qu’on le lui retire des mains à chaque instant. Et puis, par paliers, comme ça, au fil du temps, tu comprends qu’il est à toi, ce jouet, parce que tu l’as mérité et que tu t’es battu comme un fou pour l’avoir. Et là, une explosion de bonheur pur et parfait te secoue de bout en bout, une joie rageuse et violente, un sentiment de fierté, de victoire, une euphorie tout simplement.

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A mon premier feu de camp en solitaire, l’atmosphère était étrange. Une seule chaise au coin du feu, et dans le silence de la nuit pas d’autre son que celui de mes gestes, ni d’autre bruit que celui de mes pas. Aucune conversation autour du feu, pas de mains amicales pour aider à monter le camp et faire la cuisine. Je n’étais pas triste, simplement presque un peu étonnée de me retrouver là, ainsi. « On va voir ». J’ai vu : au lendemain, un second feu de camp, un sentiment de sérénité tranquille à la chaleur des flammes, dans une solitude confortable. Un avion de ligne qui passe loin au-dessus des arbres parmi les étoiles, cette sensation intimiste et douce d’être toute petite là en bas sur terre, d’être seule au monde mais heureuse dans la sécurité tacite de mon berceau d’eucalyptus, avec la compagnie discrète des oiseaux aquatiques rentrant au nid sur les rives du lac voisin. C’est bien, d’être seule dans le bush.

Je n’ai plus jamais douté.

Alors, aujourd’hui, je m’adresse surtout à certains lecteurs. Si toi aussi tu me lis depuis la France après un voyage en Australie, si tu t’ennuies comme un rat mort dans ton bureau et si tu ne sais pas pourquoi tu es encore là, pourquoi tu continues à vivre une vie qui ne t’apporte rien, si tu te demandes qui a raison, toi ou les autres, va brancher ta radio et écoute ces paroles :

Vas-y, chante, monte, grimpe à ton cœur ; sauve-toi, n’aie pas peur !
Ouvre grand mon petit, il est temps d’avaler une énorme bouffée d’air frais.

A bientôt.

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Discussion

24 commentaires sur “Bilan d’une troisième année d’Australie”

  1. Difficile de trouver le compromis entre “métro boulot & dodo” et “gambader dans la cambrouss, diner autour d’un feu de camp & faire de la plonger à longueur de journée”… si ya le “work hard, party hard” mais ce n’est toujours pas ça!

    Ecrit par Van | 4 May 2011, 14:17
  2. Ecrit par Sam | 4 May 2011, 14:58
  3. Tout dépend des choix que l’on veut faire…. Et tout dépend des besoins des personnes aussi !

    Je me contente régulièrement dirons-nous de partir un mois, ça me permet de vraiment couper avec mon quotidien, suffisamment, mais après, pour plein de raisons, et parce que ce n’est pas tout mon souhait, je ne pourrai pas partir au long court.

    Mais le tout, c’est que tu aies retrouvé ton équilibre intérieur et que l’Australie, ça n’était pas qu’un amour au travers d’un autre amour !

    Ecrit par Myaah | 4 May 2011, 15:00
  4. Et voilà j’ai pleuré, tu saoules! Je te déteste! Et je t’aime aussi ^^
    Je remplace l’Australie par sa petite soeur un peu à l’est, et je me retrouve, ou je me retrouverai un jour plutôt.
    Profite!

    Ecrit par Siryanne | 4 May 2011, 16:59
    • Syrianne, ça fait bien longtemps que je ne t’avais pas lue ! Que deviens-tu, alors ? Nouvelle-Zélande, peut-être (ma prochaine destination ;) ) ?

      Ecrit par Toothbrush | 4 May 2011, 17:13
      • Je deviens que je suis coincée en Alsace… EN ALSACE quoi!!! :( ;)
        Sur le point d’avoir ma licence, j’enchaîne sur un Master histoire de, et dans deux ans… je paaaaaaaaaaaars!
        Donc là tu es en Oz hein? Evidemment la NZ ça fait moins grands espaces ;) (enfin y’en a mais moins je veux dire) mais je pense qu’il y a beaucoup à y vivre aussi.

        Ecrit par Siryanne | 4 May 2011, 17:17
        • En fait, non ! J’ai passé 14 mois en Australie avec un visa touriste, mais je suis rentrée à Paris le mois dernier. Retour temporaire en attendant le départ pour un Working Holiday en Nouvelle-Zélande d’ici la fin de l’année… :)

          Bonne chance pour ton Master !

