La nuit touche à sa fin, les dormeurs se réveillent peu à peu. La lumière froide et artificielle de l’aéroport ne change pas. Les annonces des haut-parleurs continuent à rythmer nos heures avec indifférence. Nous sommes une dizaine, des voyageurs échoués, des hommes et des femmes de tous horizons dont le seul dénominateur commun est de se retrouver brièvement ici, coincé dans les limbes du transit. Alors, vaille que vaille, on se trouve un coin de banquette, on cale un sac sous nos têtes et on ferme les yeux pour voler une poignée précieuse de sommeil. Nous sommes à l’aéroport de Kuala Lumpur. Je viens de quitter l’Australie.
Et voilà, il est là ce moment, le moment qu’on redoute tous, le moment où il faut dire « au revoir » à un pays qu’on ne voudrait plus jamais quitter. On a beau le savoir, on se fait toujours l’illusion que ça n’arrive qu’aux autres, un peu comme on se ment sur notre propre mortalité au quotidien. Mais le moment vient.
Quand je suis arrivée en Australie, il y a plus de deux ans déjà, j’avais tout. Une femme à mes côtés, un cœur naïf, les yeux grand ouverts, la perspective excitante et nouvelle d’une vie de voyage. L’Australie m’a donné plus encore : les ciels étoilés entre les branches d’eucalyptus, les rivages de sable blanc, les forêts ancestrales et mystiques, le chant rieur du kookaburra au petit matin, le vacarme des cacatoès aux cîmes des arbres, l’étendue aride et rouge de l’outback, le regard pétillant d’un bébé wombat entre mes bras. Des détails dont la liste est longue et qui, enfilés un à un au petit chaînon de mon existence m’ont donné l’amour du bush, l’amour d’un pays, de la vie, du camping, du voyage, de la nature, des animaux et parfois même des hommes.
Pendant deux ans et demi, j’ai bu jusqu’à plus soif à la manne du bonheur. Je m’en suis rendue ivre, je m’en suis rendue saoûle, jusqu’à me sentir millionaire et toute puissante. Il n’y avait pas une personne sur cette Terre dont je pouvais envier la vie.
Deux ans et demi plus tard, c’est va-nu-pieds que je repars. La femme m’a quittée, l’Australie s’éloigne, ma fortune se compte en pièces d’un dollar, mes rêves prennent l’eau et mes projets d’avenir vacillent.
Faut-il tout perdre pour vivre pleinement ? La fin du rêve est amère. Mais le sommeil d’une vie, lui, continue. Et si je ferme les yeux, peut-être que je pourrai rêver encore un peu. Rêver d’elle, de moi, de nous ; rêver d’une terre australe et rouge et sauvage, rêver des rêves si grands que je n’y suis qu’une lilliputienne égarée, un petit grain de poussière qui cherche sa place dans l’univers.
Une partie de moi meurt ici. Une partie de moi reste là-bas. Entre les deux, je me cherche.
Et quand je me serai retrouvée, vous pourrez compter sur moi.
Comptez sur moi pour poursuivre le voyage sans retour.
Galerie photo : Vol Melbourne-Réunion




























merci pour le rêve, les infos, les astuces, la joie, les magnifiques photo que vous nous faite partager.
Depuis les quelques mois que je vous suis ce fut une grande mine d info.
bonne route merci encore
J’ai aimé la franchise de vos propos, votre vie est pleine d’agréables et pas très agréable, mais cela signifie que vous vivez.
Ça m’fait de la lecture pour quand je pourrai également regarder en avant.
Bonne chance.
Je compte sur toi
Quand est il de vos projets futurs? île de la réunion, canada??
Très bel article Stef. Ca va aller, c’est juste le creu.
Koi, ke lis je ?? vous etes séparé ???
bon, g pas lu tout les articles de votre site car yen a un paké, et g un peu du mal a m’y retrouvé ds la cronologie de votre périple…
Mais euh ke s’est il passé ?? vous vous etes séparé la bas , enfin , cela ne me regarde pas je sais,mais bon ,comme on partage votre vie depuis deux ans environ ( durée depuis lakelle vous ou tu ecris je supose… ) euh ca me fé un petit pincement au coeur…
SNIF, je reste perplexe… Vous ki étiez un modele pour moi…
Je te souhaite encore plein de voyage et de bonheur qd meme…
Tu va a la réunion alors biento ???
Biz, j’atend de te lire…
( hihihi désolé pour l’ecriture sms ke tu naime pas trop… génération texto et internet, ke ve tu… ;-) )
Prend soin de toi, et continu dalimenté ce site, J’adooore !!!
Il me fé voyager… Je my vois deja… Ta pensé a écrire un boukin ???
^^ enjoy
Je suis à la Réunion depuis un mois, voir le dernier article paru (“Mon île, ma case et moi”) pour quelques photos et premières impressions de ce retour au péi.