          Ecrit par Toothbrush | 4 May 2011, 17:19
  5. Bonjour Toothbrush,

    Alors, tu ne me connais pas mais moi, ça fait quelques mois que je te connais via ton blog et ta contribution au forum d’australia-australie.
    En effet, je suis en train de préparer mon voyage en WHV en Australie : départ prévu en Septembre 2011.
    Bref, tout ça pour commenter ton article et te dire que le voyage, c’est juste un autre mode de vie mais qu’il est possible de vivre ainsi toute sa vie (ou presque…).
    Pour exemple, mon expérience personnelle et surtout celle de mes parents : on a vécu 15 ans sur un voilier en faisant le tour du monde (durant mon enfance et mon adolescence : j’ai 27 ans, comme toi!). En 1998, arrêt temporaire en Martinique (mes parents n’avaient pas envie de revenir en métropole!) et puis je suis partie de la maison pour suivre mes études et commencer à bosser.
    Au jour d’aujourd’hui, mes parents construisent un deuxième voilier (ils avaient vendu le premier, construit par leurs soins également) et ils repartent en mer cet été : ils ont 57 ans! Quant à moi, ben après 10 ans passés en métropole à faire des études (6 ans quand même!) et à bosser, et ben je pars de mon côté : l’Australie pour commencer (où je suis déjà allée étant enfant pendant 6 mois) et puis après, on verra…
    Je compte rentrer en France mais certainement pas au long cours… Enfin, qui vivre verras…
    Tout ça pour dire que si tu t’en donnes les moyens, tu peux tout à fait vivre “en voyage” à plein temps.
    Bref, je comprends ta démarche et je t’encourage, j’ai envie de te dire : fonce, la vie est courte et il faut se donner les moyens d’être heureux.

    Voilà, j’espère ne pas avoir été trop confuse (l’écriture c’est pas mon truc).
    Si tu veux prendre contact, dis le moi, je te donnerais mes coordonnées.

    Ecrit par Elsa | 4 May 2011, 22:33
    • Merci pour ton témoignage, ça fait plaisir de lire une histoire comme la tienne ! Je crois moi aussi dur comme fer qu’il est possible de voyager au quotidien, toute sa vie ou presque, et c’est ce que je m’évertue de faire depuis bientôt 5 ans maintenant. Au fil de mes errances en Australie, j’ai plusieurs fois rencontré des gens qui avaient fait du voyage leur mode de vie, notamment un couple d’australiens, la cinquantaine galopante, qui avaient vendu leur maison 20 ans auparavant pour acheter un voilier et naviguer, puis un motor home pour partir à la découverte des terres intérieures… ça fait davantage rêver qu’un CDI, non ? ;)

      Ecrit par Toothbrush | 4 May 2011, 22:42
      • Certes, c’est pour ça que mon CDI, je vais le plaquer cet été… Trimer toute l’année pour gagner à peine plus que le SMIC après un bac+5 avec, en plus, un patron très… ya mieux dans la vie!
        Disons qu’après avoir aspiré à une vie “normale” après ma vie de bohème avec mes parents, j’ai envie de repartir avec la “crainte” de ne plus vouloir rentrer… C’est un risque à prendre! lol.
        Et je te remercie (ce que j’avais oublié de faire dans mon précédent message) pour ton super méga génial blog qui m’aide beaucoup à préparer mon départ.

        Ecrit par Elsa | 4 May 2011, 22:50
        • C’est excellent, un chemin comme le tien :)
          Juste une question : comment faisaient tes parents pour leur boulot ? Est-ce qu’il en avaient un pendant votre tour du monde ou est-ce qu’ils l’avaient laissé tomber après avoir économisé… ? Désolée si ça peut paraître indiscret, je me demande juste, car j’ai bien envie de passer ma vie à voyager aussi ! Tout en me demandant comment faire rentrer de l’argent quand il y en aura besoin…

          Ecrit par Wombat | 5 May 2011, 18:30
        • Salut Wombat,

          Alors, pour répondre à ta question, il y un truc génial pour les Français : les DOM-TOM. Quand tu as la nationalité française, tu peux y travailler en toute légalité et donc remplir le compte en banque pour les prochaines années de voyage. Nous nous sommes arrêtés 1 an en Martnique, 1 an à Tahiti et 2 ans et demi en Nouvelle Calédonie pour renflouer le compte en banque. Comme mon papa est “ouvrier – menuisier – homme à tout faire”, c’est plutôt facile de trouver du boulot et en faisant pas mal d’heures, l’argent arrive vite…surtout si tu es à ton compte (statut d’artisan).
          Et puis, avant de partir de métropole au tout début, ils avaient pas mal économisé + un peu d’aide de la famille.

          Voilà, tu sais tout.

          Ecrit par Elsa | 5 May 2011, 21:53
        • Je pense que ton histoire est encore plus intéressante en précisant le métier de tes parents, cela démontre bel et bien à tout le monde qu’il n’y a pas besoin d’être né millionaire ou d’être PDG d’une multinationale tentaculaire pour vivre une vie de rêve. Comptes-tu tenir un blog de tes voyages ?

          Ecrit par Toothbrush | 6 May 2011, 09:26
        • Bonjour,

          Je ne penses pas tenir de blog pour mon voyage en Australie : je n’en ai pas envie et comme je ne prends pas mon ordinateur, ça va pas le faire!

          Ecrit par Elsa | 6 May 2011, 17:47
  6. Bel article
    Merci

    Ecrit par Quentin | 8 May 2011, 18:35
  7. Welcome back ! :)

    Ecrit par Stephanie_flyaway | 15 May 2011, 21:46
  8. Good to read ya again mate

    Ecrit par Exploz | 16 May 2011, 15:38
  9. Bel écrit, exemplaire. Porte-toi bien !

    Ecrit par meduz' | 17 May 2011, 00:17
  10. Juste génial… Merci pour ce partage… Et ça fait du bien de te voir de retour!

    Ecrit par Claire | 18 May 2011, 08:55
  11. Ca faisait longtemps que de te lire ne m’avait pas autant ému.
    Alors pour éviter de tomber dans un pathos gratuit (mais pas forcément désagréable) je dirais simplement que cet article m’évoque une image très claire :
    Un Bob devant l’aéroport de charles-de-gaules … “I HAAAVE TO GO BAACK !!” ^___^

    Ecrit par Etienne | 1 June 2011, 17:22
  12. Bonjour Toothbrush Nomads,

    59 ans,et me voilà à lire votre blog hyper intéressant et ce depuis le début,c’est pour moi un vrai bonheur de vous suivre dans vos aventures australiennes,continuez de les vivres le plus longtemps possible,pour nous faire rêver encore longtemps.

    A bientôt

    Lucie

    Ecrit par Lucie de Lyon | 11 August 2011, 20:04
  13. Je me retrouve dans beaucoup de ce que tu dis, et ça fait du bien de lire tout ça. Pour ma part, rentrée depuis presque un mois, rupture avec ce pays ainsi qu’avec mon compagnon dans la foulée, ça fait beaucoup à encaisser. Les souvenirs des moments passés là-bas restent magnifiques mais très douloureux.
    Merci de faire partager ton expérience en tout cas, ça fait un moment que j’ai déniché ton blog, il m’a été utile là-bas et encore à présent en lisant ça.

    Ecrit par Aurore | 24 September 2011, 09:13
    • Je t’en prie, et je te souhaite bon courage pour remonter la pente. Ca parait mission impossible au début, mais finalement le bonheur ça se retrouve ! ;)

      Ecrit par Toothbrush | 24 September 2011, 09:20
  14. Bonjour,
    depuis le temps que je suis ce blog, après avoir lu ce bel article, j’me suis dit qu’il fallait quand même que j’écrive un petit truc. Ca me fait toujours halluciner comment la plupart des gens pensent qu’ici ce n’est pas la “vraie vie”, que ce n’est qu’une parenthèse en attendant de rentrer en France et de démarrer une “carrière” (ahah “carrière”).
    Lors de la dernière soirée que j’ai passé avec mes parents avant de partir pour Paris puis l’Australie, je leur ai fait lire ton billet “Le voyage sans retour” qui m’avait beaucoup inspiré (bon j’avoue, c’était un peu brutal pour ma mère, je sais pas comment elle l’a digéré… ahah), histoire de leur montrer que ce projet, ce n’était pas juste un an comme ça, pour voir, pour savoir ce que j’avais envie de faire quand je rentrerais, mais une nouvelle vie que je démarrais… Je n’avais pas de billet retour et quand on me demande quand est-ce que je rentre “à la maison”, ben je réponds que j’y suis déjà, la maison, c’est ici, là-bas, un peu partout. Au fil de l’inspiration.
    Bonne continuation pour ton voyage, c’est toujours un plaisir de te lire. :-)

    Ecrit par CC | 11 October 2011, 03:01

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