Quant à la séparation, malheureusement, ces choses arrivent à tout le monde, tous les jours. Les détails relèvent de la vie privée et n’ont pas leur place sur ce blog. J’aime la transparence, mais toute chose à ses limites.
Je t’encourage quand même à faire un petit effort sur l’écriture SMS dans ces parages, ça montre du respect pour la langue française ainsi que pour tes interlocuteurs ! Je suis sûre que tu n’es pas si affamée que tu as besoin de manger des lettres
Oui, oui, bien sur, je ne te demandais pas de détails, je pensais a voix haute c’est tout… J’étais juste pas sure de bien avoir compris…
Bref, tu es dur avec moi et mon ecriture, la langue francaise crois moi je la respecte et mes interlocuteurs encore plus !!! cela n’a aucun rapport, c’est juste une question d’habitude de clavier, avec un stylo et devant une feuille, je suis très consensuel, et j’ecris dans le respect de notre langue comme tu dis(autant qu’il m’en est possible…) alors, tanpis si cela te gène, j’écrirais plus sur ton site, si cela l’offusque tant que cela… :-/
L’essentiel pour moi dans ce genre de conversation ou de commentaire est le contenu, le fond, du moment que mes idées sont comprises, j’en demande pas plus…
Pi je dois certainement faire plus de vrai fautes en écrivant ainsi…
Bref, bon vent à la réunion… paré ke c très bo aussi la bas… ^^
C’est tellement plus agréable de te lire quand tu écris comme ça, j’te jure. Je préfère de très loin voir des fautes accidentelles qu’une charcuterie délibérée !!
Je viens de terminer la lecture de chacun des articles de ce magnifique blog… Des jours et des heures à tuer l’ennui du train-train quotidien, parisien de surcroît… Dans six mois, je serai en Australie réellement, je t’avoue que j’y suis déjà!
Un grand merci pour ces récits très bien écrits et qui donnent envie.
Voilà un petit peu moins d’un mois que le retour tant redouté a eu lieu, j’espère que les habitudes ne sont pas trop difficiles à reprendre, que la vie “hors voyage” n’est pas trop dure à retrouver, avec son lot de tristesse. Je n’y suis pas encore, mais j’appréhende ce moment.
Bonne continuation et surtout bon courage…
C’est un moment redouté et redoutable, il n’y a pas à en douter. Après, c’est également un cap différent pour chacun. Emilie, par exemple, semble facilement se ré-adapter à la vie française, et être heureuse d’être rentrée. Pour moi, c’est un peu plus compliqué que ça…
Un pote m’a dit de m’accrocher au cocotier, c’est son conseil lambda en cas de coup dur. Ca tombe bien, les cocotiers ne manquent pas à la Réunion. Au-delà de ça et plus sérieusement, il faut s’accrocher à la pensée que la fin d’un voyage n’est pas la fin du voyage… Toothbrush Nomads se poursuit, à la Réunion d’abord, mais dans le monde ensuite. De nouvelles destinations, oui. Et aussi, un retour à l’Australie : inévitable.
Savoure chaque instant de ton voyage. Je donnerai souvent cher pour tourner les pages dans l’autre sens et revenir à ce premier jour neuf et exaltant où j’ai posé le pied dans l’avion pour Brisbane…
Bien sûr que le retour à la vie française est appréhendé différemment selon les personnes, mais aussi selon les endroits d’où l’on revient. Je comprends que tu le vives difficilement, après la tranquillité, le calme, l’immensité que tu as vécus. Il est dur de retrouver cela à présent, surtout à la Réunion où les touristes ne vont pas tarder à affluer… Continue à t’accrocher à ton cocotier, la Réunion c’est pas dégueu quand même. Même si l’immensité et le calme ne sont pas là… C’est un petit moment de creux, effectivement, après tout ira mieux lorsque tu remettras le pied dans l’avion pour aller tu ne sais où! Peut-être un futur coup de foudre encore.
Je compte bien savourer chaque instant de mon voyage, ça oui, je t’avoue que je savoure déjà l’attente, l’impatience, même si c’est dur, je me dis “profite, lorsque tu y seras le temps passera tellement vite”… Allez allez garde le sourire, tu la retrouveras l’Australie, le Peter, le Kingbili et tout le reste! Je compatis…
La vie réserve parfois de drôles de surprises. Pourquoi tout briser quand on se sentait si bien. Serait-ce une constante universelle, un passage obligé pour se rendre compte de ce qu’est le bonheur. Doit-on vivre l’inverse pour se rendre enfin compte de la chance que nous avions. Ce n’est pas juste, mais ça permet de prendre conscience beaucoup de choses, sur la vie, sur soi. Tous ces moments magiques, auxquels on ne prêtait plus réellement attention, sont aujourd’hui qu’illusions, seuls les rêves permettent de les revivre.
Regarde devant toi
… la vie te réserve encore plein de belles surprises ! Ne ferme pas les yeux, il est temps de rebondir (je sais c’est facile à dire).